Paris constitue un chapitre essentiel de cette histoire : une ville où le graffiti et le street art ont faconné une voix unique, des catacombes aux rues, influencant un mouvement européen bien plus large. En rassemblant oeuvres, archives et installations à grande échelle, Beyond the streets révèle comment un acte criminalisé est devenu l'un des langages visuels et des formes d'art les plus influents de notre temps.
En son coeur se trouvent les artistes, writers et communautés qui ont transformé murs, trains et espaces publics en supports d'expression, d'identité. d'activisme et de résistance. Ici, le dialogue entre passé et présent, rue et institution, reste vivant et inachevé.

MODE 2
Né en 1962 à l'ile Maurice, MODE 2 se met à dessiner dès la petite enfance. En arrivant à Londres à l'äge de huit ans, il s'inspire davantage des bandes dessinées, qui lui servent aussi d'outils pour apprendre l'anglais avant la rentrée des classes. La Guerre des Étoiles s'ajoute à ses "comics" préférés comme 2000AD, puis la sortie du dessin animé Le Seigneur des Anneaux (de Ralph Bakshi), quelques années plus tard, élargit encore son univers créatif. Il esquisse un monde bien plus vaste et insolite que le quartier où il vit, s'inspirant des jeux de rôles comme Donjons & Dragons, de son appartenance à la Tolkien Society, mais aussi de la peinture de figurines en plomb. Le rap commence à émerger, et le générique de Welcome Back Kotter inclut un passage avec des métros peints. Un ami de l'époque lui fait découvrir Space Cowboy de Jonzun Crew lors d'une séance d'Advanced Dungeons & Dragons.
Mais tout bascule lorsqu'il tombe sur le clip de Buffalo Gals de Malcolm McLaren & The World Famous Supreme Team: DONDI, légende du greffiti, y dessine les contours du nom du morceau à la bombe. MODE 2 décide alors d'emmener ses dessins dans la rue, puis vers Covent Garden à l'été 1984, épicentre de la scène hip-hop londonienne.
Il collabore d'abord avec SCRIBLA, qui habite lui aussi le sud-est de Londres et s'est fait arrêter l'année précédente pour avoir peint dans le centre-ville. Ensemble, ils peignent les palissades du chantier de la Royal Opera House, avant de s'allier avec ZAKI DEE, ESKIMO et ZEROX des Trailblazers. Au printemps 1985, il cofonde The Chrome Angelz et intègre PRIDE à leur groupe lors de l'événement Rapattack au Shaw Theatre, dans le quartier d'Euston. BANDO vient peu de temps après à Londres le rencontrer avec SCRIBLA, et leurs multiples voyages à Paris cette même année bouleversent la donne.
En 1987, son héritage devient mondial: l'un de ses personnages, créé lors de ses premiers voyages. apparaît sur la couverture du livre Spraycan Art d'Henry Chalfant, tandis que ses œuvres figurent en bonne place dans les sections londonienne et parisienne de cet ouvrage de référence. symbole de l'ère post-new-yorkaise de la culture du greffiti writing.
MODE 2 utilise la culture comme une tolle, puisant dans la musique, la danse, la politique, l'histoire, l'érotisme et les enjeux environnementaux. Il y forge son alchimie personnelle, une vision d'une culture accessible à tous, une sorte de boîte à outils culturelle où la musicalité de le danse et du tag devient le liant fédérateur. Depuis quatre décennies, il construit son archive photographique, allant une obsession pour les dates à une mémoire infaillible, et s'impose comme l'un des historiens de ce mouvement. Son engagement politique, qu'll considére indissociable de cette culture, en fait l'un de ses penseurs et défenseurs les plus respectés. n'hésite jamais à exprimer la vérité telle qu'il la voit même lorsque celle-ci contredit l'opinion populaire


LADY PINK
The Strap Hanger, 2025
Acrylique et peinture aérosol sur toile/Acrylic and spraypaint on canvas
213.4 x 182.9 cm
Née en Équateur et élevée à New York, LADY PINK vit aujourd'hui à la campagne, au nord de la ville. En 1979, elle commence à pratiquer le graffiti et devient rapidement connue comme la seule femme capable de rivaliser avec les hommes dans cette subculture. Elle peint des rames de métro de 1979 à 1985. En 1982, elle tient un rôle principal dans le film Wild Style. Ce rôle, ainsi que ses autres contributions majeures au graffiti, en ont fait une figure culte de la subculture hip-hop.
Dès le lycée, elle expose déjà ses peintures dans des galeries d'art. À seulement 21 ans, elle organise sa première exposition solo au Moore College of Art (Philadelphie). En tant que figure majeure de l'émergence de l'art inspiré du graffiti, ses toiles ont intégré les collections de grands musées, comme le Whitney Museum of Art, le Metropolitan Museum of Art de New York, le Brooklyn Museum et le Groningen Museum aux Pays-Bas. Elle s'est fermement imposée dans le monde de l'art contemporain, et ses œuvres sont très recherchées par les collectionneurs.
Aujourd'hui, LADY PINK continue de créer de nouvelles toiles qui expriment sa vision personnelle unique. Elle partage également ses 42 ans d'expérience avec les jeunes en animant des ateliers de fresques murales et en donnant des conférences dans des universités à travers le monde.

PABLO COTS
Say no to Graffiti, 2026
Acrylique sur bois/Acrylic on wood
140 x 280 cm
Né à Alger en 1976, Pablo Cots est un artiste et graphiste établi à Paris. Après une jeunesse marquée par le skateboard et le graffiti, il se tourne vers le graphisme et étudie par la suite à l'École des Beaux-Arts de Paris.
Son travail puise dans une observation minutieuse de l'environnement urbain : typographies vernaculaires, graffitis naïfs, signalétiques de rue et traces visuelles laissées dans l'espace public. À travers la peinture, le dessin, l'édition et l'installation, Cots construit des compositions à partir de photographies, de carnets de croquis et d'objets collectés.
Enracinée dans les souvenirs de l'adolescence et de la culture pré-internet, sa pratique reflète des sous-cultures alternatives, l'esthétique souvent teintée d'un humour discret. typographie occupe une place centrale dans son œuvre, notamment dans ses fresques murales et ses projets imprimés. Il a également animé des ateliers et des programmes collaboratifs avec des institutions telles que le Centre Pompidou.

PABLO COTS
Miss Subway NYC 2025, 2025
Acrylique et peinture aérosol sur toile

RAMMELLZEE
1960 - 2010
Bonsol. 1983 Peinture aérosol sur carton / Spray paint on cardboard 81 x 406 cm (4 parts) Avec l'aimable autorisation de la Galerle Laurant Dubols
RAMMELLZEE commence à marquer les wagons du métro A new-yorkais dans les années 1970, une époque où la ville est plongée dans une profonde crise financière et où les infrastructures se délabrent. Son oeuvre, sauvage et stratifiée, reflète le chaos des rues de Manhattan en décomposition : des empilements de résine épars, des objets détournés et des matériaux glanés se transforment en Letter Racers, assemblages sculpturaux, tenues de performance et constructions picturales.
En 1979. à dix-neuf ans, il se renomme légalement RAMM:ELL-ZEE et couchera sur papier un manifeste ou il théorise deux concepts indissociables, Le Gothic Futurism puise dans les lettres gothiques medièvales, dont iI décrypte la géométrie guerrière, pour les fusionner avec l'imaginaire de la science-fiction, de I'horreur et de l'apocalypse urbaine. L'Ikonoklast Panzerism, quant à lui, pousse cette logique plus loin; chaque lettre devient un champ de bataille chaque courbe uns arme symibolique. Dans son loft-atelier de Tribecs qu'il baptise Battle Station, il fabrique des figures complexes et des armures corporelles à partir de déchets, intégrant parfois lance-flammes, plaques de blindage et systèmes sonores
Dès les années 1980. son travail est exposé et collectionné à travers le monde. Egalement pionnier du rap, il developpe un fiow nasal et incisif qu'il qualifie de gansta duck, infiuençant des Groupes comme les Beastie Boys et Cypress Hill. Il marque l'histoire du hip-hop en apparaissant dans Wild Style (de Charlie Ahearn, 1982), tandis que son titre Beat Bop (1983), produit par Jean-Michel Basquiat. devient un classique underground, avant d'être mis à l'honneur dans le film Style Wars
Au début des années 90, RAMMELLZEE a déjà bâti une mythologie personnelle, les Garbage Gods, vêtus d'armures futuristes et surtout The Gasholear, son alter ego.

FUTURA 2000
Elmwood Village, 2023 Peinture en aérosol, , acrylique et marqueur sur toile apprêtée
Né en 1955 à New York, FUTURA 2000 (de son vrai nom Leonard Hilton McGurr) est un artiste dont la pratique a émergé du mouvement graffiti new-yorkais des années 1970. Parmi les premiers à introduire l'abstraction dans cet art, il a également été un pionnier en faisant entrer le graffiti dans les espaces de l'art contemporain, exposant dès le début des années 1980 dans des galeries majeures comme la Fun Gallery de Patti Astor et la Tony Shafrazi Gallery. Son travail a notamment été présenté dans New York/New Wave, l'exposition phare de 1981 au MoMA
Connu comme l'une des figures les plus marquantes de sa génération, FUTURA 2000 a construit une œuvre interdisciplinaire qui s'étend de la musique à la mode et à l'art contemporain. Dans les années 1980 il a travalillé avec le groupe punk The Clash, concevant des pochettes d'albums et peignant en direct sur scène lors de leurs concerts. Dans les années 1990 et 2000, il est devenu une force créative majeure du mouvement streetwear mondial et a été l'un des trois premiers non-sportifs à collaborer avec Nike sur une paire de baskets. Il vit et travaille aujourd'hui à Brooklyn, New York

Futura 2000
Grant Ferry, 2023 Peinture en aérosol, acrylique et marqueur sur toile apprêtée/ Spray paint, acrylic, and marker on primed canvas 152.4 x 213.36 cm

KEITH HARING 1958- 1990
Untitled (Three Dancers - Version A). 1986 Aluminium peint / Painted Aluminum 96.5 x 83.8 x 58.5 cm No2/3
Private Collection, Paris. Courtesy Noirmontartproduction
Keith Haring compte parmi les artistes les plus célèbres à avoir capté l'énergie de la culture urbaine des années 1980. Fasciné par les graftis qui recouvraient les rames du métro new-yorkais, il commence à dessiner à la craie blanche sur les panneaux publicitaires noirs innoccupés des stations. Pour lui, le métro était un < laboratoire >, un espace où il a développé son style, à la fois simple et puissant, immédiatement reconnaissable
Atteint du sida, il meurt prématurément en 1990, à l'age de 31 ans. Avant sa disparition, ll fonde la Keith Haring Foundation pour soutenir les enfants et les personnes touchées par la maladie, perpétuant ainsi son engagement à la fois artistique et humaniste.

VANDAL'S BEDROOM
Installation, 2011-2026
Travaux sur papier, marqueur, peintures et objets d'archives /
Vandal's Bedroom se situe entre l'objet et l'installation. Imaginez la chambre d'un adolescent passionné de graffiti, transformée en un repaire où chaque détail raconte une histoire de rébellion créative.
Les murs y sont recouverts de lettres stylisées, héritières de l'énergie brute des métros new-yorkais des années 1980. Des personnages de dessins animés, détournés et placés dans des situations absurdes, côtoient des esquisses et des notes éparses. L'espace entier respire l'urgence et l'inspiration, comme si les idées qui s'y accumulent ne demandaient qu'à s'échapper pour envahir la ville.
Cette œuvre est à la fois un hommage aux pionniers du graffiti et une réinterprétation audacieuse de leurs traditions. Elle rappelle que le langage visuel de cette culture, né dans les marges, reste aussi dynamique et pertinent qu'à ses débuts. Une preuve que l'esprit du graffiti, loin de s'éteindre, continue de se renouveler avec la même intensité.

MEAR ONE
Babylon Overdrive, 1994
Peinture sérosol sur bois/Spray peint on wood
243.8 x 304.8 cm
Né en 1971 à Santa Cruz en Californie, MEAR ONE grandit à Hollywood, où le graffiti, omniprésent, incarne pour lui la voix des marginalisés, une façon de résister face aux inégalités sociales et économiques des années 1970. Pour lui, cette pratique est avant tout un acte de liberté.
Dès 1986, il commence à taguer bus et autoroutes, apprivoisant l'audace nécessaire pour investir ces espaces. Bien qu'll dessine des personnages en privé, il maltrise d'abord l'art des lettres, base du graffiti, avant d'y fusionner ses figures.
Dans les années 1990, son travaill se radicalise. Il se détache des images grand public du hip-hop, qu'il juge dépolitisées pour explorer une vision plus critique et introspective de la société. Cette période marque son passage du mur à la tolle. Il développe des peintures acryliques et aérographiées, puis des œuvres & Thulle. Les expériences psychédéliques des années 1980-90 influencent profondément sa perception et son style.
L'œuvre de MEAR ONE allie méditation métaphysique et questionnement, invitant les spectateurs à s'interroger sur le monde qui les entoure. Son art perçoit l'esprit sublime de notre époque, non par la fuite, mais par une confrontation courageuse avec la réalité.

JonOne
Movements Chapter 1, 2025
Techniques mixtes
JonOne, de son vrai nom John Andrew Perello (aussi connu sous le pseudonyme JON156), naît en 1963 de parents dominicains immigrants de première génération. Il grandit dans la 156e rue, à la frontière entre Harlem et Washington Heights, dans une famille travailleuse, déterminée à lui offrir un avenir meilleur. Inscrit dans une école catholique, il est poussé vers l'idéal du rêve américain. Mais alors que New York entre dans l'ère explosive du graffiti, les rues l'appellent plus fort que les salles de classe. À seize ans, Perello découvre le graffiti, non comme un simple art, mais comme une bouée de sauvetage, un moyen d'affirmer sa présence dans une ville qui ne ralentit jamais. Il adopte alors le nom JON156, en hommage à son prénom et à la rue de son enfance, et plonge dans les tunnels et les dépôts du métro newyorkais.
Dès ses débuts, JonOne se distingue par une approche instinctive et téméraire. Alors que le graffiti explose dans toute la ville au début des années 1980, son style évolue vers l'abstraction: il abandonne les contours rigides pour privilégier des couleurs éclatantes, le mouvement et la spontanéité du. En 1984, avec ses pairs RAC7 et KYLE, il cofonde le collectif 156 All Starz, qui passe rapidement d'un groupe local à une communauté internationale. Pourtant, cette même intensité qui alimente son ascension menace aussi de le consumer. Au milieu des années 1980, le rythme effréné de New York accule le jeune artiste.
Un tournant décisif survient en 1987, lorsque le graffeur français Philippe "BANDO" Lehmann remarque son travail et l'invite à Paris. Ce déménagement s'avère transformateur. À un moment où le graffiti européen gagne en légitimité culturelle et évolue vers ce qui deviendra le street art, JonOne y trouve une nouvelle liberté. Ses cinq premières années à l'Hôpital Éphémère, suivies de résidences dans des squats parisiens et des communautés d'artistes, lui permettent d'étendre sa pratique au-delà des murs et des trains. Sans renier ses racines, il commence à transposer l'énergie brute du graffiti sur toile.
Aujourd'hui, l'oeuvre de JonOne canalise l'esprit des fresques murales en des toiles densément stratifiées, véritables palimpsestes de mouvement, de mémoire et d'expérience vécue. S'inspirant de l'action painting et de l'expressionnisme abstrait, il s'immerge physiquement dans l'acte de création: il marche sur les toiles, projette la peinture, superpose couleurs et matériaux en des compositions qui semblent à la fois explosives et maîtrisées. Comme Pollock avant lui, le geste est tout: chaque coup de pinceau porte en lui vitesse, rythme et intention. De son parcours, des rames de métro new-yorkaises aux galeries parisiennes et aux institutions du monde entier, JonOne a connu une trajectoire fulgurante et ininterrompue, propulsée par des accélérations et des réinventions constantes.
Reconnu mondialement depuis les années 2000, il a exposé à travers l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique. Artiste aux milliards de tags, il absorbe le monde qui l'entoure et le restitue dans son oeuvre, créant des ponts visuels et de nouveaux dialogues avec le spectateur. Bien que sa pratique continue d'évoluer, l'essentiel reste inchangé un geste vif, brut et authentique, porteur de la vitalité et de la force de la rue. Depuis le premier jour jusqu'à aujourd'hui, voici l'art, et l'histoire, de JonOne.

ZEPHYR
Venom, 1981
Peinture aérosol sur quatre panneaux métalliques
Réalisée pour l'exposition New York/New Wave, P.S.1/Painted for the NEW WAVE show at PS1, Long Island City, NY, 1981 240 x 240 cm
Collection of: Ghost Galerie
Study for Venom, 1981
Marqueurs aux solvants sur papier
Né en 1961 à New York ZEPHYR commence à 12 ans à marquer les murs dans son quartier de Yorkville, à Manhattan. En 1976, il adopte le pseudonyme Zephyr, inspiré par ses idoles du skateboard, les Z-Boys de Santa Monica, en Californie. La même année, il rencontre d'autres jeunes livrés à eux-mêmes dans une aire de jeux de Central Park. Sous l'impulsion de Charles Harmon, alias BIL-ROCK, ils fondent le crew de graffiti The Rolling Thunder Writers. À seize ans (en 1977), ZEPHYR quitte le foyer familial et entame un périple nomade qui le mène à huit années ininterrompues de peinture dans le métro
ZEPHYR est le premier artiste de graffiti à prêter son talent à une campagne publicitaire (Ketchum Public Relations, 1979). Il fait également partie de la première vague d'artistes de graffiti à investir les galeries. Membre fondateur de la légendaire Fun Gallery de New York (1981-1985), il y expose aux côtés de Keith Haring et Jean-Michel Basquiat. Son influence sur la culture est immense: The New York Times le surnomme "The Elder Statesman of Graffiti " (le doyen du graffiti).
En 1982, il conçoit le logo et le générique du film culte Wild Style, et en 1983, il apparaît dans le documentaire emblématique Style Wars. Il est l'auteur d'une biographie de Dondi White, Style Master General (Harper Collins, 2001), et a écrit des articles pour d'innombrables publications, abordant des sujets allant du tatouage au graffiti en passant par l'influence des entreprises dans le monde de l'art. ZEPHYR reste l'un des writers les plus actifs de sa génération, se concentrant principalement sur les trains de marchandises américains.

VICTOR ASH
Stalingrad, 2026
Acrylique sur toile
Né au Portugal en 1968, Victor Ash a grandi et étudié à Paris avant de s'installer au Danemark en 1995. Depuis 1991, il consacre sa vie à la pratique artistique et a fait de Copenhague son principal lieu de création depuis près de trois décennies.
Son œuvre se distingue par des compositions figuratives monumentales et monochromes, souvent réalisées pour des espaces publics. Ces images imposantes, où des figures solitaires se détachent en fort contraste, constituent l'essence même de son langage visuel. En parallèle de ces réalisations publiques, il développe une pratique studio exigeante, explorant la peinture sur toile, l'installation et divers projets multidisciplinaires.
Autodidacte, Ash a débuté son parcours artistique dans le Paris de la fin des années 1980. Son travail a rapidement retenu l'attention, lui ouvrant les portes d'une visibilité internationale dans les milieux institutionnels et les galeries. Sa démarche artistique puise dans son expérience personnelle, notamment dans le contraste entre les environnements ruraux et les milieux urbains denses, ainsi que dans son engagement de longue date avec les sous-cultures contemporaines.
Ces différentes influences trouvent leur expression la plus aboutie dans Astronaut Cosmonaut, une fresque murale majeure à Berlin. Cette œuvre emblématique transforme ses observations de la vie subculturelle en une réflexion universelle sur l'isolement, l'évasion et le désir de dépasser le quotidien. Implantée dans un contexte urbain chargé d'histoire, elle illustre parfaitement sa capacité à fusionner le lieu, la psychologie et l'ambiance sociale en une image puissante et intemporelle.
Au cours de sa carrière, Victor Ash a réalisé des projets muraux dans de nombreux pays et continue d'exposer à l'international. Son travail explore constamment la tension entre intimité et monumentalité, utilisant la figure humaine pour interroger le mouvement, le déplacement et le poids émotionnel de la vie urbaine contemporaine.

QUIK
Return From Holland, 1983
Peinture aérosol sur toile
274.3 x 182.9 cm (encadré/framed)
Né en 1958 à New York QUIK a peint son premier wagon en 1972 à la station 75e Avenue (lignes E et F, Queens). Il se fait connaître par sa série Talking Heads sur la ligne A du métro new-yorkais et ses wagons entiers signés FUKIN'QUIK et QUIK COUNTRY. Après près de dix ans de peinture intensive, il quitte IBM, déclarant : "Je détestais tout, sauf les femmes et le rock'n'roll."
Bien qu'ayant brièvement fréquenté une école d'art, son travail en atelier séduit rapidement les collectionneurs européens. Dans les années 1980, il traverse l'Atlantique une dizaine de fois par an. En Europe, son art, perçu comme héritier d'une tradition séculaire, est salué pour sa discipline et sa force expressive, comparable à celle des anciens maîtres. Cette reconnaissance en fait l'un des rares writers américains respectés à l'étranger. Dans les années 1990, il s'installe en Europe, où il devient un ambassadeur informel du mouvement.
Trouvant en Europe un engagement plus marqué pour l'égalité raciale et sociale, QUIK continue de dénoncer les inégalités de son pays à travers des expositions des deux côtés de l'Atlantique.

QUIK
Study for Return From Holland, 1983
Marqueurs aux solvants sur papier / Alcohol markers on paper

FAB 5 FREDDY
Soup Cans, 2022
Peinture sur toile
Né en 1959 à New York, artiste visuel, cinéaste et pionnier du hip-hop, FAB 5 FREDDY s'est imposé comme une figure majeure de la culture urbaine. Membre emblématique du collectif de graffiti new-yorkais The Fabulous 5, il attire l'attention internationale dès 1979: aux côtés de Lee Quiñones, il expose à la Galleria Medusa de Rome, sous le commissariat de Claudio Bruni, défenseur de l'art d'avant-garde. L'exposition y présente le graffiti comme "la forme d'art américaine la plus colorée et la plus pure depuis le Pop et l'Abstraction", marquant ainsi sa légitimation artistique.
De retour à New York, Freddy et Quiñones rendent un hommage audacieux à Andy Warhol en peignant d'immenses boîtes de soupe Campbell sur les wagons du métro. Leur première tentative, rapidement effacée, ne les décourage pas. Ils transforment un train de l'avenue Lexington en une œuvre itinérante, décorée de huit "saveurs" symboliques: Dada Soup, Pop Soup, Futurist Soup, Fabulous Soup (pour leur équipe), Fred Soup (pour FAB 5) et T.V. Soup (en référence à la TV Party de Glenn O'Brien). Ce projet, resté visible pendant des mois sans intervention de la Metropolitan Transit Authority, devient une icône du mouvement post-graffiti et symbolise le passage des artistes de rue des rames aux galeries, une transition que Freddy avait anticipée.
En juin 1980, un ancien établissement de la 41ème Rue (sutrefois salon de massage) accueille l'exposition culte Times Square Show, organisée par Collaborative Projects et Fashion Moda. Imprégnée de l'effervescence new-yorkaise, entre provocation, énergie brute et créativité urbaine, elle met en lumière une fresque murale extérieure signée FAB 5 FREDDY et LEE, ainsi qu'une installation des ceuvres de Freddy à l'intérieur C'est dans ce cadre qu'il évoque pour la première fois à Charlie Ahearn l'idée d'un film expérimental mélant graffiti, rap et breakdance, projet qui aboutira à la création du film référence Wild Style.
Son influence s'étend bien au-delà du graffiti: joue aux côtés de Lee et de Jean-Michel Basquiat dans New York Beat (Downtown 81) et apparaît dans le clip de Blondie, Rapture» (1981). 11 co-produit et interprète Wild Style, co-signe l'exposition fondatrice Beyond Words au Mudd Club, et présente Yo! MTV Raps, première émission de hip-hop diffusée à l'échelle mondiale.
Cinéaste, écrivain et médiateur culturel, FAB 5 FREDDY a consacré sa carrière à créer des ponts entre le graffiti, l'art contemporain et le hip-hop. Figure centrale de la scène downtown new-yorkaise, Il relie avec brio punk, graffiti et culture hip-hop, incarnant l'esprit transdisciplinaire de son époque

MARTHA COOPER
Lil' Crazy Legs During Shoot for Wild Style, Riverside Park, NY, 1983
Tiré en 2022 / Printed 2022
Tirage pigmentaire archive/Archival pigment print

MARTHA COOPER
Station 2. 1980
Tiré en 2022 / Printed 2022
76.2 x 50.8 cm
Tirage pigmentaire archive/Archival pigment print
Freshly Painted Wild Style Wall

MARTHA COOPER
Freshly Painted Wild Style Wall in Riverside Park, New York, NY, 1983
Tiré en 2022

MARTHA COOPER
FUTURA 2000 Whole Car "Break", 1980
Tiré en 2022 / Printed 2022
Tirage pigmentaire

MARTHA COOPER
SKEME and AGENT in the #3 Yard, 1982 Tiré en 2022/Printed 2022
Tirage pigmentaire archive/Archival
Né en 1943 à Baltimore, Martha Cooper a baigné dans l'univers de la photographie dès son plus jeune âge. Son père et son oncle tenaient un magasin familial d'appareils photo et elle accompagnait régulièrement son père lors des sorties organisées par le Baltimore Camera Club. C'est à seulement trois ans qu'elle réalise ses premières photographies avec un Kodak Baby Brownie.
En 1977, elle s'installe à New York, où elle travaille comme photographe pour le New York Post jusqu'en 1980. Pendant cette période, elle commence à documenter les graffeurs et les breakers, attirée par la vitalité et la capacité d'improvisation qui caractérise cette culture. Une rencontre fortuite en 1979 avec un jeune new-yorkais l'amène à faire la connaissance du légendaire DONDI, ce qui lui ouvre les portes de la scène émergente. Passionnée depuis longtemps par la photographie d'enfants en train de jouer, Cooper voit dans le graffiti une extension naturelle de l'expression créative dans l'espace public.
Ses photographies, publiées à l'international, sont devenues des images fondatrices de la cul-ture hip-hop naissante. En capturant les artistes au travail et dans leur environnement, ses clichés allient une sensibilité anthropologique et un regard d'artiste, mettant en lumière les réseaux sociaux et les contextes qui entourent cet art.
Son premier livre, Subway Art, coécrit avec Henry Chalfant, a été réédité à de nombreuses reprises et est souvent cité comme la "bible" du graffiti. Des décennies après sa première publication, il reste un des ouvrages intemporel les plus influents, documentant la naissance de ce mouvement mondial.

ΑΙΚΟ
Lets Go Bunny, 2026
Peinture aérosol sur toile
Née en 1975 à Tokyo, AIKO, également connue sous le nom de LADY AIΚΟ, est une artiste majeure des scènes internationales du graffiti, de l'art urbain et de l'art contemporain depuis plus de deux décennies. Son travail met en scène des personnages défiants, empreints d'humour et de douceur, mais dotés d'une détermination sans compromis. En investissant l'espace public, elle remet en question les récits dominants et affirme une présence marquée par le désir et la dissidence, transformant les murs des villes en territoires d'expression et de résistance.
Après avoir quitté Tokyo pour s'installer à New York au milieu des années 1990, AIKO a développé un langage visuel unique, influencé par la culture des clubs, le graffiti, la publicité, le Pop Art et les esthétiques traditionnelles japonaises. Son œuvre fusionne ces références avec le paysage urbain new-yorkais, donnant vie à des figures féminines fortes, qui allient confiance en soi et vulnérabilité. Au-delà de leur impact visuel, ses créations s'ancrent dans son expérience personnelle, puisant dans ses souvenirs d'enfance, ses relations vécues et une imagination romantique.
Après avoir travaillé dans l'atelier de Takashi Murakami à Brooklyn à la fin des années 1990 et cofondé le collectif d'art urbain FAILE au début des années 2000, AIKO entame une carrière solo en 2006. Elle est particulièrement reconnue pour son pochoir emblématique BUNNY, créé pour la première fois dans l'atelier de Banksy à Londres en 2005. Depuis, elle l'a déployé à l'échelle internationale. Grâce à un travail méticuleux de découpe de pochoirs, AIKO marie les traditions de l'art occidental avec la précision technique orientale. Ses œuvres, visuellement frappantes, transmettent des récits complexes d'amour, de sexualité, de quête de liberté et d'autonomie.

CRASH
Untitled, 2026
Acrylique sur métal/Acrylic on metal
Diamètre/diameter 76.2 cm
Né en 1961 à New York, CRASH peint, à seulement treize ans, son premier train, un sac de bombes Krylon à la main, dans les Mott Haven Houses du South Bronx. En 1981, à dix-neuf ans, il franchit une nouvelle étape: une carrière artistique complète s'amorce, entre reconnaissance internationale et représentation en galerie. Pourtant, il reste fidèle à la bombe aérosol, refusant d'adopter tubes et pinceaux.
Sans atelier au départ, ses premières toiles naissent sur le toit des Betances Projects, où il vit. Pas de calcul, mais une évidence: transposer sur toile ce que les writers faisaient déjà sur les métros.
En 1980, il organise l'exposition culte "Graffiti Art Success for America" à Fashion Moda, un tournant dans la légitimation du graffiti comme art contemporain. Quatre ans plus tard, il investit le Musée d'Art Moderne de Paris avec de grandes installations murales pour "5/5 Figuration Libre France/USA", y important le langage visuel du Bronx.
Que ce soit sur les trains ou en galerie, la lettre reste son fil conducteur. Le graffiti coule dans ses veines, et il n'a jamais cherché à s'en détacher. Ses toiles, comme ses wagons, vibrent de ce mouvement lyrique, de cette énergie brute et de cette vitesse que peu d'artistes savent capturer.
Avec plus de 300 expositions à travers le monde, CRASH demeure l'un des pionniers fondateurs du graffiti new-yorkais des années 1980. Des décennies après ses premières pièces sur les trains du Bronx, Il continue de peindre à la bombe, perpétuant dans son atelier l'immédiateté, les outils et l'esprit de ses racines souterraines.

PHILIP ANDELMAN
Beastie Boys, Paris, 2009
Né en 1977 en Taïlande, Philip Andelman entame sa carrière en photographie dès le lycée, en immortalisant les dernières tournées des Grateful Dead lors de sa dernière année.
Il se lance ensuite dans la réalisation de clips, dirigeant plus d'une centaine de projets pour des artistes tels que Beyoncé, Taylor Swift, Khruangbin et Travis Scott. En parallèle, il poursuit son travail photographique, capturant des moments de vie d'artistes comme Beastie Boys, Jack White et Jay-Z, aussi bien en tournée qu'en coulisses. Il a également publié trois mémoires photographiques sous son label Tripping With Phil.
"Lors d'un séjour dans le sud de la France en été 2009, où il devait photographier le mariage d'un ami, John Silva, le manager des Beastie Boys, m'a contacté pour me demander si j'étais intéressé à photographier le trio à Paris. Après avoir repris mes esprits, j'ai accepté et passé trois jours à leur faire découvrir mes endroits préférés de la ville de mon enfance, tout en prenant des photos sans arrêt. Des après-midis tranquilles à leur apprendre la pétanque au Palais-Royal aux soirées animées au Hemingway Bar, cette aventure a donné naissance aux images présentées ici, à une belle amitié, et même à mon mariage...!"

MISTER CARTOON
Float on, 2026
Peinture uréthane "Kandy" émaillée sur toile
Né en 1969 et élevé à Los Angeles, Mister CARTOON a été immergé dans l'art dès son plus jeune âge. Il entame sa carrière avec le graffiti avant de s'orienter vers les fresques murales, les pochettes de disques, les logos, et il est aujourd'hui surtout reconnu pour ses tatouages. Ses créations, d'une grande richesse de détails et toujours réalisées à la main, puisent une grande partie de leur inspiration dans le Los Angeles de sa jeunesse.
Le travail de CARTOON a contribué à combler l'écart entre les débuts difficiles de la reconnaissance de la culture de Los Angeles et la popularité actuelle de ce style. Grâce à son art du tatouage, il s'est forgé une renommée mondiale. Il a également su rassembler un public diversifié et dévoué pour ses travaux dans d'autres domaines. L'engagement communautaire a toujours été un aspect essentiel de la carrière de CARTOON, il participe activement à des programmes éducatifs, partage son savoir avec les jeunes et consacre du temps à de nombreuses initiatives locales.

GLEN E. FRIEDMAN
Beastie Boys, 1985
Photographiés à la radio KXLU sur le campus de l'université Loyola Marymount, Los Angeles, Californie /Shot at KXLU Radio on the campus of Loyola Marymount University, Los Angeles, California
Né en 1962, en Caroline du nord, photographe légendaire, Glen E. Friedman est l'un des témoins les plus influents des révolutions culturelles du skateboard, du punk et du hip-hop.
Ses clichés iconiques n'ont pas seulement immortalisé les figures emblématiques de ces mouvements, mais en sont devenus les archives visuelles définitives. Présent dès leurs balbutiements, il a su capturer l'intensité brute, l'urgence et l'esprit rebelle qui ont marqué toute une génération.
Son travail, plus engagé et provocateur que documentaire, a nourri une carrière prolifique. Publié pour la première fois à 14 ans en 1976, il a depuis contribué à des centaines de pages de magazines, conçu plus de 100 pochettes d'albums et écrit une douzaine de livres. Ses images, conservées dans les plus grandes institutions comme le Metropolitan Museum of Art (New York), la Morgan Library and Museum (New York) et le Smithsonian National Museum of American History (Washington D.C.) transcendent le simple témoignage pour devenir des symboles d'une époque.

BEASTIE BOYS
The Young Aborigines est un groupe hardcore et punk fondé à New York en 1979 par John Berry, Kate Schellenbach, Jeremy Shatan et Michael Diamond. Adam Yauch rejoint le groupe après le départ de Shatan en 1981, le quatuor est alors renommé Beastie Boys, un acronyme créé par Berry signifiant Boys Entering Anarchistic States Towards Inner Excellence (Garçons entrant dans des états anarchiques vers l'excellence intérieure). En 1982, Berry quitte le groupe, remplacé par Adam Horovitz, issu du groupe The Young and the Useless.
En 1983, le groupe connaît un premier succès underground avec la sortie de leur premier EP, Cooky Puss. Ce morceau est leur première œuvre à intégrer du rap et des samples musicaux. En 1984, Schellenbach quitte le groupe, et le trio restant composé de Mike D, Ad-Rock et MCA, continue à développer sa carrière musicale avec Rick Rubin, alias DJ Double R, avec qui ils sortent leurs premiers travaux sous le label nouvellement formé Def Jam Records. Après avoir eu l'opportunité d'assurer la première partie de Madonna lors de sa première tournée, l'engouement autour du groupe leur permet d'enregistrer un album complet produit par Rubin, intitulé Licensed to III. L'album et ses singles à succès atteignent la première place du Billboard 200, faisant de Licensed to III le premier album de rap à atteindre ce classement, ce qui propulse le groupe en tournée mondiale.
À la suite du succès phénoménal de Licensed to III, les Beastie Boys choisissent de prendre une nouvelle direction avec un nouveau label. En signant chez Capitol Records, le groupe obtient une liberté créative qui n'est plus dictée par leurs succès passés, ce qui leur permet de retrouver pleinement leur voie en tant qu'artistes. Bien que n'étant pas un succès commercial immédiat comme leur album précédent, leur deuxième album intitulé Paul's Boutique, produit avec The Dust Brothers, est considérée comme un chef-d'œuvre et leur ouvre une voie qui les ramène à leurs racines créatives pour la décennie suivante. De retour à leurs instruments et à leur amour pour l'art et le récit, le groupe sort Check Your Head et III Communication, deux albums également considérés comme des chefs-d'œuvre et célébrés par les fans et la critique pour leur immense créativité et leur singularité dans la culture. Viendront ensuite d'autres sorties respectées et couronnées de succès, comme Hello Nasty, To The 5 Boroughs et leur dernier album, Hot Sauce Committee Part 2.
Le 4 mai 2012, Adam Yauch décède des suites d'un cancer. Les membres restants, Michael Diamond et Adam Horovitz, décident naturellement que le groupe ne se produira plus sous le nom des Beastie Boys.
Leur héritage en tant qu'artistes, leur originalité et leurs contributions influentes, à travers des collaborations contemporaines avec des artistes comme Cey Adams, Eric Haze, Glen E. Friedman, Spike Jonze, Todd James et d'innombrables autres talents créatifs, continuent d'inspirer encore aujourd'hui.

BARRY MCGEE
Fongs Shop, 2026
et divers oeuvres
Né en 1966 à San Francisco, Barry McGee découvre le graffiti à dix-huit ans et, sous le pseudonyme TWIST, s'impose rapidement avec une imagerie brute et distinctive: hobos (S.D.F), bouteilles d'alcool, vis, qu'il peint sur les murs, les wagons de train et les recoins méconnus de San Francisco. Après avoir obtenu un BFA en peinture et gravure (printmaking) au San Francisco Art Institute en 1991, il commence à fusionner l'esthétique du street art avec les codes des beaux-arts, créant un dialogue entre deux univers alors peu perméables l'un à l'autre.
Considéré comme l'une des figures centrales de la Mission School, un collectif informel d'artistes émergé du Mission District à la fin des années 1990, Barry McGee incarne une approche artisanale, spontanée et DIY (do it yourself), en opposition frontale à la gentrification qui métamorphose alors le quartier. Son style, à la fois brut et poétique, puise son authenticité dans les marges de la ville.
Son motif emblématique, ce visage masculin aux paupières lourdes et tombantes, témoigne d'une profonde empathie pour les exclus et les invisibles. Au fil des années, il développe un langage visuel unique, mêlant motifs géométriques, symboles récurrents et sa fameuse "cluster method" (méthode d'accumulation), où les éléments se répondent en une composition organique. Il n'hésite pas à intégrer des matériaux bruts, bouteilles en verre, débris urbains, réinjectant littéralement la rue dans ses œuvres, comme pour en préserver l'âme.
Aujourd'hui, ses fresques monumentales et son archive méticuleuse de dessins et peintures continuent d'interroger les frontières entre espace public et espace privé, ainsi que la destination même de l'art à qui s'adresse-t-il ? Où doit-il exister? Ses cœuvres, entre mémoire collective et résistance culturelle, restent ancrées dans ces questions fondamentales


HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre
HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre

HUSK MIT NAVN
Divers oeuvres 2026
Acrylique sur papier et sur cadre
Né en 1975 au Danemark, Husk Mit Navn "Souviens-toi de mon nom" en danois, s'est imposé comme l'un des artistes les plus marquants et durables de Copenhague depuis vingt ans. Sa pratique, multidisciplinaire, englobe la peinture, le dessin, les fresques murales, l'installation, l'animation et le design de produits.
Dès neuf ans, en 1984, il découvre le graffiti grâce à des aînés de son école de banlieue qui taguent les couloirs. Immédiatement séduit, il y voit un langage visuel proche des dessins animés Disney: des contours noirs et des couleurs vives, une esthétique qui influence encore son travail aujourd'hui. Pourtant, il ne répète jamais ses personnages, refusant la répétition exacte, qu'il juge restrictive et chronophage.
Expérimentateur infatigable, il explore matériaux et techniques, refusant de se limiter à un seul médium. Cette approche se retrouve dans ses installations monumentales et ses espaces de dessin interactifs, conçus pour tous les publics. Ici, les frontières entre spectateur et artiste s'estompent: les visiteurs sont invités à dessiner, marquer, participer, transformant l'exposition en une œuvre collective en devenir.
Dans son atelier, son processus créatif part souvent de gestes simples déchirer, plier ou manipuler une feuille de papier pour en faire émerger des formes, un lit, un visage, un chewing-gum. Ces actions spontanées deviennent le point de départ d'environnements immersifs, où l'immédiateté et le jeu priment.
Pour HuskMitNavn, l'essentiel réside dans l'observation attentive et l'attention portée au quotidien. II laisse la curiosité, plutôt qu'un plan préétabli, guider son travail au fil de son évolution.

OZZIE JUAREZ
Where Butterflies Listen (A Beautiful Place to Cry), 2026 Acrylique sur métal / Acrylic on metal 152.4 x 182.9

OZZIE JUAREZ
Spring Time on Borrowed Time (Ducky), 2026 Acrylique sur métal / Acrylic on metal 152.4 x 182.9 cm
Artiste multidisciplinaire d'origine mexicaine, Ozzie Juarez, né en 1991 en Californie, grandit à Compton dans les années 1990, dans un contexte marqué par les gangs et l'épidémie de crack. Dès son plus jeune âge, il travaille avec sa famille dans les marchés aux puces, comme l'Alameda Swap Meet, où il acquiert un sens aigu des affaires et une discipline rigoureuse. C'est là qu'il commence à vendre ses premiers dessins et objets, jetant les bases de sa future carrière artistique.
Aujourd'hui, son œuvre, qui englobe peinture, sculpture et installations, réinterprète artefacts, langues et récits, en mêlant traditions ancestrales et modernité. Nourri par l'art urbain non autorisé et le paysage visuel de Los Angeles, il explore les mémoires individuelles et collectives, transformant l'héritage culturel en une réflexion sociale engagée. Son expérience de peintre de décors à Disneyland a aiguisé son regard sur les stéréotypes culturels et les identités partagées, qu'il questionne à travers des symboles forts et évocateurs.

TIMOTHY CURTIS
Structure of a Flower No. 1, 2026
Aquarelle, pastel gras sur papier / Watercolor, wax crayon on paper
27 x 21 cm

TIMOTHY CURTIS
Flower Devour (Blue Fontaine: The International Wiz Kid), 2026 Huile, acrylique, pastel gras, graphite, grenat sur toile /

TIMOTHY CURTIS
Le Grand Jardin, 2026
Huile, acrylique, pastel gras, graphite, grenat sur toile /Oil, acrylic, wax pastel, graphite, garnet on canvas
Né en 1982 à Philadelphie, Timothy Curtis est un artiste autodidacte qui vit et travaille à New York. Il a découvert l'art dès son plus jeune âge à travers le graffiti dans les rues de sa ville natale, non loin de certains des premiers graffitis américains. Plus tard, durant un séjour de sept ans et demi en prison, il s'est immergé dans l'étude de l'histoire de l'art, du dessin et de la peinture. À sa sortie, il avait développé une vision artistique complète et un style distinctif qui lui ont permis d'établir une pratique de studio rigoureuse.
Ancien graffeur talentueux à l'adolescence, cette forme d'art continue d'influencer sa pratique actuelle. Si son utilisation graphique des lignes et des couleurs vives peut sembler décorative et esthétiquement joyeuse, il y a bien plus en profondeur. Son travail s'inscrit dans la continui-té naturelle d'une riche tradition artistique de sa région natale.
Curtis a présenté ses œuvres en solo à Tokyo, New York, Berlin et Paris. En 2019, il a participé à l'exposition collective The Pencil Is a Key: Drawings by Incarcerated Artists au Drawing Center de New York. Ses œuvres ont été incluses dans l'exposition Negotiating Grids à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts en 2022 et dans Beyond the Streets London à la Saatchi Gallery en 2023. En 2024, son travail a été présenté dans The Echo of Picasso au Museo Picasso Málaga en Espagne. Plus récemment, il a présenté son exposition solo Face to the Sun à la galerie Almine Rech à New York.

TODD JAMES
Art fortress
Divers oeuvres / Various works, 2019-2026 Boîtes lumineuses et œuvres sur papier /Light boxes and works on paper

TODD JAMES
Art Fortress
Divers oeuvres / Various works, 2019-2026 Boîtes lumineuses et œuvres sur papier /Light boxes and works on paper
Né en 1969 à New York, Todd James commence à peindre dans le métro new-yorkais au début des années 1980 sous le pseudonyme REAS. Grâce à cette pratique précoce du graffiti, il développe très jeune une maîtrise de l'exécution à grande échelle et une capacité à relever les défis de conception pratique. Sa carrière ultérieure relie graffiti, art commercial et beaux-arts, son travail se caractérisant par un trait sûr et brut, des couleurs saturées, des compositions rigoureuses, un goût pour l'absurde et un engagement avec des thèmes ancrés dans la réalité.
James élabore un langage visuel distinctif, inspiré par la fantasy, les dessins animés, les femmes et la guerre. Cette approche se transpose naturellement dans son travail commercial, notamment pour des pochettes d'albums et des créations graphiques pour des artistes comme Iggy Pop et Beastie Boys.
En 1999, il entre dans le monde de l'art contemporain en co-créant l'exposition Street Market à l'Institute of Contemporary Art de Philadelphie. Le projet est ensuite étendu chez Deitch Projects à New York et sélectionné pour la Biennale de Venise en 2001. Depuis, ses peintures et installations sont largement exposées dans les galeries et musées les plus prestigieux à l'international.
Art Fortress est à la fois une installation artistique extérieure et intérieure. Son enveloppe extérieure est recouverte d'une grille multicolore de boîtes lumineuses en plexiglas, un collage de hiéroglyphes dessinés qui attire les spectateurs et les submerge de thématiques telles que la magie, le psychédélisme, la gestuelle, l'esthétique stoner et l'évasion des jeux de rôle. Pour le visiteur, elle incarne une porte d'entrée aux couleurs de bonbons s'ouvrant vers une saturation d'informations.
À l'intérieur, le temps semble ralentir. Une petite galerie en cube blanc présente un ensemble de dessins à l'encre, petits et moyens formats, unifiés en un seul corps cohérent. Ce mur fonctionne comme un sanctuaire: un remix des icônes de l'art et de la culture new-yorkaise des années 1970 et 1980, reflétant des influences fondatrices et une histoire personnelle. Le mur opposé accueille un grand dessin à l'encre représentant des machines de guerre aux allures de cartoons dans une bataille épique pleine de détails.
Alors que l'intérieur de la Forteresse met en avant les questions de l'intimité, de l'artisanat et de l'intervention de la main humaine, l'extérieur vibre de formes graphiques plates et colorées, vibrantes de lumière. Parfois, les choses sont de l'ordre du privé, et parfois, il n'y a nulle part où se cacher.

ERIC HAZE
Crown loon 8, 2006
Acrylique sur tos/Acrylic on canvas
76.276.2 cm

Eric HAZE
Crown Joon A, 2008
Acrylique sur toe/Acrylic on canv
76.2 x 76.2 cm
Né en 1961, originaire de New York, Eric HAZE a marqué le graffiti, l'art contemporain et le design graphique depuis plus de quarante ans. Figure fondatrice du collectif The Soul Artists, il expose dès 1974 et côtoie, dans les années 1980, des artistes emblématiques comme Keith Haring et Jean-Michel Basquiat.
Au fil des décennies, HAZE a repoussé les limites de la création en explorant divers médias. Dans les années 1980, il se tourne vers le design graphique et devient un acteur clé du mouvement hip-hop, concevant des logos et pochettes d'albums cultes pour des artistes majeurs. Au début des années 1990, il lance sa propre marque de streetwear, toujours influente grâce à des collaborations artistiques et des éditions limitées.
Depuis les années 2000, HAZE renoue avec la peinture et le dessin, exposant à New York, Los Angeles, Hong Kong, Tokyo et Paris. Son œuvre récente, inspirée de courants artistiques historiques, meile icones, symboles et lignes entrelacées pour créer un langage visuel universel et profondément personnel

ANDRÉ SARAIVA
Street Sign Mr. A (2)
Peinture émaillée sur métal / Enamel paint on metal
150 x 90

ANDRÉ SARAIVA
Street Sign Mr. A (1)
Peinture émaillée sur métal / Enamel paint on metal 150 x 90 cm
Né en 1971, à Upsala, André Saraiva est un artiste parisien d'origine suédoise, surtout connu pour son alter ego graffiti, le bonhomme filiforme coiffé d'un haut-de-forme, Monsieur A. Né en 1971 à Uppsala, en Suède, et ayant grandi à Paris, André a commencé à taguer les murs de son quartier à la fin des années 1980. Au début des années 1990, il introduit Mr. A dans sa pratique du graffiti, marquant un moment significatif dans l'histoire de l'art urbain étant l'un des premiers artistes à remplacer le tag traditionnel par un personnage récurrent. Il est rapidement devenu l'un des artistes de rue les plus actifs de Paris. Depuis sa création, Monsieur A a été peint plus de 300 000 fois sur six continents.
Passant des rues aux galeries et aux musées, ainsi qu'à des collaborations au long cours avec des marques de renommée internationale, le travail d'André a été exposé dans des institutions d'art contemporain du monde entier, notamment une installation murale à grande échelle de murs carrelés à Lisbonne, commandée par la ville et couvrant plus de 930 mètres carrés. Préférant le dessin à la peinture traditionnelle sur toile, André travaille souvent sur des morceaux de papier, dans des carnets ou sur des panneaux trouvés. Sa série d'affiches Dream Concerts, des publicités fictives pour des performances de stars qui n'ont jamais eu lieu, est apparue dans les rues de villes comme Paris, New York, Londres et Los Angeles.
Parallèlement à sa pratique artistique, André a développé une carrière de directeur créatif et d'entrepreneur, fondant et curatant des projets influents dans l'hôtellerie et la vie nocturne, tels que Le Baron et le groupe Hotel Amour. Malgré ces diverses activités, le graffiti reste au cœur de son travail; André considère chaque projet comme faisant partie d'une pratique artistique continue, unifiée par l'esprit irrévérencieux incarné par Mr..

GORDON MATTA CLARK
INTERSECTION CONIQUE
Gordon Matta-Clark entretenait un lien profond avec Paris, ville où vivait son père, le peintre surréaliste Roberto Matta, ainsi que sa belle-mère, Malitte Matta. Après avoir transformé le Pier 52 de New York en une installation architecturale monumentale intitulée Day's End durant l'été 1975, il fuit précipitamment vers la capitale française pour échapper à un mandat d'arrêt émis après l'intervention musclée de la police lors de l'inauguration de son œuvre.
Invité à participer à la 9e Biennale de Paris, il crée Conical Intersect dans le quartier des Halles, alors en pleine mutation sous l'effet d'une rénovation urbaine massive et controversée. Cette cœuvre éphémère consiste en une découpe conique pratiquée à travers deux bâtiments du XVIIe siècle, condamnés à la démolition pour faire place au futur Centre Georges Pompidou. Ces édifices, que Matta-Clark décrivait comme "ce vieux couple", derniers vestiges d'un quartier historique en vole de disparition, symbolisalent le Paris médiéval et prérévolutionnaire que les travaux d'amélioration" du Plateau Beaubourg étaient en train d'effacer. Ancien coeur commercial de la ville depuis le Moyen Age, surnommé le "ventre de Paris", le quartier des Halles cristallisait les tensions autour de cette transformation radicale. L'artiste se retrouva d'ailleurs critiqué par l'ensemble du spectre politique pour sa participation à ce projet de rénovation qu'll dénonçait simultanément.
L'œuvre prend la forme d'une découpe géométrique Inspirée de Line Describing A Cone (1973) d'Anthony McCall. Matta-Clark la conçoit comme un "Son et Lumière non monumental", une expérience à la fois architecturale et performative. La forme conique agit comme une lentille optique reliant trois temporalités: le futur incarné par le Centre Pompidou en construction, le passé représenté par les bâtiments découpés, et le présent capturé dans l'agitation quotidienne de la rue. Cette intervention peut être interprétée comme une couvre para-cinématographique où l'espace devient le support d'une narration visuelle.
Le film Conical Intersect (1975) documente les différentes phases de ce projet audacieux: une ouverture circulaire est d'abord découpée dans un mur de maçonnerie donnant sur la rue, puis un cône est creusé en diagonale à travers les étages, perçant finalement le toit. Les bâtiments furent détruits immédiatement après la réalisation de l'œuvre, n'offrant qu'une journée au public pour découvrir cette création éphémère avant sa disparition définitive. Cette brève existence renforce le caractère poétique et politique de l'œuvre, faisant de Conical Intersect une métaphore puissante de la transformation brutale de la ville et de la fragilité de la mémoire.

INVADER
CAMO XL-4C-M1, 2026
Invader, Artiste Vivant Non Identifié (A.V.N.I.), est connu pour les mosaïques pixelisées qu'il installe à travers le monde depuis 1998. Toujours masqué, l'artiste anonyme s'est choisi un pseudonyme qui est le reflet de sa pratique artistique: envahir notre espace et notre quotidien avec son art viral. Il a œuvré dans plus de 180 villes à travers le monde jusqu'à la Station spatiale internationale. Parallèlement à sa pratique urbaine, son travail a été présenté dans de nombreuses galeries et musées.
CAMO XL-4C-M1 fait partie de la série "Camouflages" qu'Invader développe depuis 2023. Dans cette série, l'artiste s'approprie et détourne les camouflages militaires en les pixelisant et en y intégrant ses emblématiques space invaders. Ce geste résonne avec sa pratique artistique qui consiste à camoufler ses œuvres dans le paysage urbain

MARIPOL
Sade "In The Loft", 1983 NYC
Archival pigment print on Canson Premium paper
Framed with UV plexi
115.6 x 135.9 cm (Encadré/ Framed)
Grace Jones, 1982 - NYC
Tirage pigmentaire archive sur papier Canson premium/Archival pigment print on Canson premium paper Encadré sous plexi anti-UV/Framed with UV UV plexi
102.9 121.9 cm (Encadré/Framed)

MARIPOL
Debi M, Keith, Jacqueline & Tereza, NY Eve, 1990 - NYC
Tirage pigmentaire archive sur papier Hahnemühle Archival pigment print on Hahnemühle paper En
Enc 55.0 sous plexi anti-UV/Framed with UV plexi cm (Encadré/ Framed)
FUTURA 2000 "Baseball Hats", 1981 - NYC
En 1976, Maripol se rend pour la première fois à New York, alors qu'elle est étudiante en France, à l'École des Beaux-Arts de Nantes. Attirée par la ville après avoir découvert un livre fondateur sur le graffiti, elle commence à travailler comme designer et directrice artistique, puis, en 1977, elle se met à prendre des photographies Polaroid SX-70.
Au fil des années, elle immortalise les musiciens, les pop stars et les figures qui ont marqué l'époque, constituant ainsi une archive visuelle de la culture underground new-yorkaise. Elle lance également sa propre ligne de bijoux et d'accessoires, créant des pièces emblématiques qui deviendront incontournables dans la culture des clubs.
Maripol a été qualifiée de "gardienne de la culture des clubs des années 80". Moins d'un an après son arrivée à New York, Fiorucci l'engage, et elle accède rapidement au poste de directrice artistique.
Ses premiers travaux se concentrent sur les personnalités fréquentant les clubs légendaires de la ville, et, dès 1979, elle commence à documenter un groupe d'artistes émergents dans les domaines du graffiti et des arts visuels.
Maripol coproduit également un long-métrage, Downtown 81, devenu depuis un classique culte.
En 1982, elle commence à habiller Madonna, créant des accessoires et des looks qui définissent les premiers clips et les visuels d'albums.
En 2013, elle réalise un documentaire, The Message, sur l'artiste Keith Haring. Aujourd'hui, Maripol continue de photographier et de travailler à la croisée de l'art, de la musique et de la mode.

RIME
All Is From, 2021
Acrylique, peinture aérosol et marqueur à base d'huile sur toile
Né en 1979 à New York, RIME, également connu sous le nom de Jersey Joe, est un artiste américain ancré dans la tradition du graffiti. Il a commencé sa pratique du graffiti en 1991 à Staten Island, s'étendant progressivement à travers New York, et en 1995, dans le New Jersey. En 2003, il a effectué son premier voyage international en Europe, voyageant pendant deux mois et gagnant en reconnaissance sous les noms de RIME et Jersey Joe. À son retour aux États-Unis, il a commencé à exposer dans des galeries et à créer des œuvres d'art public ambitieuses aux côtés de son partenaire de peinture, Setup.
RIME aborde ses peintures comme un journal visuel, capturant sa quête quotidienne de l'essentiel. Débordant d'énergie, son univers fusionne la couleur, le mouvement et la lumière, peuplé d'un lexique personnel de créatures inspirées des dessins animés, de symboles et de détails complexes.
Son style combine des couleurs audacieuses, des formes dynamiques et une abondance de détails. Dans ses compositions vives, il canalise une intensité contrôlée, équilibrant ce qui pourrait sembler être une énergie chaotique avec une maîtrise minutieuse de la ligne et du pinceau. II incorpore son vocabulaire unique d'animaux et de personnages imaginaires, les arrangeant comme des hiéroglyphes ou une écriture stylisée sur la toile. Ses peintures en deux dimensions semblent bondir du mur, animées par des lignes fluides, des formes structurées et des compositions lumineuses. Remplies de symboles, de figures et de récits cachés, chaque pièce récompense une observation attentive, révélant des fragments historiques et des couches de sens au fil du temps

PAUL INSECT
Some Day It Will Come True, 2026
Acrylique et gesso sur lin brut/Acrylic and gesso on raw linen Cadre en aluminium/Aluminium frame 60 x 60 x 4 cm

PAUL INSECT
Lost Over There, 2026
Acrylique et gesso sur lin brut/Acrylic and gesso on raw linen Cadre en aluminium/Aluminium frame
260 x 180 x 4 cm

PAUL INSECT
Prismatic View, 2026
Acrylique et gesso sur lin brut/Acrylic and gesso Cadre en aluminium/Aluminium frame aw linen
Né en 1971, Paul Insect est un artiste londonien dont la pratique a émergé de la scène street art de la ville dans les années 1990. Travaillant en étroite collaboration avec Pictures on Walls, un collectif informel d'artistes, de graffeurs et d'illustrateurs marginalisés par les influenceurs dominants de l'époque, il a participé à l'émergence d'un nouveau langage visuel ancré dans la production DIY, la gravure, le collage et l'utilisation de matériaux récupérés.
Insect est surtout connu pour ses peintures, qui prennent souvent la forme de portraits graphiques ou abstraits. Les visages y sont masqués, fragmentés ou partiellement obscurcis, créant des images qui résistent à une identité fixe. Cette stratégie récurrente reflète l'anonymat de l'artiste luimême et une exploration continue de la dualité entre projection publique et intimité. Le masquage fonctionne ici non pas comme une absence, mais comme une caractéristique essentielle de l'identité contemporaine.
Un moment charnière de sa carrière est survenu à la fin des années 2000 avec un projet solo à Londres qui a considérablement accru sa visibilité dans le champ de l'art contemporain. Depuis, son travail a été présenté à l'international et mis en avant dans de nombreux contextes collaboratifs et curatoriaux majeurs, faisant le pont entre la culture de rue et les espaces d'exposition institutionnels.
La collaboration reste au coeur de la pratique d'insect. Son partenariat de longue date avec l'artiste de rue américain Bäst (RIP) a produit des œuvres urbaines fusionnant collage, frag-ments de culture pop et une fascination partagée pour les marionnettes et l'humour noir. Au-delà des arts visuels, il entretient une relation créative durable avec le musicien DJ Shadow, concevant des éléments scénographiques qul brouillent les frontières entre musique, performance et art visuel.
Parallèlement à la peinture, Insect a réalisé des œuvres publiques à grande échelle et des installations mettant l'accent sur le processus, l'improvisation et le jeu. Ses projets utilisant des marionnettes artisanales, des matériaux de récupération et des éléments participatifs réaffirment l'éthique DIY sous-jacente à sa pratique tout en l'étendant à des formes performatives et spatiales.
Quelles que soient ses formes d'expression, le travail de Paul Insect combine humour et critique pour explorer l'identité, la visibilité et la nature construite des images. Il continue de placer ses œuvres dans la rue, avec des projets récents s'engageant directement avec l'effacement et le buffing des graffitis, utilisant cette suppression elle-même comme matériau et sujet.
KENNY SCHARF
Tondo paintings, 2019-2026

KENNY SCHARF
Détail
Peinture sérosol sur toile
Né en 1958 à Los Angeles, Kenny Scharf a grandi dans les banlieues ensoleillées et tranquilles de la San Fernando Valley, au nord de Los Angeles, avant de s'installer à New York à la fin des années 1970 pour étudier à la School of Visual Arts. Il y partage un appartement avec Keith Haring et se retrouve rapidement au coeur du mouvement artistique de l'East Village des années 1980. La scène downtown de l'époque, héritière turbulente du Pop Art, puisait son énergie dans le mélange frénétique des rues new-yorkaises et de l'effervescence des clubs. Dans ce contexte chaotique, Scharf s'impose comme un peintre au style unique, entre rue et galerie, avec une esthétique qui n'est ni naïve ni académique, mëlant culture populaire et culture savante, suscitant à la fois fascination et critiques. Bien qu'on l'associe souvent à l'art de rue, il n'a jamais vraiment revendiqué cette appellation.
Aujourd'hui, Kenny Scharf poursuit son travail à travers le collage, la sculpture, la peinture et la performance.

RISK
Chromatic Destruction, 2026
Acrylique, peinture aérosol et marqueur sur toile /Acrylic, aerosol & marker on canvas 142.2 x 210.8 cm

RISK
Urban Camouflage
Acrylique, peinture aérosol, peinture automobile Kandy, paillettes
et résine de planche de surf sur tissu métallique et collage de plaques d'immatriculation / Acrylic, aerosol, kandy car paint, flake & surfboard resin on "metallic tissue" collage of license plates

RISK
Shattered Symphony, 2026
Acrylique, peinture aérosol et marqueur sur toile /Acrylic, aerosol & marker on canvas 142.2 x 210.8 cm
Né en 1967 à la Nouvelle Orleans, RISK a joué un rôle clé depuis 40 ans dans la transformation du graffiti qui est passé d'une sous-culture marginale à un mouvement artistique mondial. Originaire de Los Angeles, il s'est imposé comme l'un des writers les plus visibles et audacieux de la ville en repoussant les limites de l'échelle, de l'emplacement et du langage visuel du graffiti du graffiti de l'Amérique de l'ouest
Audacieux et novateur, il a été parmi les premiers à investir des supports insolites et ultraexposés, tels que les bus, les trains de marchandises, les grands échangeurs et les autoroutes. Il a ainsi contribué à faire du graffiti une force culturelle majeure à Los Angeles. Il a aussi été le premier writer de la côte Ouest à peindre des trains à New York, créant un pont entre les deux scènes et renforçant un dialogue transcontinental au sein du mouvement.
Tout au long de sa carrière, RISK a su passer de la rue à l'atelier. Il a transposé l'énergie du graffiti dans un cadre artistique contemporain sans en trahir l'essence. Son travail, ancré dans la lettre, se réinvente toujours à travers un processus qu'il qualifie de <
Au-delà de sa pratique artistique, RISK s'est toujours engagé auprès des communautés. Il a collaboré avec des associations au profit de la jeunesse et de projets écologiques à travers le monde. Il a également participé à l'émergence du streetwear en fusionnant les univers du skateboard et du hip-hop à un moment charnière pour ces deux cultures.
Diplômé en beaux-arts de l'Université de Californie du Sud, il a exposé dans le monde entier et a reçu de nombreuses distinctions. En 2017, il a notamment été adoubé par la famille Médicis en devenant le premier artiste en quatre siècles autorisé à peindre dans l'atelier historique de MichelAnge. Cet événement représente un symbole fort de l'ascension du graffiti, des rues aux pages de l'histoire.

TIM CONLON
Various model trains, 2025-2026
Peinture aérosol émaillée et acrylique sur maquette de train
Né en 1974 en Virgnie, Tim Conlon est un artiste obsédé par les trains de fret et leurs couches de graffiti, qu'il immortalise dans des peintures monumentales, des fresques murales et des sculptures hyperréalistes. Ses toiles restituent avec une précision méticuleuse l'usure des wagons, les inscriptions des vagabonds, ces symboles codés laissés par les clochards itinérants, et les marques des ouvriers des chemins de fer. Son œuvre s'inscrit dans une tradition visuelle américaine qui a inspiré aussi bien la contre-culture beatnik que le graffiti moderne.
Son style combine le réalisme brut de l'Ashcan School, ce mouvement du début du XXe siècle connu pour ses représentations sans fard des bas-fonds urbains, des ouvriers et des scènes de rue, avec la rigueur géométrique des Precisionnistes. Ces derniers, peintres des années 1920-30, magnifiaient l'industrie avec une précision presque photographique. De cette fusion émerge une identité visuelle unique, où la rudesse du quotidien rencontre la précision mécanique.
Passionné par l'histoire ferroviaire, Conlon réactive dans ses œuvres les logos oubliés des compagnies ferroviaires, ces emblèmes qui, comme les tags, affirmaient une identité et une propriété. Ces symboles, souvent disparus, célèbrent un patrimoine graphique industriel aujourd'hui en voie d'effacement.
Ses maquettes de trains à l'échelle G (échelle 1:22,5), d'un réalisme saisissant, sont le fruit d'années passées à peindre sur de vrais wagons à Baltimore dans les années 1990. Chaque détail, rouille, chocs, graffitis superposés ou logos écaillés, est reproduit avec une exigence maniaque, grâce à des techniques mixtes et une quête obsessionnelle de l'authenticité

DELTA / BORIS TELLEGEN
Acrylique sur bois (8 couches) / Acrylic paint on 8 layers of wood
130 x 130 x 12 cm
Né en 1968 à Amsterdam, Boris Tellegen, plus connu sous le nom de DELTA, grandit à Amsterdam, où il commence à tagger les murs de la ville dès 1983. À cette époque, les tags amstellodamois, souvent proches de symboles runiques, forment son premier langage visuel, appris de manière informelle auprès de ses pairs. Ce n'est qu'ensuite qu'il découvre le graffiti new-yorkais et surtout, qu'il réalise que la bombe aérosol peut servir non seulement à écrire, mais aussi à construire, remplir et sculpter des formes.
Un tournant décisif survient en 1984, lorsqu'il visite New York à 16 ans et découvre les métros multicolores. Cette révélation le pousse, de retour aux Pays-Bas, à adopter le pseudonyme DELTA et à s'approprier la rue avec une ambition renouvelée.
Formé en architecture et design industriel à l'Université de technologie de Delft, Tellegen révolutionne le graffiti en brisant la planéité classique des lettres. Il y introduit profondeur, ingénierie et tridimensionnalité, transformant les formes typographiques en structures spatiales. À travers le collage, la sculpture, le dessin, la vidéo et l'installation, il explore "un semblant d'ordre défait par le chaos", poussant les limites de la surface et de l'espace. Là où le graffiti traditionnel reste plat, DELTA étend les lettres dans une dimension physique, invitant le spectateur à une expérience immersive à 360 degrés, où le sens émerge du mouvement et de la perspective.
Cette approche se cristallise dans ses œuvres sculpturales, où géométrie, équilibre et perception sont au cœur de la recherche. Ses structures modulaires, composées d'éléments rectilignes empilés dans une palette restreinte de tons primaires, évoquent à la fois des fragments architecturaux et des figures abstraites. Précises mais expressives, elles fonctionnent comme des signes de ponctuation tridimensionnels, entre rigueur et liberté.
À la croisée de l'architecture, de la peinture, de la sculpture et de l'installation, DELTA a redéfini le langage visuel du graffiti européen, l'amenant au-delà du mur, dans l'espace construit. Aujourd'hui encore, il poursuit cette exploration depuis Amsterdam, où il vit et travaille

JASON REVOK
Spiro_Sm_CBL/Blk/_OxBlood/FIR/P/O/Y_9/22, 2022
Polymère synthétique et peinture aérosol acrylique sur toile formée
Né en 1977 en Californie, autodidacte, Jason REVOK a d'abord marqué les rues par son audace créative. Bien que sa carrière ait débuté dans le graffiti, il s'est tourné depuis une décennie vers une pratique en atelier, où il intègre des éléments de la culture graffiti: matériaux bruts, outils industriels, ingéniosité, tout en explorant le minimalisme et l'abstraction post-picturale.
Son travail interroge l'autorité et les systèmes, à travers des outils systématiques mais volontairement imparfaits. Le résultat ? Des œuvres géométriques et équilibrées, où la rigueur des formes dialogue avec la trace humaine, toujours visible.

JASON REVOK
Spiro_Sm_CBL/Blk/_OxBlood/FIR/P/O/Y_9/22, 2022
KC ORTIZ
Midnight Dancer, 2026 Acrylique sur toile / Acrylic on canvas 120 x 150 cm
Né en 1978 à Chicago, KC Ortiz se lance dans le graffiti à douze ans, sur les toits et les trains de Chicago. Ce qui commence comme un acte de rébellion et d'affirmation de soi se transforme en un parcours complexe, marqué par la culture urbaine, l'incarcération, puis le photojournalisme d'investigation. Ces expériences fondatrices nourrissent toujours sa pratique artistique, ancrée dans le réel plutôt que dans l'abstraction.
À travers la peinture et les techniques mixtes, Ortiz explore les thèmes de la survie, de la préservation et de la résistance dans un monde en constante évolution sociale et technologique. Son travail interroge les déséquilibres politiques, les inégalités économiques, la désinformation et la prolifération des systèmes de contrôle. Il dissèque les mécanismes du pouvoir: sa répartition, ses dissimulations et ses modes d'exercice. Entre l'intime et le systémique, Ortiz interroge notre capacité à rester humains, éthiques et responsables, alors que les structures qui nous entourent se fragilisent et que les défis de demain se précisent.
Son expérience en photojournalisme d'investigation affûte la précision de son langage visuel. Des années à documenter des réalités méconnues et les rouages du pouvoir lui ont appris à décrypter les récits et leurs silences. Ce regard critique imprègne son art, qui défie les récits dominants et explore les mécanismes qui les perpétuent.
Dans sa pratique, Ortiz interroge les responsabilités, individuelles et collectives, soulevant des questions pressantes que faut-il préserver? Qu'est-ce qui disparaît ? Et que transmettons-nous aux générations futures ?
Il vit et travaille à Copenhague, au Danemark
CLEON PETERSON
Believe, 2024
Acrylique sur toile / Acrylic on canvas
61 x 81.3 x 2.5 cm
CLEON PETERSON
What Is Just, 2024
Acrylique sur toile / Acrylic on canvas
61 x 81.3 x 2.5 cm
CLEON PETERSON
Wake From Your Sleep, 2024
Acrylique sur toile / Acrylic on canvas
121.9 x 121.9 x 2.5 cm
Né en 1972 à Seattle, Cleon Peterson offre une vision crue et dépouillée de la société contemporaine, marquée par les conflits, les hiérarchies et les rapports de force. À travers la peinture, les fresques monumentales, la sculpture et les éditions imprimées, il développe un langage visuel épuré, peuplé de figures archétypales prises dans des cycles de domination sans fin, de soumission et de violence. Ses scènes ne racontent pas une histoire linéaire, mais fonctionnent comme des systèmes visuels qui révèlent comment le pouvoir s'exerce, se conteste et finit par s'imposer comme une norme.
Ses images, volontairement épurées de tout marqueur politique ou culturel identifiable, évitent les références à des idéologies ou à des événements précis. Ainsi, son travail aborde le conflit non pas comme crise passagère, mais comme condition permanente de l'humanité. Les personnages, réduits à leur essence, deviennent les symboles de dynamiques sociales universelles dans un monde façonné par la polarisation, l'exclusion et une lutte incessante, qu'elle soit physique, psychologique ou médiatisée.
Sa démarche s'inscrit dans la lignée d'un art socialement engagé, en dialogue avec des mouvements historiques comme le romantisme, l'expressionnisme ou la peinture politique d'après-guerre. Ces héritages se retrouvent dans son trait incisif, ses compositions à hauts contrastes et ses sujets provocants, qui exacerbent la tension et brouillent les frontières morales.
Peterson a transposé ce vocabulaire à une échelle monumentale, comme en témoigne sa fresque circulaire installée sous la Tour Eiffel à Paris, ou ses collaborations en design architectural, où son univers visuel investit des espaces publics et fonctionnels. Son œuvre, exposée internationalement et reprise dans des publications littéraires et éditoriales, dépasse le cadre de l'art pour s'inscrire dans un débat culturel plus large.
CONOR HARRINGTON
A New Generation at the Wheel, 2026 Huile et peinture aérosol sur lin / Oil and spray paint on linen
150 x 120 cm
Né à Cork, en Irlande, Conor Harrington interroge l'héritage du colonialisme, de l'impérialisme et des idéaux masculinistes qui les sous-tendent, ces systèmes de pouvoir archaïques dont l'ombre plane encore sur la vie contemporaine. S'inspirant des conventions de la peinture d'histoire et de la rhétorique visuelle du XVIIIe siècle, il réinterprète leurs langages symboliques pour révéler les mécanismes par lesquels l'autorité était mise en scène et sacralisée. Sous ses pinceaux, ces emblèmes du pouvoir deviennent des vestiges creux, des vêtements qui survivent aux corps et aux croyances qu'ils ornaient autrefois, vidés de toute conviction, mais hantant toujours le présent.
Harrington a commencé sa carrière comme artiste graffiti et reste profondément marqué par la culture hip-hop et l'énergie de la rue. Diplômé de la Limerick School of Art and Design en Irlande, il vit à Londres depuis deux décennies. Ses œuvres ont été exposées internationalement, notamment à la Saatchi Gallery, Londres; au Museum of Urban and Contemporary Art (MUCA), Munich; et au Southampton Arts Center, New York. Ses œuvres font partie de la collection publique du Museum of Urban and Contemporary Art (MUCA), Munich. Harrington vit et travaille à Londres.
SABER
In The Belly, 2026
Technique mixte sur toile / Mixed media on canvas
121 x 152.5 cm
Né en 1976 à Glendale (Californie), SABER grandit dans un environnement où l'art est omniprésent: sa mère, peintre talentueuse, lui transmet très tôt sa passion. Los Angeles, avec ses murs immenses et sa culture visuelle intense, devient son véritable terrain de jeu. Dès 13 ans, il expérimente la bombe aérosol, remplit des carnets de croquis et transpose ses idées dans les ruelles et couloirs de béton de la ville. Son talent précoce et son audace le distinguent rapidement dans la scène graffiti, où la pratique exige autant de courage que de créativité.
En 1997, il réalise une œuvre devenue légendaire : la fresque de la Los Angeles River, une peinture murale colossale de 75 mètres de long sur 16 de haut, peinte sur le lit de béton de la rivière. Ce projet titanesque, qui lui prend plus d'un an, est si imposant qu'il apparaît sur les images satellite est un acte de défi artistique qui attire l'attention mondiale et consacre SABER comme l'un des pionniers de sa génération.
Son travail, depuis toujours teinté d'un engagement social et politique, aborde des thèmes comme la pauvreté, les inégalités et la résistance individuelle. Ses œuvres évoquent souvent le côté sombre de Los Angeles: rues dangereuses, hélicoptères de police, incendies et, bien sûr, graffiti. En 2011, face à une ordonnance municipale visant à restreindre les fresques et tags, il organise une protestation spectaculaire en écrivant un message géant dans le ciel au-dessus de la ville. Ce coup d'éclat, largement médiatisé, relance le débat sur la place de l'art urbain dans l'espace public.
Artiste et défenseur acharné de la liberté créative, SABER n'a cessé de repousser les limites, remettant en question les normes et affirmant la valeur culturelle des œuvres nées en dehors des institutions traditionnelles.
ESTEVAN ORIOL
Tirage pigmentaire archive sur papier Canson Platine /Archival pigment print on Canson Platine Edition of 10
91.4 x 104.1 cm framed
ESTEVAN ORIOL
No Parking Nickerson Gardens, 2024
Tirage pigmentaire archive sur papier Canson Platine
Né en 1966 â Los Angeles, photographe, réalisateur et entrepreneur de renom, Estevan Oriol a façonné l'identité visuelle de Los Angeles depuis plus de vingt ans. Son parcours commence dans les clubs hollywoodiens, où il officie comme videur avant de devenir tour manager pour des groupes légendaires comme Cypress Hill et House of Pain. C'est dans cet univers qu'il découvre la photographie, encouragé par son père, Eriberto Oriol, photographe reconnu. Armé d'un appareil reflex, il immortalise la vie sur la route, saisissant artistes, musiciens et l'effervescence du hip-hop naissant avec un regard authentique et percutant.
En 1995, Oriol crée l'une de ses images les plus emblématiques, "L.A. Fingers" : une main parée de bagues, dont les ongles acérés forment les lettres Let A. Initialement rejetée par les magazines pour son association supposée aux gangs, cette photographie est aujourd'hui un symbole puissant de l'identité West Coast, célébrant la culture latina, vibranteet souvent méconnue. Desrassemblements lowrider aux coulisses des concerts des Red Hot Chili Peppers, Oriol documente sans relâche les rues, les visages et l'âme de L.A., transformant l'ordinaire en icônes intemporelles.
Ses clichés ne sont pas de simples images, mais des récits visuels qui capturent l'essence de Los Angeles. II met en lumière le hip-hop, la culture chicano et l'univers lowrider, où les voitures, surélevées par leurs suspensions hydrauliques et ornées de peintures flamboyantes, deviennent des symboles de fierté et de résistance. Fidèle à une approche tactile et analogique, Oriol a longtemps privilégié l'argentique, une pratique qu'il perpétue tant que la pellicule existe.
CHAZ BOJÓRQUEZ
Whisper, 2021
Acrylique et paillettes sur toile / Acrylic paint and glitter on canvas 229.87 x 182.88 x 10.16 cm
Né en 1949 à Los Angeles, Charles "CHAZ" Bojórquez entame son parcours artistique en 1963, à seulement quatorze ans, lorsqu'il rencontre Marcel Duchamp lors de cours de sculpture au Pasadena Pacific Asian Art Museum (Pasadena, Californie). Les encouragements du maître d'avant-garde marquent un tournant décisif dans sa formation. Adolescent, il suit pendant trois ans des cours de dessin industriel, envisageant alors une carrière en architecture.
En 1966, il participe à des ateliers d'été en sculpture et céramique à l'Universidad de Artes Plásticas (Guadalajara, Mexique). La même année, avant même d'obtenir son diplôme de lycée, il décroche une bourse en céramique au Chouinard Art Institute (Los Angeles, Californie, aujourd'hui CalArts). Diplômé en 1967, il poursuit ses études artistiques pendant un an au California State College (Los Angeles, Californie), avant de s'inscrire à plein temps à Chouinard, où il se consacre pendant trois ans à la céramique et à la peinture.
Durant cette période, il étudie également la calligraphie sous la direction du Maître Sun Chung Chiang, une influence qui l'amène à fusionner la rigueur spirituelle des traditions asiatiques avec l'énergie du lettrage Cholo et du graffiti, le tout exécuté avec une maîtrise technique exigeante. Considéré comme l'un des pionniers de l'ère moderne du graffiti et de l'art de rue, Bojórquez décrit son cœuvre comme une exploration permanente du langage, du symbolisme et des significations cachées dans la communication visuelle et textuelle. Son approche, à la croisée de l'abstraction et de l'expression urbaine, continue d'influencer les générations suivantes.
DEFER
Los Angeles and Beyond, 2026 Acrylique sur toile/Acrylic on canvas 152.4 x 228.6 cm
Né en 1975 à Los Angeles, DEFER crée des lettres oblitérées qui puisent leur essence dans le langage et les traditions de son quartier natal, Boyle Heights, à Los Angeles. Son travail naît d'un geste spontané et automatique, où chaque coup de pinceau semble transmettre des messages directement issus de l'inconscient. Depuis le milieu des années 1980, DEFER est une figure majeure de la scène du graffiti de L.A.
Dans un contexte marqué par les troubles civils, les tensions raciales, la brutalité policière et la violence des gangs des années 1980 et 1990, le tunnel de Belmont, un terrain vague abandonné dans le quartier de Toluca Lake, est devenu un laboratoire pour la culture émergente du graffiti de Los Angeles. Ce lieu, où se déroulaient des battles de graffiti et où les murs se couvraient d'œuvres, a forgé une génération d'artistes visionnaires, laissant une empreinte indélébile sur l'histoire du graffiti local.
L'art de DEFER incarne l'énergie brute de son éducation, capturant l'esprit sans concession du graffiti et le rythme pulsatif de la vie urbaine. A travers ce qu'll nomme le Langage Spirituel », il fusionne son identité artistique avec celle de la ville, donnant naissance à des abstractions gestuelles qui transcendent les techniques traditionnelles.
Sa pratique libère les lettres de leurs structures classiques, créant des compositions où l'élan du graffiti épouse une précision calligraphique. Le résultat est un équilibre puissant entre instinct et contrôle, entre chaos et harmonie.
Des messages cachés et des motifs complexes présents dans ses oeuvres brouillent la frontière entre art et street art et offrent une vision profondément personnelle du paysage urbain de Los Angeles.
Non identifié
DAMIEN HIRST
Penicillin G Potassium, 2011
Acrylique et peinture aérosol à base de solvants /Acrylic and solvent based spray paint on canvas
233.7 x 294.6 cm
(Point de 10,16 cm/4-inch spot)
Damien Hirst and Science Ltd.
All rights reserved, DACS/Artimage 2026
Artiste reconnu dans le monde entier, Damien Hirst est né à Bristol, au Royaume-Uni, en 1965. Il vit et travaille à Londres et dans le Gloucestershire. Tout au long de sa carrière, Hirst a exploré les relations complexes entre la beauté, la religion, la science, la vie et la mort.
Il attire l'attention du public pour la première fois en 1988, alors qu'il est encore étudiant à l'université Goldsmiths à Londres, en concevant et organisant l'exposition emblématique Freeze, présentée dans un entrepôt désaffecté des Docklands de Londres. Cet événement a marqué le début d'une génération d'artistes britanniques ayant profondément renouvelé l'art contemporain. Depuis 1987, Hirst a présenté plus de 90 expositions personnelles dans le monde entier et a participé à des centaines d'expositions de groupe.
En 2012, la Tate Modern de Londres lui consacre une grande rétrospective dans le cadre des Jeux culturels olympiques, confirmant son statut d'un des artistes les plus influents de sa génération. Ses œuvres sont exposées dans les plus grands musées et institutions culturelles, notamment le British Museum et le Victoria and Albert Museum à Londres, le Museum of Modern Art à New York, le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden à Washington, le Stedelijk Museum à Amsterdam, la Fondazione Prada à Milan, le Museo Jumex à Mexico ainsi que The Broad à Los Angeles, et figurent dans d'importantes collections publiques et privées à travers le monde.
Hirst a reçu le Turner Prize en 1995.
ED BRONER
Bon Jovi, 2022
Pastels gras et peinture aérosol sur toile /Oil sticks and spray on canvas 170 x 200 cm
ED BRONER
Nirvana, 2022
Pastels gras et peinture aérosol sur toile Oil sticks and spray on canvas
170 x 200 cm
Né a Paris, Ed Broner est un peintre et photographe parisien qui s'est d'abord imposé comme une figure active de la scène graffiti des années 1980. De cette expérience fondatrice, il a su extraire une énergie visuelle qu'il a transposée dans une pratique artistique contemporaine, à la croisée de la peinture, de la photographie et des médias numériques. Son approche, entre documentaire et introspection, donne à voir les subcultures urbaines tout en interrogeant les enjeux d'authenticité, de paternité artistique et les limites de plus en plus floues entre la culture underground et les institutions.
Établi à Berlin, Broner a développé des projets aux quatre coins du monde, de l'Inde au Cameroun en passant par l'Australie, où il a collaboré avec des artistes aborigènes pour créer des ponts entre les traditions visuelles occidentales et non occidentales. Avec Vagabondage (2018), un livre photographique immersif, il saisit l'âme nocturne de Berlin, ville qu'il représente comme un territoire en perpétuel mouvement, où les identités se redéfinissent sans cesse.
Ses œuvres ont été exposées internationalement. De 2020 à 2024, il a dirigé une galerie d'art contemporain à Miami. En parallèle de sa pratique en atelier, il a marqué l'histoire du graffiti en réalisant des vidéos cultes comme Sous Surveillance (1997) et Pirates (1999), où apparaissent des figures majeures telles que FUTURA 2000 et BLADE.
Son travail, nourri par une double posture d'acteur et d'observateur, interroge l'influence durable de la culture de rue sur l'art contemporain, tout en révélant les tensions d'une d'une contre-culture désormais absorbée par le mainstream.
FÁTIMA DE JUAN
Dinoboot 1, 2026
Céramique émaillée / Glazed ceramic Edition of 4 in varied colors. No. 1/4 25 x 28 x 13 cm
FÁTIMA DE JUAN
Nymphcore, 2026
Acrylique, aérographe et peinture aérosol sur cotton encadrement textile / Acrylic, airbrush and spray paint on cotton textile frame 150 x 200 cm
FÁTIMA DE JUAN
Justice, 2026
Acrylique, aérographe et peinture aérosol sur cotton encadrement textile / Acrylic, airbrush and spray paint on cotton textile frame 150 x 200 cm
Né en 1984 en Espagne, Fátima de Juan est une artiste majorquine dont la rencontre avec l'art a débuté à l'adolescence, à travers le graffiti, sous le pseudonyme XENA. Après des études en illustration à l'École des Arts et Métiers de Palma, elle se forme au design graphique à Madrid, affûtant un style où se mêlent audace et poésie.
La figure féminine occupe une place centrale dans son œuvre ses personnages, aux bras musclés et aux traits expressifs, alliant élégance déroutante, vulnérabilité et férocité. Son univers, profondément personnel, fusionne nature et exotisme, primitivisme et naïveté, érotisme et tropicalité, le tout baigné d'une touche de magie et de fantaisie. Ses compositions, aux couleurs éclatantes et aux textures veloutées, oscillent entre réalisme et onirisme, créant une atmosphère à la fois envoûtante et mystérieuse.
Dans ses autoportraits, objets ancestraux (fruits, cruches, pierres, épées) dialoguent avec des motifs urbains et futuristes, tissant un monde contrasté et rêveur. Entre tendresse et affirmation radicale, son art célèbre une féminité multiforme, à la fois tendre et indomptable.
FUZI
Blood Money, 2025
Technique mixte sur toile / Mixed media on canvas 96.5 x 47 cm
Devoration 3, 2025
Né en 1975 à Paris, artiste multidisciplinaire français, FUZI émerge dans les rues de Paris au milieu des années 1990, où il se distingue par un graffiti instinctif et rebelle, rejetant les conventions au profit de l'énergie brute et de la spontanéité. Son style, baptisé Ignorant Style, se caractérise par une esthétique délibérément non polie, inspirée du graffiti new-yorkais primitif, de l'art outsider et de l'urgence de la culture urbaine. Sans recherche de perfection technique, il marque les trains et métros européens avec une force expressive qui défie les normes.
Au milieu des années 2000, FUZI étend cette démarche au tatouage, y voyant un moyen de réinvestir l'intention artistique dans un domaine qu'il juge trop souvent soumis à la compétition et aux conventions. Dès 2007, il transpose son univers des murs à la peau, réinterprétant les motifs traditionnels des tatouages de marins à travers un prisme personnel et urbain. Refusant le cadre des studios, il transforme chaque séance en performance, travaillant dans des lieux marginaux, tunnels, toits, églises abandonnées, cours de triage, où l'environnement et le geste deviennent partie intégrante de l'œuvre.
D'abord accueillis avec scepticisme, ses "tatouages ignorants" séduisent rapidement les communautés underground avant de s'imposer comme un mouvement mondial, de New York à Berlin, en passant par Taipei et Sydney. Le tatouage n'est qu'une facette de sa pratique, qui englobe aussi la peinture, l'illustration, la photographie, la bande dessinée, l'édition et des retours ponctuels au graffiti.
FUZI a collaboré avec des figures culturelles majeures (Scarlett Johansson, Diplo, Justice, Kavinsky, Steve Lacy) et des emblématiques (Adidas, Timberland, Paris Saint-Germain), en tant qu'illustrateur, consultant et directeur artistique. Auteur de plusieurs livres, concepteur de pochettes d'albums, il lance en 2020 le premier podcast français dédié au graffiti, aujourd'hui référence dans le milieu. Son travail, exposé internationalement, a fait de lui le premier artiste français à bénéficier d'une exposition solo au Museum of Graffiti de Miami.
Aujourd'hui, FUZI vit et travaille entre Paris et Los Angeles et continue de développer une pratique définie par l'indépendance, l'expérimentation et un engagement indéfectible envers la liberté.
ZEVS
Big Oil Mobil, 2026 Techniques mixtes sur toile / Mixed media painting 320 x 200
Né en 1977 à Saverne, artiste français reconnu pour ses interventions percutantes dans l'espace public et son regard critique sur la culture de consommation, ZEVS vit et travaille à Paris.
Son parcours artistique débute dans les années 1990 dans les rues de Paris, où il s'exprime d'abord sous divers pseudonymes comme The Shadow Flasher ou The Serial Ad Killer. Le nom "ZEVS" (à prononcer "Zeus") trouve son origine dans un incident marquant: en 1992, un train a failli le heurter alors qu'il taguait. Figure majeure de l'art urbain contemporain français, il émerge aux côtés d'artistes comme André et Invader.
C'est cependant sa technique de Liquidation qui le rend particulièrement célèbre. Cette approche distinctive, appliquée aussi bien au graffiti qu'à la toile ou à la performance, consiste à représenter des images familières, logos d'entreprises et icônes culturelles, comme si elles fondaient ou s'écoulaient, révélant ainsi leur fragilité sous une apparente permanence. Une critique acerbe de l'emprise des marques, des médias de masse et de la culture du divertissement.
L'œuvre de ZEVS circule avec fluidité entre la rue et la galerie, s'emparant des signaux urbains et des images commerciales pour brouiller les frontières entre espace public, art et consumérisme. Parmi ses projets les plus marquants, on compte l'enlèvement mis en scène d'une figure publicitaire, son arrestation après avoir peint un logo Chanel liquéfié sur la façade d'un magasin Giorgio Armani à Hong Kong en 2009, ou encore la série Visual Violations où il masquait les visages de figures emblématiques comme Marilyn Monroe ou Jim Morrison.
À travers ces actes de distorsion, d'effacement et de métamorphose, ZEVS révèle la vulnérabilité des images que nous considérons souvent comme intouchables. Son travail, à la croisée de l'art urbain et du Pop Art, offre une réflexion pertinente sur le pouvoir éphémère des icônes contemporaines et des marques mondiales, de Louis Vuitton à Coca-Cola en passant par Apple
GUERRILLA GIRLS
Le femmes doivent-elles être nues pour entrer dans les musées de Paris? 2026 Impression sur vinyle
Collectif d'artistes féministes et anonymes, les Guerrilla Girls apparaissent à New York en 1985 pour dénoncer les inégalités entre les hommes et les femmes, ainsi que les discriminations raciales dans le monde de l'art. À travers des affiches choc et des actions publiques, elles pointent du doigt les musées, galeries et médias qui favorisent majoritairement les artistes masculins et blancs.
Portant des masques de gorille pour rester anonymes, elles mettent en avant les problèmes plutôt que leurs identités. Leur méthode ? Un mélange d'humour piquant, de slogans percutants et de chiffres révélateurs qui exposent les injustices.
Portant des masques de gorille pour rester anonymes, elles mettent en avant les problèmes plutôt que leurs identités. Leur méthode ? Un mélange d'humour piquant, de slogans percutants et de chiffres révélateurs qui exposent les injustices.
Leur combat: plus d'égalité pour toutes les femmes, quelques que
soient leurs origines, et une meilleure représentation des minorités dans la culture, le cinéma et la politique. Leur travail reste aujourd'hui une référence pour démasquer les inégalités toujours présentes dans les milieux artistiques
INVADER & SHEPARD FAIREY
Positive Space Negative Space (Large Red Cream), 2025
Les oeuvres Positive Space Negative Space sont le fruit d'une collaboration entre Invader et Shepard Fairey. Dans cette série, les deux artistes combinent leurs visuels et leurs mediums de prédilection. Ainsi, ces œuvres se prêtent à une double lecture puisque les motifs d'Obey, sérigraphiés de façon sérielle sur les carreaux, font apparaitre une créature emblématique d'Invader lorsqu'on prend du recul.
VINCENT ELKA aka LOKISS
Sculpture
Né en 1968 à Argenteuil, artiste français multidisciplinaire, Vincent Elka alias Lokiss est un des pionniers européens de la culture du writing (dès 1984) et, enrichissant le vocabulaire originel d'influences iconoclastes, l'un des acteurs principaux de son renouvellement esthétique.
Son travail de peintre et de sculpteur est influencé autant par la recherche scientifique (l'astrophysique, la mécanique quantique ou les espaces topologiques) que par le contexte socio-politique. Le public a pu découvrir ses oeuvres multimédias à Linz (prix dans la catégorie Arts Interactifs au festival Ars Electronica) ou au musée du Quai Branly, à la Fondation Vazarely, comme au Festival du film de Rotterdam ou celui d'Elektra à Montréal. On a pu également lire son portrait dans un livre que Sophie Pujas lui a consacré, Ce qu'il reste de nuit (Buchet Chastel, 2016).
Lokiss a de son côté produit deux ouvrages au sujet du Writing aux éditions Hazan dont le plus important est intitulé Graffiti 50 ans d'interactions urbaines.
La publication, en 2024 du livre ORGAZMA, panorama de 40 ans de production, ciột un cycle artistique. Tout en continuant à peindre des fresques souvent engagées politiquement, à concevoir des installations intérieures ou extérieures, son travail s'intéresse actuellement aux nouvelles technologies telles que I'IA, et la manière dont celles-ci peuvent s'intriquer dans une pratique.
Non identifié
VINCENT ELKA aka LOKISS
GÉRARD ZLOTYKAMIEN
Éphémère, 2022
Spray paint and acrilic
Gérard Zlotykamien, né à Paris en 1940, est considéré comme le père fondateur de ce qu'on appelle aujourd'hui le Street Art.
La disparition de sa famille dans les camps de concentration sera un véritable traumatisme et la base de toute son œuvre, fondée sur la disparition et l'effacement. En 1963, après un épisode de censure à la Biennale de Paris, il se détourne des circuits officiels. Il décide d'investir un lieu encore vierge qu'il considère comme un territoire libre d'expression: l'espace public. Il y développe les Éphémères, silhouettes vulnérables et transitoires, entre présence et absence. Sur des murs, des ruines ou des supports précaires, ses figures traduisent une humanité fragile et menacée. Formé au judo par Yves Klein, avec qui il partage la peinture et le judo comme passions majeures, Yves Klein lui transmet l'importance du geste et la recherche de la simplicité.
À 86 ans, Gérard Zlotykamien est une source d'inspiration pour plusieurs générations d'artistes. Il peint toujours dans la rue, où son travail affirme une idée constante: toute existence est vouée à disparaître. En 2024, le Centre Pompidou intègre ses Éphémères dans les collections du musée d'art moderne avec l'acquisition de huit peintures.
GÉRARD ZLOTYKAMIEN
Éphémère, 2023
Spray paint and acrilic
GÉRARD ZLOTYKAMIEN
Éphémère, 2024
Spray paint and acrilic
JULIEN CADOU AKA JC EARL
Sculptures en bois diverses / Various wooden sculptures, 2025-2026 Bois, acrylique et époxy / Wood, acrylic and epoxy
Dimensions variables / Various dimensions
Speerstra Gallery
Julien Cadou aka JC Earl, né à Paris en 1974, est un artiste français, reconnu pour sa pluridisciplinarité, exerçant sa pratique dans des domaines tels que la peinture, l'illustration, la sculpture, et notamment la céramique. Il commence à développer son style de writer en 1988 dans le milieu du graffiti parisien au sein du crew VAD "Va Au Diable" et garde de cette période la spontanéité du geste ainsi que l'appréciation pour l'esthétique de l'accident et de l'imperfection. C'est cette imperfection qui est à la base de son travail. Privilégiant désormais la sculpture, sa démarche artistique n'en est pas plus sage pour autant. Sa pratique de la céramique remonte à l'âge de huit ans, lorsqu'il fabriquait ses propres jouets, la céramique va alors jouer un rôle introspectif au sein de son parcours et de sa réflexion. Inspiré par l'art modeste, notamment les travaux d'artistes tels que Robert Combas et André Robillard, JC Earl développe une sensibilité particulière pour l'art populaire. En tant que céramiste, ce qui l'intéresse: l'argile, matière qui n'a pas de limites, l'accident, l'imperfection qu'elle peut engendrer pour donner vie à son imaginaire, créant ainsi des œuvres esthétiquement fortes et personnelles. Ces céramiques peuvent être perçues comme presque primaires mais l'idée est bien différente, révélant une profondeur et dévoilant une vision artistique qui transcende les apparences premières. Artiste autodidacte et hors de l'influence du milieu artistique, c'est l'art brut qui semble définir le mieux son style.
JULIEN CADOU AKA JC EARL
Sculptures en bois diverses
PEINTURE AÉROSOL
De AURÉLIEN "CAP D'ORIGINE"
HARMIGNIES
En 1926, Erik Rotheim dépose une demande de brevet pour l'aérosol en Norvège, qui lui sera délivré trois années plus tard. Il faudra attendre 1941 pour que Lyle Goddhue et William Sullivan, deux ingénieurs américains, deviennent les inventeurs officiels du premier aérosol, qui plus est rechargeable! Grâce à leurs travaux, l'armée américaine devient le premier utilisateur de l'aérosol. La malaria propagée par les moustiques entraînant l'hospitalisation de plus de 500 000 soldats durant la guerre du Pacifique, l'aérosol est utilisé pour pulvériser de l'insecticide dans les tentes et les avions.
À partir de 1947, l'industrie commerciale s'empare de ce nouvel outil et propose immédiatement une grande variété de produits: insecticides, graisses lubrifiantes, vernis de protection, dégivrants, neige artificielle, laques capillaires, protections solaires, etc. et c'est en 1949, qu'Ed Seymour développe le premier aérosol de peinture avec une couleur unique : aluminium. La légende raconte que c'est sa femme, Bonnie, qui lui souffle ce conseil, alors qu'il avait le plus grand mal à repeindre un radiateur.
Les années 50 voient l'arrivée sur le marché européen de l'aérosol, mais sa version peinture reste très discrète, même si les marques américaines ouvrent des succursales ou vendent leur licence à des distributeurs européens.
En 1960, Novemall lance sa" bomb'". La marque a révolutionné le secteur de la peinture à destination des particuliers avant-guerre, et jouit alors d'une très grande notoriété. Chaque marque américaine lorgne désormais sur le marché européen et espére y connaitre le succès de l'aérosol sur le marché américain. Mais les revues spécialisées dénoncent le gachis d'un aérosol à usage unique, et les grandes marques de peinture en pot ne s'engageront jamais à long terme dans la voie de l'aérosol. L'aérosol souffrira longtemps d'une étiquette de "gadget" et d'une mauvaise réputation chez les professionnels de peinture.
En 1965, la SEDPA commence à distribuer en France et en Europe la marque Krylon, leader aux Etats-Unis. Elle impose un nouveau format de 400 ml qui supplante progressivement les formats de 150 ml et 250 ml jusqu'alors largement répandus en Europe. En 1966, Paris accueille le premier Salon du Bricolage. Destiné au grand public, cet événement marque l'explosion du do-it-yourself ainsi que la révélation médiatique et commerciale de l'aérosol de peinture. Krylon, Novemail et une nouvelle marque française, Altona, y ont de très beaux stands, vitrines des publicités dans les magazines de bricolage et grand public qui se multiplient.
Les manifestations de Mai 68 marquent la première médiatisation des slogans inscrits à l'aérosol. L'encombrant pot de peinture glycérophtalique et son gros pinceau, difficilement dissimulables, font désormais face à l'aérosol, beaucoup plus petit et discret. Cette même année Altona, tout comme Krylon l'année précédente, change son design jusqu'ici très sobre. Sa nouvelle présentation est "attrayante, colorée, séduisante" et va devenir iconique grâce à un motif arlequin.
Les années 1970: La plupart des marques ont emboîté le pas de l'aérosol et tentent l'aventure.
Ripolin, Avi, Astral, Renaulac, De Keyn ou Corona suivent le mouvement, ainsi que chaque constructeur d'automobiles, de motocycles ou de vélos. C'est aussi le début d'un déclin progressif pour les petites drogueries de quartier, traditionnelles fournisseuses des bombes de peinture, car les grandes surfaces ouvrent partout en France et les énormes présentoirs aux centaines de couleurs y trouvent plus de place pour rayonner.
Malgré le nombre croissant de marques qui s'engouffent sur ce marché en France, la peinture aérosol demeure un segment marginal. Il se vend 6 millions d'unités par an, ce qui ne représente que 0,5% de la consommation de peinture en France.
1984: Le graffiti-writing apparaît en France et ses pionniers, les Paris City Painters puis les Bomb Squad 2, sollicitent la marque Altona afin d'être sponsorisés par celle-ci. Différentes fresques au nom de la marque fleurissent alors sur les murs de la capitale.
Au cours des années 80, les writers francais et européens qui se spécialisent dans la réalisation de fresques , affectionnent particulièrement la marque Spray-Color et sa gamme Sparvar pour son choix de coloris - plus de trois nuances par teinte - ainsi que pour son prix largement en dessous de la que celle des autres marques. La pression de pulvérisation plus faible permet également de faire des traits plus fins et des oeuvres plus détaillées.
L'explosion du graffiti en Europe dans les années 90 incite certaines marques de peinture aérosol à considérer le graffiti-writing comme un segment digne d'intérêt. Les marques Aerosol-Art, Tuff Colors, défrichent le marché mais c'est en 1994 qu'une révolution a lieu: la première bombe créée par et pour des writers voit le jour sous le nom Montana Hardcore. Le succès est fulgurant dans tous les pays européens.
Les années 2000: On ne compte plus l'apparition et la disparition de marques dédiées à la pratique du graffiti-writing. Le succès populaire du street art et la démocratisation des loisirs créatifs favorisent désormais l'usage de la bombe aérosol auprès d'usagers qui ont grandi avec le graffiti-writing omniprésent dans leur environnement. De fait, la grande distribution s'empare progressivement de ce segment circonscrit jusqu'ici à de petites enseignes spécialisées et indépendantes, les bomb-shops, qui connaissent à leur tour le triste sort des drogueries d'antan, et ferment progressivement.
SHEPARD FAIREY
2003-2006 oeuvres et techniques diverses dimensions variables
Né é 1970, originaire de Charleston, Shepard Fairey se passionne très tôt pour l'art et intègre la Rhode Island School of Design à Providence, où il obtient un diplôme en illustration. Dès 1989, alors qu'il est encore étudiant, il crée l'autocollant iconique Andre the Giant Has a Posse, qui se transforme en une campagne d'affichage sauvage et invasive: OBEY GIANT, un projet artistique en perpétuelle évolution, interrogeant notre rapport à l'art, à l'autorité et à l'espace public.
Son œuvre, développée sur plus de trente ans, transcende les frontières entre street art, design graphique et art contemporain. Parmi ses créations les plus célèbres figure le portrait Hope de Barack Obama (2008), aujourd'hui exposé à la National Portrait Gallery du Smithsonian à Washington, ainsi que la série We the People (2017), devenue un symbole des Women's Marches. Ces travaux, et bien d'autres, ont été mis à l'honneur dans l'exposition Itinérante Facing the Giant: Three Decades of Dissent, présentée depuis 2019 dans des musées prestigieux aux États-Unis et à l'international.
Son parcours a également été immortalisé dans le documentaire Obey Giant: The Art and Dissent of Shepard Fairey, diffusé sur Hulu en 2017. Ses autocollants, interventions urbaines et fresques monumentales, visibles aux quatre coins du globe, intègrent les collections permanentes d'institutions majeures comme le Musée d'Art Moderne de Paris et le Los Angeles County Museum of Art, confirmant l'influence durable de son art engagé et universel.
NEW YORK CITY RAP TOUR
En 1982, le New York City Rap Tour marque la première présentation du Hip Hop en dehors des États-Unis. Initiée par Bernard Zekri et Kool Lady Blue, la tournée réunit sur scène DJs, MCs, danseurs et graffeurs comme les expressions d'une même culture.
Présentée à Paris, Londres et dans plusieurs villes françaises, elle agit comme une révélation. Pour la première fois, le public découvre le Hip Hop dans sa forme vivante, une énergie venue directement de New York.
Cette tournée ouvre une porte. Elle donne accès à un univers encore largement inconnu, et inspire toute une génération d'artistes, de danseurs et d'acteurs culturels en France.
MR. FREEZE (Marc Lemberger) est né à New York en 1963 et a grandi dans le Bronx, élevé par une mère française et un père d'origine allemande. II commence à danser à l'âge de 8 ans dans les rues du Bronx et passe chaque été en vacances à Paris, chez sa famille, où il se produit pour la première fois en tant que mime de rue.
Alors que le breaking se développe au fil du temps à New York, il rencontre un jeune homme nommé Lil Lep, membre du célèbre crew de b-boys du Bronx The Seven Deadly Sins. En 1979, il intègre le légendaire groupe new-yorkais Rock Steady Crew (RSC). Durant l'été 1982, le photographe français Philippe Julles Ardouin immortalise certaines de ses performances de rue à la Fontaine des Innocents, près du Centre Pompidou. À l'automne, MR. FREEZE repart en tournée en Europe dans le cadre du New York City Rap Tour.
Peu après, il gagne en notoriété en exécutant "the backslide" avec un parapluie dans le clip de Malcolm McLaren pour la chanson Buffalo Gals, puis dans le film Flashdance, un mouvement qu'il attribue à Lockatron John (John Christian), membre d'un groupe de breaking).
MR. FREEZE
MR. FREEZE
INSTAMATIC THE HISTORY OF HIP-HOP IN POLAROIDS & SNAPSHOTS
Les origines du hip-hop sont souvent présentées à travers des mythes, des souvenirs et quelques images connues, mais ses premiers enregistrements visuels restent en grande partie ignorés.
Bien que les années formatrices de cette culture soient fréquemment associées aux photographies emblématiques du début des années 1980, la véritable enfance photographique du hip-hop commence plus tôt, vers 1971, capturée non par des documentaristes professionnels, mais par des observateurs anonymes et les artistes eux-mêmes.
A l'aide d'appareils Polaroid et de photographies instantanées, ces premières images ont été prises à l'intérieur des clubs, lors des park joms et dans les rues de New York. Immediates, informelles et sans fitre, elles constituent les preuves visuelles les plus directes d'une culture encore en train de s'inventer. Longtemps avant que le hip-hop ne soit nommé, conditionné ou historicisé, ces photographies ont préservé des moments tels qu'ils se produisaient des moments personnels, sans poses et simplement résis
Las Polaroids, en particulier, sont devenus une memoire matérielle du mouvement. De Kool Herc su club Havslow en 1975 & Kool G Rap et son équipe devant la mosaique du métro de la 42e flus en 1985, en pessant par Biggeimalls dans un club evec Waterbied van 1997, ces images retracent l'évolution de la culture sur plusieurs décennies.
S'étendant du Old School, à l'age d'or et bien au-delà, ces photographies constituent l'archive visuelle la plus immédiate at authentique du hip-hop. Ensemble, ellers forment un enregistrement vivant d'une culture vue de l'intérieur.
SOPHIE BRAMLY: DES CLUBS AUX ÉCRANS/FROM CLUBS TO SCREENS
Au début des années 1980, Sophie Bramly découvre le Hip Hop à New York, alors que la culture est encore informelle, sans nom ni cadre. Photographe, elle en capture les premiers gestes au plus près des artistes, dans l'intimité de leurs vies.
De retour à Paris, elle ne se contente pas de documenter: elle agit. Elle contribue au lancement de H.I.P.H.O.P., première émission de rap à la télévision, qui déclenche une diffusion massive en France et transforme une culture émergente en phénomène visible.
Quelques années plus tard, à Londres, elle crée Yo! pour MTV Europe. Le format sera repris aux États-Unis sous le nom de Yo! MTV Raps, participant à l'entrée du rap dans une nouvelle phase de visibilité globale.
Entre New York et Paris, son travail accompagne et accélère la circulation du Hip Hop. II participe à faire de la capitale française d'abord, et de Londres ensuite
des relais centraux dans sa diffusion en Europe.
YOSHI OMORI
Yoshi Omori est né à Yamanashi, en 1962, au pied du mont Fuji, au Japon. Après des études universitaires au Japon et aux États-Unis, il s'installe à Paris au milieu des années 1980 pour y étudier la photographie. C'est là que la scène Hip-Hop et graffiti émergente devient son sujet de prédilection et le marque durablement.
Grâce à ses rencontres avec Marc Boudet et des pionniers comme Jay Ramier (JAYONE), Omori découvre le terrain vague de Stalingrad, considéré comme le berceau du graffiti parisien. Visible depuis la ligne de métro aérien, ce lieu se transforme rapidement en un point de rassemblement essentiel, où se croisent writers, danseurs et musiciens venus de toute l'Europe et au-delà. Entre 1985 et 1987, la friche connaît son äge d'or. Intégré au cercle grâce au BBC crew (JAY, ASH et SKKI), puis en documentant des artistes majeurs comme MODE 2 et JonOne, Omori obtient un accès rare à une contreculture largement clandestine, fondée sur la confiance et l'anonymat.
Avec l'oeil d'un expatrié attentif et la passion d'un documentariste, il immortalise cette période décisive jusqu'en 1989. Ses images restituent l'énergie brute de la friche de Stalingrad ainsi que l'ambiance des premières soirées Hip-Hop, où le mouvement passe des espaces publics aux dancefloors. A une époque où peu ont les ressources ou l'envie de conserver ces traces, et ou photographier comporte des risques, Omori construit discrètement une archive visuelle inestimable.
Ses photographies témoignent de la naissance du graffiti parisien, et plus largement européen. Elles retracent l'émergence de styles, de techniques et d'influences distinctifs qui marqueront toute une génération. Ensemble, ses images documentent un mouvement en pleine mutation d'une expression urbaine improvisée à une force culturelle dont l'impact résonne encore
YOSHI OMORI
MAÏ LUCAS: DIARY OF A FLY GIRL
Maï Lucas photographie le Paris des années 1986 à 1996, au moment où le hip-hop se forme en France dans un contexte multiculturel. Elle appartient à cette scène et en documente les débuts de l'intérieur.
Ses images montrent les figures majeures du mouvement: BANDO, JonOne, ASSASSIN, NTM, sans oublier les figures féminines comme les Ladies Night ainsi que les lieux emblématiques de cette période. Son regard est celui d'une femme eurasienne, engagée dans le mouvement, qui témoigne d'une histoire collective à laquelle elle participe.
Ses photographies constituent aujourd'hui des archives majeures des origines du hip-hop en France. Ce travail ouvre une démarche plus large, que Maï Lucas poursuivra ensuite aux États-Unis
FELIPE PANTONE
NÉ EN 1986, BUENOS AIRES, ARGENTINE
Felipe Pantone est un artiste argento-espagnol dont l'œuvre se situe à la croisée de la culture urbaine, des technologies numériques et des théories visuelles contemporaines. Initié au graffiti dès l'âge de douze ans, il a ensuite perfectionné sa pratique en obtenant un diplôme au Beaux-Arts de Valence, en Espagne, où il vit et travaille aujourd'hui. À mi-chemin entre l'autodidaxle des rues et une formation académique, son travail incarne une génération marquée par une Immersion prolongée dans les écrans, les réseaux et les flux d'images en perpétuelle mutation..
Sonlangage visuel, immédiatement reconnaissable, se caractérise par des compositions vibrantes où se mêlent structures géométriques, dégradés pixelisés, motifs optiques et couleurs néon éclatantes. Son art donne à voir une confrontation entre un passé analogique et un futur numérisé, où la perception humaine et la logique algorithmique se superposent, et s'entrechoquent parfois, au sein d'un même espace visuel. Puisant son inspiration dans les jeux vidéo rétro, la synth-pop des années 1980 et l'esthétique de l'ère Internet, Pantone cultive une nostalgie numérique tout en ancrant résolument son discours dans l'actualité.
Au cœur de sa démarche artistique se trouve une exploration approfondie de la lumière, de la couleur et du mouvement. Héritier des pionniers de l'art cinétique comme Victor Vasarely ou Carlos Cruz-Diez, il exploite des effets optiques, notamment les motifs de moiré et les dégradés mouvants, pour créer une impression de vibration et d'instabilité, modifiée par le déplacement du spectateur. Ces jeux visuels illustrent sa fascination pour la manière dont l'information est aujourd'hui captée, interprétée et parfois déformée par notre environnement saturé d'images.
Pantone recourt souvent à des outils de modélisation numérique pour concevoir ses projets, lui permettant d'anticiper les interactions entre espace et chromie avant de les transposer dans le réel. Ces études virtuelles prennent ensuite forme à travers des fresques murales, des peintures, des sculptures ou des installations cinétiques, matérialisant des phénomènes nés de l'expérience digitale. Son travail, protéiforme, s'adapte à toutes les échelles et à tous les contextes: des cimaises des galeries aux fresques monumentales en passant par des objets design expérimentaux.
Bien que formé à la peinture, Pantone s'affranchit délibérément des cadres académiques traditionnels pour adopter une approche plus flexible, centrée sur l'outil et l'innovation. Ses créations bousculent les attentes en intégrant des codes visuels propres aux écrans et aux interfaces dans l'espace public.




























































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