jeudi 30 juillet 2026

L'étoffe des rêves en juillet 2026 à la Halle Saint Pierre


L'exposition < L'étoffe des rêves > propose une relecture de la notion d'art textile à travers des œuvres d'artistes issus de l'art brut, de l'art singulier et du surréalisme. Elle réunit des créations textiles audacieuses et poétiques, souvent réalisées à partir de matériaux modestes et recyclés
En convoquant un matériau peu usité par les artistes bruts et surréalistes, nous découvrons la relation particulière que ce medium entretient avec la création lorsqu'il devient un espace d'exploration et d'expérimentation. Les usages vestimentaires. décoratifs, créatifs y sont réinventés au service d'un véritable vocabulaire de l'imagination.
Historiquement rattaché aux arts mobiliers ou aux pratiques domestiques, le textile s'est affirmé comme un objet de réappropriation artistique et d'incarnation culturelle et communautaire. Il questionne ainsi l'assignation de genre, les frontières entre l'art et l'artisanat, le statut de l'artefact textile face à l'ornement, au texte ou à l'architecture, au point de devenir un support de prédilection à l'évasion poétique.

Micheline Jacques Solitude Tissu de nylon sur mousse Collection Itinéraires Singuliers
MICHELINE JACQUES 1933, Belgique
Micheline Jacques est née en à Gand en Belgique. Elle étudie la peinture et le dessin a TAcadémie des Beaux-Arts de Gand et poursuit des études supérieures en stylisme à Técole d'Art de La Cambre à Bruxelles. A partir de 1972, elle travaille le matériau textile de façon inédite : elle utilise le tissu de nylon qu'elle teint, découpe, coud, superpose et assemble. Ses premières créations sont de grands panneaux abstraits, les Bas-reliefs dans lesquels le tissu est fixé sur canevas. A partir de 1978, toujours avec le même matériau, elle se consacre à la figure humaine. Ce seront d'abord de grands personnages muraux (H. 2m40), les Sept Dormants, Couples. Puis viendront des sculptures en trois dimensions (h.1m), statues isolées ou en groupe, Solitudes, 7 Veilleurs dans lesquelles le tissu de nylon est drapé et fixé sur une ossature de mousse, Ce travail culmine en 1990 avec Pinstallation d'un ensemble de 104 personnages de taille humaine, rassemblés par Tartiste sous le titre Dans lattente. En 1992 elle reprend un travail graphique de lavis et dessins à lencre de Chine. Depuis 1994, l'artiste vit et travaille en Bourgogne.
détail

Christine SEFOLOSHA
Bâteau monde, 2019 Monotype
Collection de l'artis
CHRISTINE SEFOLOSHA
1955, Montreux, Suisse
Christine Sefolosha passe son enfance à La Tour-de-Peilz. À l'age de seize ans, elle déménage à Neuchâtel, où elle suivra ses études au lycée. En 1975, elle part en Afrique du Sud avec son fils et son mari, un médecin vétérinaire sud-africain. Ce séjour lui permet de découvrir de près la réalité de l'apartheid, qui marquera son expérience. Malgré ce contexte politique et social, elle fréquente régulièrement les bistrots des bidonvilles de Johannesburg, et tisse des liens avec les habitants. Parmi ces rencontres figure notamment celle avec le musicien Patrick Sefolosha, qui deviendra son deuxième mari en 1982. En 1983, Christine Sefolosha rentre en Suisse. Son art est fortement influencé par son experience africaine. Depuis les années 1980, elle développe une ouvre singulière qui relève autant de Iexpérience visionnaire que du travail de l'inconscient. Ses peintures, dessins et monotypes ou le goudron font émerger un bestiaire intérieur, souvent réalisés aved des matériaux bruts comme l'encre, la suie théâtre d'apparitions où se un croisent figures humaines, hybrides et animales. Loin d'un art maîtrisé ou démonstratif, son geste se laisse guider par l'imprévu. Car pour Sefolosha, l'art véritable nait moins de la technique que du désequilibre fertile entre chaos et controle. La véritable inspiration naît souvent du doute et de la confusion écrit-elle, comparant l'artiste aux anciens oracles, inspirant les fumées souterraines pour en tirer des révélations énigmatiques. Dans cette quète entre visible et invisible, réel et mythe, Sefolosha se tient sur une ligne de crete, à la frontière du rituel, du rêve et du geste primitif, Son ouvre monde, mais à en laisser surgir ne cherche pas à illustrer le les ďombre, nos souvenirs enfouis, nos instincts premiers puissances secrètes celles qui habitent nos zones.

Christine SEFOLOSHA


Christine SEFOLOSHA


Juliette IMBERT 
Trans anima, 2025

Juliette IMBERT 
Kali Lingua, 2023

Juliette IMBERT 
Les écorchées vivent, 2025

Juliette IMBERT 
Power.EX.change, 2023

Marie Thérèse CHEVALIER
Les Dessous de Mona, 1985


Sans titre
Marie Thérèse CHEVALIER
1939, Civray - 2009, Bourges
Née en 1939 près de Bourges, Marie-Thérèse Chevalier rejoint le Nord de la France dans les années 70, où elle entre avec son mari à l'Atelier de la Monnaie à Armentières. Elle crée alors de grandes tapisseries et dessins aux motifs géométriques complexes, parfois évoquant l'univers visuel d'Escher. Dans les années 1980, elle amorce un virage artistique en concevant des œuvres érotiques textiles qu'elle enferme dans des boites de plexiglas. Rarement la féminité n'a été affirmée de manière si crue, et pourtant le travail patient des aiguilles comme les parois lisses des boites mettent à distance la charge sauvage de ces créations hors-normes. Elle crée également des dessins plus sobres, mêlant tissus et corps enlacés crayonnés en rouge et bleu.

Marie Thérèse CHEVALIER
Sans titre

Marie Thérèse CHEVALIER
Sans titre

Marie Thérèse CHEVALIER
Sans titre

Marie Thérèse CHEVALIER
Sans titre

Marie Thérèse CHEVALIER
Sans titre

Marie Thérèse CHEVALIER
Sans titre

Marie Thérèse CHEVALIER
Sans titre

Marie Thérèse CHEVALIER
Sans titre

Jorge VARELA
1971, Allariz, Espagne
 de gauche à droite
Big boy red, 2004
Big boy yellow, 2004
Big boy orange, 2004
Tissu et plâtre
Collection Centre de Arte Oliva
Jorge Varela est un artiste visuel, docteur et licencié en Histoire de l'Université de Vigo, et titulaire d'un master en Art et critique contemporaine de l'Université de Saint-Jacques-de-Compostelle. De 2009 à 2010, il a été chercheur invité à la Faculté des sciences sociales de l'Université de Buenos Aires. Il travaille actuellement sur les sculptures anatomiques dans les facultés de médecine, poursuivant ses explorations sur l'histoire des formes et du savoir.

Brankica ŽILOVIĆ 
Mundus Subterraneus, Family, 2026
Laine tuftée
Galerie ONIRIS
Brankica Žilović est née en 1974 dans l'actuelle Serbie. Contrainte de quitter la Yougoslavie lorsqu'éclate la guerre (1990-2001), elle intègre l'atelier de Vladimir Veličković à l'École des Beaux-Arts de Paris, qui sert de refuge à toute une génération d'artistes. Elle coud, tisse et brode, crée des installations, compositions, cartes et dessins. Son œuvre explore les narratifs et les représentations qui sont à l'origine des conflits. Le textile autant que le texte partagent une racine étymologique commune qui désigne l'action de tisser et relier les fragments entre eux. L'artiste intervient pour opérer une nouvelle peau à l'humanité par le dessin renouvelé des frontières nationales.

Brankica ŽILOVIĆ 
Mundus Subterraneus IV, 2024
Laine tuftée

Brankica ŽILOVIĆ 
Non identifie

Brankica ŽILOVIĆ 
Non identifie

Jacques TROVIC
1948-2018, France
Le Bassin Houiller, 1967
Broderie
Collection La Fabuloserie
Né en 1948 à Anzin, dans la banlieue minière de Valenciennes dans le nord de la France, Jacques Trovic souffre d'une grave maladie qui l'empêche de suivre une quelconque scolarité. Il passe donc toute son enfance et sa jeunesse entre sa mère et sœur, qui pratiquent les travaux d'aiguille dans la maison familiale. C'est ainsi qu'il apprend à broder et à coudre, se passionnant rapidement pour cet art si particulier qu'il ne cessera de pratiquer. Le travail de Trovic se situe à mi-chemin entre la broderie et le patchwork. Il commence toujours ses travaux avec un morceau de toile de jute, sur lequel il fait naître ses personnages joyeux et colorés, à l'aide de pièces de tissus divers et variés (soie, coton, feutrine, dentelle, satin, laine...). Il ajoute breloques, paillettes, tout ornement lui permettant d'embellir l'ensemble. Il travaille dans la petite cuisine de son appartement qu'il partage avec sa sœur. Cette pièce est un capharnaüm où s'accumulent les différents matériaux qu'il se procure au marché. Il aime représenter des scènes joyeuses de son quotidien, les fêtes folkloriques, ou encore honorer les professions humbles comme celle des ouvriers de la mine. Il souhaite communiquer dans ses œuvres la joie qu'il voit dans le monde. C'est ainsi qu'il s'est créé un monde lumineux, plein de douceur et de gaieté. Jacques Trovic est décédé en 2018, à Anzin.

Lili SIMON
Liaisons dangereuses, 2026
Courtesy of Galerie Pol Lemétais
LILI SIMON
Née en 1980 en Alsace, Lili Simon suit des études aux Beaux-Arts, où elle développe un intérêt marqué pour le dessin, l'illustration et le graphisme. Elle poursuit parallèlement une pratique artistique personnelle marquée par le détournement d'images. C'est là que naît son approche à la fois acerbe, humoristique et emplie de poésie. Séduite par l'iconographie du début du 20ème siècle, elle collecte assez frénétiquement des images tirées de revues, encyclopédies, vieilles affiches, pour les métamorphoser en gravures contemporaines, transformant les grandes tragédies en situations loufoques, drôles ou absurdes. Enfant, elle découvre le canevas, sans y trouver d'intérêt. C'est bien plus tard, au fil de ses déambulations sur les vide-greniers et autres brocantes, qu'elle commence à accumuler ces objets populaires et souvent délaissés. Elle chine ainsi une collection de canevas révélant des scènes du quotidien, des scènes de chasse, des natures mortes. Ce n'est que pendant le confinement, qu'elle redécouvre la pratique du canevas. Alors que l'histoire de l'Art est intimement liée à l'exposition du corps des femmes, à sa représentation depuis des siècles; alors qu'un spectateur sur deux est une spectatrice... Lili Simon se pose une question à quoi pense vraiment une femme lorsqu'elle brode des heures, des jours, des semaines...une scène de chasse ou un paysage? Comme un pied de nez à l'histoire de l'art et comme un clin d'œil malicieux à ces générations de femmes, å fortiori à la campagne, qui ont passé leur temps libre à broder; elle imagine sa série « Les mecs en slip », en détournant des canevas existants en y intégrant des corps masculins tirés d'images publicitaires. Ce travail est présenté pour la première fois par la Galerie Pol Lemétais en 2024.

Rita ARIMONT
1967, Malmedy, Belgique
Sans Titres, 2018
Suspension textile, épaulettes et divers matériaux
La S Grand Atelier
Rita Arimont est une artiste plasticienne née à Malmedy au sein d'une famille germanophone. Elle a commencé à fréquenter les ateliers de La "S" dès 2001 en s'essayant d'abord, et de manière assez peu convaincante, à la pratique picturale. Après une brève période de tâtonnements graphiques, elle a finalement trouvé son propre langage artistique lorsque lui est un jour apparue l'envie d'entreprendre la construction de sculptures hétéroclites composées à partir de divers matériaux de récupération tels que le textile, le plastique ou encore le carton. Plus tard, sa rencontre fortuite mais déterminante avec les épaulettes pour veste objets quelque peu insolites, faits d'une mousse particulièrement malléable et qui semblent ouvrir à d'infinies possibilités - a amené ses curieux assemblages à arborer un aspect beaucoup plus aérien, se prêtant particulièrement bien à un accrochage en suspension. Avec un enthousiasme immodéré, elle s'est mise à (sur)exploiter ce nouveau matériau qui est rapidement devenu l'élément central de sa création étonnamment céleste. Rita Arimont a toutefois mis fin à sa participation aux ateliers en 2020, à la suite de problèmes de santé.

Nicole Bayle
Le Tricot, 1995 Tricot
Collection de l'artiste
Nicole Bayle est née en 1948 France, dans le 18ème arrondissement de Paris, Sans l'obtention d'un baccalauréat, elle entame des études artistiques et obtient en 1968 un diplôme d'arts appliqués. Elle commence à enseigner le dessin dans différentes écoles, tout en poursuivant en parallèle sa formation avec des cours du soir au sein de plusieurs facultés à Paris et Dijon. À l'âge de trente ans, elle est nommée titulaire d'un poste de professeure d'arts plastiques dans une petite commune de Normandie, près de Dieppe, où elle déménage la même année et habite depuis avec sa sœur. Elle n'a jamais voyagé à l'étranger ou pris l'avion. Elle vit sans carte bancaire, téléphone portable, internet, ni aucune technologie moderne. La télévision et ses correspondances d'art postal sont aujourd'hui parmi ses seuls liens avec le monde extérieur. Elle peint, ornemente et réalise des collages pour ses envois à partir parfois de matériel récupéré, comme des photographies et des illustrations issues de journaux. Aujourd'hui, Nicole Bayle poursuit sa création et s'investit dans de nombreuses autres pratiques artistiques tricot, peinture, dessin, collage, sculpture sur bois flotté ou sur des os.
Elle expose ainsi sa méthode : "Je travaille spontanément, sans croquis, sans canevas, une forme s'amorce, je révèle en fait dans le tricot ce qu'il y a dans mon cerveau. Depuis 1995, je tricote 3H30 tous les soirs. Il me faut une heure pour faire un rang de 648 mailles. Je ne réalise donc que 4 à 5 rangs par soir, soit environ 1 cm. Pour les spécialistes, mon tricot est réalisé en fil de coton Petra n°5 et avec des aiguilles rondes n°2 %. Mon ler tricot mesure 35 mètres de long et est exposé depuis 2011 au musée de l'Art Brut à Lausanne. Mon second tricot mesure plus de 20 mètres, et j'ai grand plaisir à le montrer ici pour la 1ère fois dans sa forme actuelle.
Je suis parisienne, du XVeme arrondissement, mais ça fait bien longtemps que j'ai quitté la capitale, raconte-t-elle, la proximité de la mer, c'est vivifiant, et à la fois ça me calme, j'en ai besoin. Le matin, je fais de l'art postal, l'après-midi de la peinture, détaille-t-elle, et le soir du tricot. Toute ma vie, j'ai tricote, je ne fais plus de symétrie aujourd'hui, j'intègre des motifs nouveaux, des couleurs, je révèle dans le tricot ce qui est dans mon cerveau. J'ai fait les arts appliqués, les arts décos, la fac, de l'histoire de l'art, alors forcement (j'ai emmagasiné à peu près tout, en techniques, styles, approches...)".

Philippe PONS
Sedona Arizona, 2019 
Frottage In situ
Collection de l'artiste
Né en 1962 à Sarlat
"Frotteur et photographe: comme il aime à se présenter, Philippe Pons tient du circumnavigateur, l'œil toujours en appétit d'un monde qu'il révèle par l'image. Originaire de Sarlat où il réside, la fréquentation des grottes ornées marque très tôt une fascination pour les inscriptions gravées. Sans jamais apporter de réponse explicite, son œuvre s'apparente à celle de rebus, assemblant ou collectant dans les cultures du monde les fragments d'une archéologie des formes primordiales de l'art. Étudiant à l'École des beaux-arts de Toulouse puis à la Sorbonne, Philippe Pons y découvre l'œuvre de Max Ernst, inventeur des principales techniques picturales du surréalisme. Après ses études, l'artiste entreprend son premier tour de l'Europe. Dorénavant, sa pratique artistique lui est indissociable du voyage. A travers cette vie de globe-trotteur, souvent conçue en immersion culturelle, Philippe Pons entreprend une œuvre double. D'une part, l'artiste conçoit le besoin de documenter le réel et les grands évènements de l'histoire contemporaine. Son œuvre de photoreporter met en avant la chute des régimes soviétiques en République tchèque, en République Fédérale Allemande ou en Pologne. D'autre part, son œuvre de frotteur et de collagiste met en scène les fragments épars d'une origine de la pensée symbolique. A l'instar des pétroglyphes présents sur les parois de sa région natale, Philippe Pons collecte à l'aide de rouleau de papier ou de grandes pièces de textiles les gravures présentes à la surface des arbres ou des architectures. Près de 2000 frottages sur papier, appelés spécimens, composent une iconothèque mondiale de la pensée gravée. Cette œuvre-monde fait songer par sa dimension internationaliste et son esprit méthodique aux archives de la planète d'Albert Kahn

Hervé BONHERT
Installation
Détail
Galerie Ritsch-Fisch
Né en 1967, Hervé Bohnert vit et travaille à Strasbourg. Artiste autodidacte, boulanger-pâtissier de métier, Hervé Bohnert, infatigable explorateur du monde de l'au-delà, ne cesse d'interroger à travers son travail l'ensemble des oppositions et dialogues entre vie et trépas. La mort est chez lui un concept ouvert basé sur l'instinct, traité en tant que probable spécificité positive de la vie. C'est dans les années 90 qu'il entreprend une suite logique de séries d'œuvres, détournements d'objets usuels successivement abandonnés par leur longue liste de propriétaires de circonstance. Il s'agit de les faire revivre en les projetant dans une nouvelle dimension, et de défier l'oubli. Squelettes entiers, crânes de toutes sortes, ex-voto, portraits photographiques, bustes, pommeau de rampe d'escalier (...): tout est propice à réinterprétation; toutes les matières sont pour lui nobles et bavardes (tissus de récupération, dentelles anciennes, cire, bois, marbre, photographies) car elles renferment à leur manière toujours particulière un jeu, un souffle nouveau » souligne-t-il. L'artiste affronte la fragilité de la vie, questionne l'absurdité de notre passage sur Terre, et la cruauté de sa temporalité. Sacraliser et/ou désacraliser la mort révèle aussi de son idéalisation. Peut-on se souvenir d'elle ? Peut-on l'oublier?

Hervé BONHERT
Installation
Détail
Hervé BONHERT
Installation
Détail
Hervé BONHERT
Installation
Détail
Hervé BONHERT
Installation
Vue d'ensemble

Ficht TANNER
Sans titre, entre 2012 et 2020
Collection de l'artiste
Musicien, poète, dessinateur et brodeur Suisse, Ficht Tanner est né dans le village de Trogen, dans la région pastorale de l'Appenzell. Il passe sa jeunesse dans la vallée du Rhin, dans le village de Balgach où l'industrie textile est alors très forte. Obtenant son diplôme de compositeur-typographe en avril 1972, il rejoint alors immédiatement Berne, la capitale helvétique. Il s'installe avec sa femme artiste Esther Tanner (Marcoux) dans le village voisin de Kirchlindach, et devient l'assistant durant six années du peintre bernois Rudolf Mumprecht, tout en commençant à jouer en autodidacte de la contrebasse. C'est là qu'il commence sa pratique artistique de dessinateur et de brodeur, également en autodidacte, mais aussi qu'il rencontre l'artiste textile Therese Hächler, sa future compagne de vie, et qu'il fonde enfin en 1981, avec son ami musicien Töbi Tobler, son groupe de musique d'improvisation folk, free jazz et rock << sans coutures > Appenzeller Space Schöttl. En 1983, il parvient à réunir sa communauté sentimentale et artistique sous un même toit, dans la moitié d'un double palais du XVIIIe siècle dans son village natal de Trogen: un lieu que Therese et lui-même ont transformé en un remarquable théâtre de vie, de rencontres et de création qui perdure grâce à eux depuis plus de quarante ans. En 2012, le musée d'art brut de Saint-Gall (Open art museum) a consacré une rétrospective à l'artiste brodeur. « Je m'assois depuis des années chaque jour devant ma machine à broder, sans dessin préparatoire ou intention intellectuelle, en suivant simplement l'impulsion des formes qui naissent spontanément par le mouvement de l'aiguille, et que mes yeux découvrent ensuite avec étonnement. J'aime écouter la musique, les sons et la langue comme des formes musicales colorées ».

Ficht TANNER
Sans titre, entre 2012 et 2020

Ficht TANNER
Sans titre, entre 2012 et 2020

Ficht TANNER
Sans titre, entre 2012 et 2020

Pascal TASSINI
Sans titres, 2010, 2012 Assemblage textile noué
Collection Centre de Arte Oliva Galerie Christian Berst
Issu d'une famille de trois enfants, Pascal Tassini a vécu avec ses parents jusqu'à leur mort. Son frère cadet le prend ensuite en charge et lui fait intégrer les ateliers du Créahm à Liège en 1986. Maniaque du rangement, Pascal se contente les premiers temps de mettre de l'ordre dans l'atelier, jusqu'à ce qu'il tombe en arrêt devant la reproduction d'une sculpture dans un catalogue d'exposition d'art africain. Il se met alors à modeler la terre, puis essaie le dessin et la peinture. Dans le même temps, il commence à dérober des chaises, des matériaux, avec lesquels il s'érige une cabane, à l'intérieur même de l'atelier, dont la structure évolue constamment suivant les objets reçus en cadeau ou glanés - qu'il y accumule, liés entre eux par un enchevêtrement de tissus (habits de travail de ses compagnons d'atelier) noués les uns aux autres. Son antre accueille les visiteurs à condition de passer au préalable une visite médicale. Vêtu d'une blouse blanche, le docteur Tassini, comme il se présente, prend le pouls et guérit tous les maux. Depuis 10 ans, la création de Pascal Tassini n'est plus que textile, oscillant entre la confection de vêtement robes de mariée, coiffes l'habillage de sa cabane ou les emballages d'objets comme le faisait Judith Scott. Il noue un réseau de lambeaux d'étoffes aux nombreuses excroissances et écrit également des missives en répétant la même lettre qu'il signe de deux anneaux entrelacés.

Pascal TASSINI
Sans titres, 2010, 2012 Assemblage textile noué
Collection Centre de Arte Oliva Galerie Christian Berst
1955, Belgique
Issu d'une famille de trois enfants, Pascal Tassini a vécu avec ses parents jusqu'à leur mort. Son frère cadet le prend ensuite en charge et lui fait intégrer les ateliers du Créahm à Liège en 1986. Maniaque du rangement, Pascal se contente les premiers temps de mettre de l'ordre dans l'atelier, jusqu'à ce qu'il tombe en arrêt devant la reproduction d'une sculpture dans un catalogue d'exposition d'art africain. Il se met alors à modeler la terre, puis essaie le dessin et la peinture. Dans le même temps, il commence à dérober des chaises, des matériaux, avec lesquels il s'érige une cabane, à l'intérieur même de l'atelier, dont la structure évolue constamment suivant les objets reçus en cadeau ou glanés - qu'il y accumule, liés entre eux par un enchevêtrement de tissus (habits de travail de ses compagnons d'atelier) noués les uns aux autres. Son antre accueille les visiteurs à condition de passer au préalable une visite médicale. Vêtu d'une blouse blanche, le docteur Tassini, comme il se présente, prend le pouls et guérit tous les maux. Depuis 10 ans, la création de Pascal Tassini n'est plus que textile, oscillant entre la confection de vêtement robes de mariée, coiffes l'habillage de sa cabane ou les emballages d'objets comme le faisait Judith Scott. Il noue un réseau de lambeaux d'étoffes aux nombreuses excroissances et écrit également des missives en répétant la même lettre qu'il signe de deux anneaux entrelacés.

Pascal TASSINI
Sans titres

Pascal TASSINI
Sans titres

Stéphane Blanquet
Une innocente Flibustiere, 2016
Tissage de différents matériaux: laines, soies, fibres acryliques

Sourire de la Méduse, 2018 Laines et textiles divers, 160x120x20cm
Pièce unique conçu par Stéphane Blanquet et produite en collaboration avec Tracy Widdess

Constructions Ectoplasmiques, 2015, tissage de différents
matériaux: laines, soies, fibres acryliques
177x166 cm

Givre sur Ambiguïté du Fléau, 2015 Tissage de différents matériaux: laines, soies, fibres acryliques 170x240 cm

Nicolas HENRY 
La terre, les étoiles et le bateau échoué, Rwanda, 2013
Collection de l'artiste
Né en France en 1978, Nicolas Henry est diplômé des Beaux-Arts de Paris. Il a été formé dans l'industrie du cinéma en tant que réalisateur de films à l'Emily Carr Institute of Art and Design à Vancouver, Canada. Parallèlement à une carrière d'éclairagiste et de scénographe dans le spectacle (musique, danse contemporaine et théâtre), il a parcouru le monde pendant trois ans en tant que réalisateur pour le projet "6 milliards d'autre" de Yann Arthus-Bertrand, il en a assuré la direction artistique lors de l'exposition au Grand Palais au début de 2009. Il poursuit son travail personnel, parcourant le monde afin de réaliser une série de portraits des ancêtres du monde entier "Les cabanes de nos grands-parents" (Editions Actes Sud), mêlant installations plastiques et portraits photographiques. Ses travaux ont été exposés dans le monde entier, de New York au Japon, Népal, Nigeria, Corée à l'Argentine... Le film Comfortably Lost (2011) du réalisateur Quentin Clausin est basé sur l'histoire de ce théâtre vivant. Nicolas Henry est présent aux rencontres d'Arles en 2014 et 2016, cette même année, il a été récompensé par le prix Popcap'16 pour la photographie africaine. Son nouveau livre sur les communautés à travers le monde Contes imaginaires autour du monde - World's in the making sort en 2016 aux Editions Albin Michel, il reçoit le prix Méditerranée du livre d'art 2017. Des institutions telles que le Dusable Museum of African American History, le Musée national de l'Immigration de Paris, les acquisitions du FRAC Guyane, ou la COP 21, saluent le sens et l'engagement de sa démarche artistique autant que son esthétique. En octobre 2019, il met en scène les 70 ans d'Emmaüs, place du Palais-Royal à Paris, puis en 2020 la place du Panthéon accueille une installation monumentale pour les 20 ans de Lire et faire lire. En 2021, il fonde Photoclimat, la biennale sociale et environnementale de la Ville de Paris et du Grand Paris présentant les travaux de 40 ONG et de 30 artistes du monde entier.

Nicolas HENRY
Ex-voto de Gorée, Sénégal, 2020
Atelier Véron



Shao Liyu CHEN 
Diverses oeuvres
Collages tissus
Collection de l'artiste
Née dans un siheyuan traditionnel niché au cœur du vieux Pékin, Shao Liyu est issue d'une lignée mandchoue de la bannière jaune à bordure, ancrée depuis des générations dans l'enceinte même de la Cité impériale, à l'ombre de la Cité interdite. Son enfance s'est déroulée dans l'enchevêtrement des hutongs, aujourd'hui en partie effacés du paysage, remplacés par des places planes et sans âme. Petite fille, elle grandit entourée de hauts murs séculaires, de tours anciennes et d'architectures majestueuses. Ces visions, empreintes de solennité et de beauté, ont marqué à jamais son imaginaire. Son éducation fut rigoureuse, nourrie par les fondements de la culture traditionnelle chinoise. Les gestes du quotidien, les saveurs, les sons et les rythmes de la vie pékinoise ont tissé en elle une trame intime, indélébile. Après avoir obtenu son diplôme de la prestigieuse Université de Pékin en 1975 (Bei Jing Da Xue), elle devient professeure de Philosophie pendant 10 ans, à l'Université de Tsinghua d'abord, puis à l'Institut de Commerce Extérieur de Pékin. Au début des années 1980, son mari part à Paris pour y étudier l'art contemporain. Elle le rejoint en 1985. Dès lors, ils arpentent ensemble les musées, les galeries, s'imprègnent de la diversité foisonnante de l'art occidental. Pour elle, ce fut comme l'ouverture d'une fenêtre intérieure, une lumière nouvelle sur le monde et sur elle-même. À la fin de cette décennie, elle met ses connaissances de la culture chinoise au service de la Compagnie Française de l'Orient et de la Chine (C.F.O.C.). Lors de brefs retours à Pékin, le contraste est saisissant : les tours modernes ont englouti les vieux quartiers. Le Pékin de son enfance n'est plus qu'un souvenir. C'est à ce moment qu'elle commence à créer. Avec des chutes de tissu, des étoffes abandonnées, elle compose patiemment des images de sa mémoire. Ses œuvres sont des fragments de souvenirs cousus à même l'oubli. Car si l'on peut raser des murailles et faire taire les ruelles, la mémoire, elle, résiste. Shao Liyu cherche ses couleurs dans les tissus fanés, les déchirures du passé. Elle assemble, recoud, redonne vie. Son travail est un acte de réminiscence, un art de la résilience: retrouver, dans la fragilité de la matière, la force de ce qui fut.

Shao Liyu CHEN 
Diverses oeuvres
Collages tissus
Collection de l'artiste

Shao Liyu CHEN 
Diverses oeuvres
Collection de l'artiste

Shao Liyu CHEN 
Diverses oeuvres
Collection de l'artiste

Shao Liyu CHEN 
Diverses oeuvres
Collection de l'artiste

Shao Liyu CHEN 
Diverses oeuvres
Collection de l'artiste

Shao Liyu CHEN 
Diverses oeuvres
Collection de l'artiste

Shao Liyu CHEN 
Diverses oeuvres
Collection de l'artiste

Shao Liyu CHEN 
Diverses oeuvres
Collection de l'artiste

Shao Liyu CHEN 
Diverses oeuvres
Collection de l'artiste

Shao Liyu CHEN 
Diverses oeuvres
Collection de l'artiste

Anaïs Eychenne
La moisson, 2017
Courtsey of 
Biosynthèse, 2012
Née en 1984 à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze, Anaïs Eychenne s'installe dans l'Aveyron après des études en sociologie. Elle y vit et travaille, en retrait du monde urbain, dans un environnement propice à l'observation de la nature et à la concentration créative. Artiste autodidacte, elle développe une œuvre graphique singulière, à la frontière du dessin, de la cartographie imaginaire et de la science poétique. Son médium de prédilection est le kalamkari, une technique de dessin à l'encre à base d'acétate de fer sur toile de coton, héritée d'une tradition artisanale du sud de l'Inde. À l'aide d'un fin stylet de bambou (le kalam), elle trace à la main des compositions d'une extrême densité, où formes biologiques, figures animales, structures géométriques et écritures inventées se mêlent en une cosmogonie personnelle. Son travail, qui mêle inspiration naturaliste, scientifique, mythologique et introspective, se déploie aussi bien à l'échelle de la toile que dans des projets en volume, notamment en sculpture.

Anaïs Eychenne
Biosynthèse, 2012

Fabian SANCHEZ
Vision circa, 1970
Sculpture en cuivre et bois peint
Collection Elva Sanchez
Fabian Sanchez étudie la peinture à l'Ecole nationale des Beaux-arts de Lima, puis quitte son Pérou natal en 1965 pour venir vivre en France. Après avoir abordé la peinture, il devient sculpteur autodidacte. L'univers anthropomorphe qu'il fait naître n'est comparable à aucun autre. A partir du déclic que lui procure la récupération d'une machine à coudre, Fabian Sanchez plonge dans le monde qu'il s'invente à la croisée de l'art singulier, du surréalisme et de l'assemblage. Il donne naissance à des créatures anthropomorphes, étranges et poétiques, animées par une mécanique délicate et artisanale. "Beau comme la rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection" cette phrase de Lautréamont, devenue pour le surréalisme un véritable mot d'ordre, inspire Sanchez qui œuvre à faire cohabiter l'ironie du monde industriel et la force sensible du geste créateur.

Fabian SANCHEZ
New rotary home circa, 1975
Sculpture en cuivre et bois peint
Collection Elva Sanchez

Josette RISPAL
Sans Titres
Techniques mixtes


Josette RISPAL
Sans Titres
Techniques mixtes

Josette RISPAL
Sans Titres
Techniques mixtes

Josette RISPAL
Sans Titres
Techniques mixtes

Josette RISPAL
Sans Titres
Techniques mixtes

Josette RISPAL
Sans Titres
Techniques mixtes

Josette RISPAL
Sans Titres
Techniques mixtes

Josette RISPAL
Sans Titres
Techniques mixtes
Collection de l'artiste

Barbara D'ANTUONO 
Les yeux noirs, 2024
Collection Privée/ L'œil de la femme à barbe Collection Claire Corcia
Née en 1961 à Varese, Barbara D'Antuono quitte l'Italie pour la Corse en 1968. C'est au cours de son séjour en Haïti de 1982 à 1986 que se révèlent à elle le magique et toute l'esthétique de son travail de plasticienne. Sa rencontre avec la mythologie liée au vaudou et l'incidence psychique et corporelle qui en résulte ainsi que les traumatismes dus au coup d'état de 1986 et aux exactions dont elle fut témoin vont la précipiter dans une nécessité de dire l'indicible. Cet indicible qui surgit sous le masque d'un « familier inquiétant >> subit sous son geste sublimatoire une métabolisation sacrée/religieuse : qu'elle condense dans un syncrétisme baroque flamboyant. C'est dans cette frontière entre champ et hors champ que cette polarité double surgit telle la surface d'une bande de Moebius : mort/vie, mère/vierge, monothéisme/paganisme, horreur/fascination, réel/magique, visible/invisible... De cette révélation va surgir un monde jubilatoire onirique, ironique, carnavalesque et naïf parfois où l'humour n'est jamais loin et Haïti toujours présent.

Barbara D'ANTUONO
Il est toujours temps.., 2020
Collection Privée/ L'œil de la femme à barbe Collection Claire Corcia

Barbara D'ANTUONO 
Chaotiques sur fond noir, 2019
Collection Privée/ L'œil de la femme à barbe Collection Claire Corcia

Barbara D'ANTUONO
Faux prétexte pour fond rouge, 2024
Collection Privée/ L'œil de la femme à barbe Collection Claire Corcia

Barbara D'ANTUONO
Homo Gaude, 2021-2022
Galerie Claire / collection de l'artiste

Barbara D'ANTUONO
Prétexte pour fond rouge, 2024, 2019 Tableau mixte
Galerie Claire / collection de l'artiste

Barbara D'ANTUOΝΟ
Etranger dans la ville, 2017
Tableau mixte
Galerie Claire Corcia / Collection Privée

Barbara D'ANTUOΝΟ
Faiseur de pluie, 2021 
Tableau mixte


Marion OSTER
Sequin, techniques mixtes
Collection de l'artiste l'artiste
Dès les années 70, elle développe une pratique libre, intuitive et profondément incarnée, fondée sur la récupération, le détournement et l'assemblage. Utilisant tous les matériaux et tirant de vrais trésors des poubelles, elle travaille le verre, la terre, le bronze, les plastiques ou le bois mort Si le qualificatif d'atypique n'a pas été vidé de sa substance, alors il lui revient de droit. De même que les créations d'art brut qu'elle chérit et dont elle aime s'entourer, elle se tient hors des sentiers battus à sa manière. Bien sûr, le chamanisme ancestral et la poésie magmatique de sa terre natale nous offrent un infime accès à son œuvre. Sans que rien, pourtant, n'en soit totalement livré. Ni dans ses poupées, modestes mais baroques chiffonnettes dont les ornements sont comme la sédimentation des histoires de leurs anciens propriétaires. Ni dans ses verres - disputés au feu - et qui voilent et dévoilent leurs inclusions au gré de la lumière. Ni même dans ses vigies en carton, matériau pauvre s'il en est, dont la solennité le dispute à l'humilité.. Son immense atelier parisien, au luxe tropical, est l'antre baroque où son imagination fertile sculpte et met en scène la lumière, parmi les masques, mannequins et poupées de chiffon, ornementés de tous les gris-gris de son vaudou personnel. Un art de la trouvaille et de l'assemblage, dont la magie procède des ressources infinies d'une bimbeloterie de luxe et de pacotille

Marion OSTER
Madones de sauvegarde
Collection de l'artiste

Marion OSTER
Sauver le monde
Collection de l'artiste

Marion OSTER
Saint Georges et ses gentils dragons
Collection de l'artiste

Marion OSTER
Vierge des petits riens
Collection de l'artiste

Marion OSTER
Sirène repentante
Collection de l'artiste

Marion OSTER
Sequin, techniques mixtes
Collection de l'artiste

Marion OSTER
Sequin, techniques mixtes
Collection de l'artiste

Marion OSTER
Sequin, techniques mixtes
Collection de l'artiste

Marion OSTER
Sequin, techniques mixtes
Collection de l'artiste

Marion OSTER
Sequin, techniques mixtes
Collection de l'artiste

Reinaldo ECKENBERGER
Sans titre, 1975
Tissu d'ameublement
Collection La Fabuloserie
Fils de parents allemands, Eckenberger est né en 1938 à Buenos Aires, en Argentine où il étudie l'architecture, puis les beaux-arts et la scénographie au Teatro Colón. En 1965, il s'installe définitivement au Brésil à Salvador de Bahia, attiré par l'art baroque. Il devient une figure unique de l'art narratif textile et sculptural. Sa trajectoire est guidée par le désir de créer une esthétique baroque inclassable, tissée d'ironie, de transgression et d'intuition artisanale. Ses bibelôs, figures-légendes en tissu, témoignent d'un univers où l'ordinaire devient étrange, le banal grotesque, et chaque objet raconte une fable provocatrice de notre humanité. <« Quand j'étais à l'école primaire il y avait une Directrice qui était très maquillée, très fardée, qui m'impressionnait beaucoup. Je me souviens à l'époque on faisait des caricatures d'elle. » Il exposa plusieurs fois à l'Atelier Jacob entre 1975 et 1981 et participa aux Singuliers de l'art en 1978.

Reinaldo ECKENBERGER
La Femme aux trois dragouilles, 1975

Raymond REYNAUD
L'auguste
Technique Mixte
Collection Hoirie Arlette Reynaud

Raymond REYNAUD
L'Apôtre
Technique Mixte
Collection Hoirie Arlette Reynaud

Raymond REYNAUD
La mariée II 
Technique Mixte
Collection Hoirie Arlette Reynaud


Aurélia JAUBERT
Ici Harold a navigué sur la mer, 2021
Collection Grand Maîtres, 2020
Canevas assemblés et cousus
Courtesy of Galerie Pol Lemétais
Née à Eaubonne, Aurélia Jaubert vit et travaille à Paris et Joucas en Provence. Son geste artistique tient d'abord de la composition par assemblage de motifs a priori étrangers les uns aux autres. Réunissant et réorganisant des dizaines de canevas chinés, elle met en forme d'imposantes tapisseries composites créant des scènes foisonnantes de détails. Associant un geste traditionnel de couture à un point de vue contemporain, elle parvient à construire des fresques visuelles polyphoniques dans lesquelles les styles et les époques se rencontrent et s'articulent. Ses œuvres sont habitées par des personnages issus de la culture populaire, par des représentations stéréotypées et par des figures ou motifs de l'histoire de l'art, le tout digéré par les gestes du loisir créatif. Avec application, l'artiste met en mouvement le bon et le mauvais goût, elle convoque aussi toutes les mains de femmes qui, pour répondre à l'injonction du divertissement domestique, ont façonné ces images décoratives pour habiller leur foyer. À travers leur syncrétisme et leur origine, les tapisseries d'Aurélia Jaubert s'attachent à défendre l'idée d'un art figuratif décloisonné et populaire. "Je construis, en quelque sorte, un nouveau paysage où tous les styles et toutes les générations cohabitent, sans limites de temps, de genre ou d'espace, et où tout fusionne pour ne faire qu'un. C'est la naissance d'un nouveau territoire, fantaisiste, exubérant, dans lequel toutes les frontières, géographiques et artistiques, sont abolies ".

Détail de l'oeuvre précédente

Aurélia JAUBERT
Oeuvre non identifié
Canevas assemblés et cousus
Courtesy of Galerie Pol Lemétais


Marie-Rose LORTET
Suite incertaine – Les petites têtes et leurs ombres, 2002 - 2020
Fil, tricot, rigidificateurs
Collection de l'artiste

Detail de l'oeuvre précédente

Alicia LASNE
Sans titre, 2024
Broderie
Galerie Atelier Véron
"Je suis née le 11 juin 1986 à Rouen, je vis et travaille à Rouen. J'ai eu une scolarité tourmentée, je souffrais de phobies scolaires. Je parlais peu, voire pas du tout. J'ai eu mon bac, ensuite j'ai voulu faire une fac d'histoire puis les beaux-arts de Rouen, mais ces deux cursus ont été un échec total et une série d'angoisses permanentes. Puis, j'ai fait des petits boulots, comme ranger les fleurs 10 par 10 chez un fleuriste, surveillante de cantine, de l'aide aux devoirs, j'ai travaillé dans une garderie en milieu scolaire... Jusqu'en 2018, lorsque mon père s'est suicidé. J'ai tout arrêté. Mon père était schizophrène. J'ai toujours dessiné mais ici c'était différent. Il y avait ce gouffre immense auquel je devais faire face. L'art m'a sauvée me sauve encore. Puis en 2022, à 36 ans, le diagnostic d'autisme Asperger a été posé. Aujourd'hui, je comprends mieux qui je suis, et surtout que je ne suis pas folle, fainéante ou attardée ! J'ai certes développé des tocs, tels que des pensées intrusives, des insultes, ou des ordres à moi-même. J'ai une phobie sociale et un trouble anxieux généralisé. Je sais que le chemin est encore long mais je suis soignée par un psychiatre. Je fais face en assumant cette partie de moi, pas toujours drôle. En 2023, la galerie Atelier Veron à Paris, m'a donnée ma chance. C'est une rencontre qui a marqué un tournant pour moi. Ils m'ont acceptée telle que je suis, c'était la première fois que l'on ne me demandait pas d'être quelqu'un d'autre. Je ne les ai jamais rencontrés à cause de mes phobies, mais ils me soutiennent. J'ai fait une première exposition avec cette galerie, mais je ne suis pas allée à mon vernissage, en raison de ma phobie sociale. Mais j'ai bon espoir, pour la prochaine exposition ! "

Alicia LASNE
Sans titre, 2025
Broderie
Galerie Atelier Véron

Alicia LASNE
Sans titre, 2024
Broderie
Galerie 

Alicia LASNE
Sans titres, 2024 Broderie
Atelier Véron

Alicia LASNE
Sans titres, 2024 Broderie
Atelier Véron


Lou DUBOIS
Nuit de velours ovoïde, portraits de famille 
Technique mixte
Collection de l'artiste
Né à Bourges en 1953, Lou Dubois vit entre Paris et l'Andalousie. Poète en mots et en images, il s'est passionné dès l'âge de 16 ans pour le surréalisme et, aujourd'hui encore, c'est dans l'esprit de ce mouvement que sa pratique, littéraire et artistique, s'inscrit avec allégresse et nostalgie. Ses poèmes, textes et collages ont paru dans une vingtaine de revues (N.R.F, Noise, Litoral...). Il est l'auteur de plusieurs livres de collages: Un Gant de chèvre blanche (éd. Rafael de Surtis), Le Max Jacob (album Dada chez Mango), Collages, le Temps découpé (éd. La Lyre et la Licorne), Domaines du rêve (éd. Des Cendres - Les Yeux Fertiles), Mad is Rose, Chercheurs d'étoiles à dormir à debout (éd. Venus d'ailleurs); d'un roman L'Andalou (éd. Joëlle Losfeld), et de recueils de poèmes comme Double fond à coulisse (au Daily-Bul)... Lou Dubois a également mis en images les chansons du Cirque des Mirages. Ses poèmes et textes s'inventent simultanément à son œuvre plastique. Ses boîtes et assemblages s'apparentent ainsi à des poèmes visuels, à des poèmes-objets, constitués sur le mode du cadavre exquis, de l'association libre ou du calembour. Depuis 2007, il expose régulièrement à la Galerie Les Yeux Fertiles à Paris.

Lou DUBOIS
Désir Balofage, 2019
Technique mixte
Collection de l'artiste

Lou DUBOIS
Des Nuages ont passé, 2019
Technique mixte
Collection de l'artiste / Galerie les Yeux fertiles
Technique mixte
Collection de l'artiste

Lou DUBOIS
Pour que les cols durent, amis donnez ! 2007
Technique mixte
Collection de l'artiste

Lou DUBOIS
Portrait de Ninon 1er, 2019
Technique mixte
Collection de l'artiste

Stéphane BLANQUET
1973, France
Né en 1973 à Conflans-Sainte-Honorine, Stéphane Blanquet vit et travaille en région parisienne. Dessinateur, plasticien, metteur en scène, réalisateur, il se fait tout d'abord connaître par ses graphzines Chacal Puant (1990) et La Monstrueuse (primé à Angoulême en 1996). Très vite considéré comme l'un des fers de lance de la nouvelle bande dessinée, son univers tourmenté déborde largement du cadre de ses livres édités chez Cornélius, Alain Beaulet, L'Association, Albin Michel ou sa propre structure United Dead Artists. Blanquet y dépeint de manière inimitable une galerie de personnages seuls, exclus, humiliés, où l'on croise pêle-mêle parents abusifs, enfants martyrs, créatures chimériques, corps et cerveaux en mutation perpétuelle. En 2001, il publie un de ses albums de bande dessinée les plus marquants, La nouvelle aux pis. Dans la même veine mais encore plus sombre, suivra en 2007, La Vénéneuse aux deux éperons. II explore dès 1997 le champ du cinéma d'animation avec les Histoires Muettes, une série de 26 épisodes d'une minute pour Canal+. Il travaille, à partir de 2007, avec la Comédie de Caen. Leur deuxième création, Comment ai-je pu tenir là-dedans ? une fable inspirée par <<< La chèvre de Monsieur Seguin >> est un succès international, nominée aux Molières. Côté expositions, le Labyrinthique intestin dévoilé en 2006 aux Rencontres du 9e Art d'Aix-en-Provence permet à Blanquet de déployer sa tentaculaire production au sein d'une impressionnante scénographie. Elle sera suivie en 2007 par Blanquet s'ouvre la panse, programmée à Paris par Arts Factory. En 2009, Blanquet construit un véritable train fantôme au sein du Musée d'Art Contemporain de Lyon, à l'occasion de l'exposition Quintet. En 2013, il conçoit Glossy Dreams in Depths une nouvelle installation immersive pour le Singapore Art Museum. Depuis 2015, il réalise une nouvelle œuvre qui comptera 40 tapisseries et a commencé à travailler sur des sculptures en porcelaine. La Halle Saint Pierre lui consacre une Tissage de différents matériaux: laines, soies, fibres acryliques 170x240 cm
La Jambe de F, 2015

Stephane Blanquet
Détail



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