jeudi 30 juillet 2026

Ingres et la mode au musée Ingres Bourdelle en juillet 2026


INGRES ET LA MODE
S'appuyant notamment sur des objets présentés pour la première fois, cette exposition révèle les liens encore trop peu explorés d'Ingres avec l'univers textile, faits de familiarité quotidienne et d'intérêt esthétique.
Initiateur d'un style singulier, Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), maitre incontesté de l'école française pendant plus d'un demi-siècle, accorde dans ses portraits une place essentielle au vêtement, aux textiles et à l'apparence. Soies, cachemires, dentelles, bijoux parent ses modèles féminins, mais les commanditaires masculins ne sont pas en reste, comme l'attestent amplement quelques portraits spectaculaires. Les tenues de ses modèles ne relèvent jamais du simple accessoire: elles participent à la caractérisation des individus en traduisant leur identité,. Si Baudelaire a pu se montrer sévère quant à l'usage que faisait Ingres de la couleur, d'autres critiques comme l'écrivain Théophile Gautier, admirent au contraire sa capacité à mettre son grand goût au service du journal des modes .
Usant d'une précision extrème pour figurer plis, froissures ou irrégularités. convaincu que ces élements exprimaient le tempérament de chacun, l'artiste se vit souvent reprocher par la critique cette minutie On moquait sa manie de copier les plus insignifiants détails ou encore de suivre grain par grain l'épiderme des figures .
D'ordinaire, les peintres répugnaient à peindre les vètements, accusés de figer le portrait dans une époque vouée à se démoder. Aussi les artistes, notamment de la génération de David, le maitre d'Ingres, préféraient-ils parer leurs modèles de drapés et de châles intemporels. Ingres rompit avec ce système. et face aux rapides mutations de la mode, celui-ci sut les affronter pour les sublimer en conciliant fidélité au costume et ambition d'intemporalité. Adaptant parfois les tenues aux exigences de sa composition, il fit du vétement un principe pictural à part entière.
Si le sujet du rapport particulier entretenu par l'artiste avec le costume et la mode a été ponctuellement abordé, il n'avait encore jamais donné lieu a une étude d'ensemble. Pourtant, contrairement à nombre de ses contemporains qui confiaient l'exécution des vétements à leurs assistants pour se concentrer sur le visage et les mains, Ingres tenait à les peindre lui-mème - preuve s'il en est de l'attention singuliére acordée par le peintre à cette question.
Grace aux plus de deux cent cinquante oeuvres réunies ici, cette exposition propose une lecture renouvelée d'Ingres, pour qui la mode constituait pleinement un sujet de peinture.

Châle cachemire. Inde, vers 1810-1830 Laine cachemire indienne (duvet de chevre), tissage lespoliné. Motif de palmes cachemire (dites « both,) aux extrémités, sur un fond écru Londres, The Hopkins Costume Collection 
Sous le 1er Empire, le chale cachemire est l'accessoire feminin par excellence. On le reconnait à ses motifs caractéristiques, les palmes cachemire dont les formes se déploient à ses extremités sur un fond uni. Ces étoffes étaient produites en Inde, et furent offertes par les soldats de Bonaparte a leur retour de la campagne d'Égypte (1798-1799). Joséphine de Beauharnais en a lancé la mode. Drapé sur leurs épaules par les élégantes pour réchauffer leurs légères robes de mousseline. cet accessoire allie exotisme et cachet antiquisant. Tissés avec le duvet des chèvres himalayennes par des artisans hautement qualifiés qui ne peuvent produire quun centimètre par jour, ces châles sont des objets onéreux et prestigieux. Le blocus conti- nental napoléonien, établi en 1806, interdisant les importations britanniques, les rend d'autant plus rares et désirables et alimente une contrebande active, mème si des imitations en sont peu a peu produites en Europe. Les nombreuses élégantes ce dessinées ou peintes par Ingres, arborant avec fierte ce symbole de la réussite sociale, en témoignent.

INGRES ET L'ETOFFFE
un gout tres personnel pour
Ingres montre la representation des textiles qu'il magnifie à travers ses drapés ou en cherchant à obtenir avec ses pinceaux un rendu quasi tactile des étoffes, comme s'il voulait que les observateurs de sa peinture ressentent avec leurs veux les differences entre velours. satin. drap de laine ou soie, de la meme facon quils le feraient en caressant ces matières de la paume de leur main. Cette inclination lui vient de sa formation comme peintre d'histoire dans l'atelier de David (Paris, 1748- Bruxelles, 1825) où il a appris à scruter, dessiner et reproduire fidèlement les objets archéologiques pour mieux les utiliser comme accessoires propres à définir un contexte historique. Rompu à ces exercices techniques, l'artiste n'hésite pas à se documenter sur les périodes médiévales et modernes en relevant par le biais de calques ou de copies, des planches entières de détails de costumes provenant d'ouvrages divers présents dans sa bibliotheque tels que Le Musée des monuments français d'Alexandre Lenoir (Paris, I761- Paris, 1839. ou Les Monuments français de Nicolas-Xavier Willemin (Nancy, 1763 - Paris, 1833. présentant un choix de costumes civils et militaires pour servir a l'histoire des arts (1839).

Jean-Auguste-Dominique Ingres
Portrait de Mademoiselle Barbara Bansi,
vers 1797-1800
Mine de plomb, pierre noire estompée, rehauts de blanc sur papier beige
Paris. musée du Louvre
Réalisé dans les premières années de la carrière d'Ingres, ce portrait représente la peintre suisse d'origine françaisc, Anna Barbara Bansi. La jeune femme arbore avec fierté un châle cachemire rappelant celui exposé juste à côté de ce portrait dessiné. Les innombrables boucles auréolant son visage forment comme un écho.

Jean-Auguste-Dominique Ingres 
Portrait de Jacques-Louis Leblanc, 1823 Mine de plomb musée du Louvre.
" Le peintre dhistoire rend l'espèce en général; tandis que le peintre de portraits ne représente que l'individu en particulier et par conséquent un modèle souvent ordinaire et plein de défauts", écrivait Ingres pour marquer son mépris pour le genre du portrait. Et pourtant, l'artiste peignit trois effigies de la famille Leblanc et en dessina sept. Ce couple d'amis d'Ingres et de sa femme les avait pris sous leur aile à Florence, durant le séjour du peintre dans la cité toscane entre 1820 et 1824. M. Leblanc était devenu un riche banquier après avoir occupé diverses fonctions auprès d'Elisa Bacciochi (1777-1820), soeur de Napoléon et grande-duchesse de Toscane, dont son épouse Mme Leblanc, avait été la demoiselle de compagnie. 

Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait de Charles Thévenin. 1816 Crayon graphite sur papier verge Bayonne, musée Bonnat-Helleu, inv. 2272
Charles Thévenin. peintre dhistoire fut directeur de lA cadémie de France a Rome entre 1816 et 1822. Celui-ci compta parmi les soutiens essentiels d'Ingres reste en Italie apres son séiour de pensionnaire. Thévenin Paida a obtenir les commandes du Jésus remettant les clés a saint Pierre pour l'église de la T-inité_des-Monts et du Vou de Louis XIII pour la cathédrale de Montauban. Afin de le remercier Ingres lui offre plusieurs dessins dont ce portrait présentant son modèle debout, dans une attitude élégante et nonchalante, conformément au style de ses premières effigies romaines, avant qu'il ne passe au portrait assis, au cadrage plus large. Encore hésitant entre ces deux postures, l'artiste avait d'ailleurs dessine, sur une autre feuille, son ami assis, dans une pose annonciatrice de celle de Monsicur Bertin.

Jean-Auguste-Dominique Ingres Madame Riviere, 1805 Huile sur toile Paris. musée du Louvre, inv. MI 1446
Madame Rivière, née Marie-Françoise-Jacquette-Bibiane Blot de Beauregard, aimait se faire appeler Sabine dans la vie courante, plus à la mode que ses quatre prénoms parmi lesquels elle n'arrivait pas à choisir. Par son père, vérificateur des contributions publiques, elle appartient au même milieu social que son époux. Philibert Riviere.
Renvoyant à la tradition virtuose des élégantes du siècle de Louis XV, ce portrait est aussi un prétexte pour le peintre de montrer la maitrise précoce de ses capacités techniques. Il y rend avec virtuosité les différentes qualités des textiles, tour à tour soyeux, moelleux, vaporeux ou transparents. Le châle cachemire négligemment drapé autour de la jeune femme fait certainement partie des < schalls de cachemire blanc et ponceaux [rouge] > mentionnés dix ans plus tard dans l'inventaire après décès de son époux, comme traces des présents généreux quil lui octroyait, sans doute pour faire oublier des incartades dont il ne se cachait guère. Accessoire de grand luxe, le cachemire occupe une place prépondérante dans ce portrait, véritable ode à sa sinueuse arabesque.

|ean-Auguste-Dominique Ingres Philibert Riviere, 1805 Huile sur toile Paris, musée du Louvre, inv, MI 1445
Les trois portraits de la famille Rivière, peints à Paris en 1805. témoignent de l'intérêt précoce d'Ingres, alors agé de 25 ans, pour dépeindre le faste et le luxe de cette bourgeoisie montante du début du XIxe siècle Haut fonctionnaire, Monsieur Rivière a su s'adapter avec habileté à tous les changements politiques de son temps. Sa mise élégante mais toute en retenue, à la charnière entre les modes anglaises de la fin du XVIII siècle et celles du rer Empire, est d'une sobriété caractéristique du siècle, annonçant déjà la < grande renonciation > décrite par J. C. Flügel, qui imposera aux hommes une austérité de bon ton, seule jugée bienséante. Outre les boutons métalliques qui ornent son habit, seules deux touches colorées tranchent sur les discrets tissus unis de son costume et attirent lœil : la cle de montre en cornaline suspendue à sa ceinture, et une bague sertie d'un imposant camee. Ces accessoires sont les sobres blasons d'un homme de goût et de culture - le camée rappelant la vogue antiquisante qui, après les redécouvertes d'Herculanum et de Pompéi, a saisi les élites européennes.

Détail du tableau précédent

Robert Wilson (Waco, 1941-Water Mill, 2025) Mademoiselle Caroline Rivière dapres Jean-Auguste-Dominique Ingres, 2013 Boucle vidéo sur écran Paris, galerie Thaddaeus Ropac, in, RW 12353
Le portrait de Mademoiselle Rivière, prénommée Caroline, la < ravissante fille > du couple, selon les mots d'Ingres, est la peinture la plus originale du trio. Son modele a treize ans lorsque l'artiste la peint devant ce doux paysage, écho de ceux qui eclairent le fond des madones de Raphaël tant admirees par l'artiste.
Mais est-ce sa tète lourde et trop ronde, posée sur la tige verticale d'un corps rigide lui donnant l'allure d'un bilboquet ? ou ses yeux noirs démesurés en contraste avec la blancheur de sa robe et du (trop ?) grand boa en duvet de cygne, et ses immenses mitaines couleur chamois, qu'on dirait empruntées à sa mère, qui vont faire de ce tableau une icone intemporelle à nulle autre pareille ?
Il faudra attendre le xxe siècle cependant, pour que ces déformations conferent a cette peinture une autorité plastique féconde et inspirante pour les artistes de la postérité d'Ingres qui nous permettent dévoquer cette œuvre ici.
Ainsi, Lady Gaga mise en scène par Bob Wilson dans une performance filmée a bien voulu preter son corps à Caroline, lui empruntant en retour sa candeur et sa fraicheur.

Jean-Auguste-Dominique Ingres
Portrait de Madame Augustine-Modeste-Hortense Reiset et de sa fille Thérese-Hortense-Marie, dite Babiche. x844
Graphite et rehauts blancs sur papier Rotterdam. Museum Boiimans Van Beuningen (ancienne collection Koenigs), in F Il 168 (PR)
Ce double portrait témoigne de l'amitié profonde qui lie Ingres à la famille Reiset dans les années 1840. Frédéric Reiset (1815-189I), important collectionneur d'oeuvres du peintre, deviendra conservateur au Louvre, pour finir sa carrière en tant que directeur des Musées nationaux sous la Iere Republique. Ce portrait dessiné figure son épouse Hortense, en compagnie de leur fille unique Marie, alors agée de huit ans, qui se blottit contre sa mère, regardant le peintre droit dans les yeux. Ingres y fait montre d'une compréhension saisissante de l'enfance. habituelle chez lui, rendant sans masque la spontanéité naturelle de cet âge. La ressemblance physique entre les deux modèles est accentuée par la similitude de leurs tenues - les enfants étant alors habillés en adultes miniature - et par la coiffure anglaises  ou < à la Sévigné > d'Hortense, très à la mode à l'époque. ses longues boucles symétriques lui conférant un air presque enfantin.

Jean-Auguste-Dominique Ingres Roger délivrant Angélique, 1841 Huile sur toile Montauban, musée Ingres Bourdelle,

Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait de M. Hippolyte-François Devillers,  Huile sur toile Zurich, Sammlung Emil Bührle
Hippolyte-François Devillers est l'un de ces fonctionnaires français venus s'installer a Rome pour servir le nouveau pouvoir impérial. Quand il est nommé directeur de l'Enregistrement et des Domaines, il souhaite, à peine arrivé, qu'Ingres, réalise son portrait en grande tenue - on parle d'< uniforme civil >. Cette typologie venait d'être créée pour donner du prestige aux administrateurs imperiaux, tout en soutenant les industries du luxe mises à mal par la tourmente révolutionnaire. Pas un bouton, pas une broderie, pas une dentelle ne manquent à cet habit à la française chargé d'exprimer le faste de cette nouvelle classe sociale. Les délicates gerbes de blé qui ornent le col, les poignets et les basques créent, avec la dentelle et le satin, une incroyable prouesse visuelle d'or et d'argent, luisant sur le bleu sombre de lhabit. Les accessoires ne sont pas en reste pour témoigner de lopulence du modèle mais aussi du talent d'Ingres à la représenter.

TRANSFIGURER LA MODE DE SON EPOOUE
Au 19e siècle. les idéaux académiques célebrent la peinture d'histoire et dénigrent le portrait, en particulier l'effigie en habits contemporains. Ingres, qui se veut avant tout un peintre du grand genre historique, se plaint des commandes de portraits qui l'accaparent trop à son goût. C'est pourtant avec rigueur et soin qu'il les aborde, non pas en peintre mondain, mais en peintre dhistoire, adoptant un long processus gestationnel fait d'études successives et 'inspirant de modèles puisés dans l'Antiquite comme chez les maitres anciens, pour leur conferer une certaine intemporalité.
Fidèle à l'enseignement de David, il étudie le corps nu avant de le vètir. Ingres applique cette méthode à toute sa production, portraits compris, a l'inverse de la pratique traditionnelle qui la réservait à la seule peinture dhistoire. Si Nattier (Paris, 1685- Paris, 1766), au 18e siècle, était l'un des rares à user d'un repertoire de nus aux poses stereotypees pour realiser ses portraits mythologiques, il n'en individualisait pas les faciès, contrairement a Ingres qui a pu parfois adapter les visages de ses commanditaires aux corps de ses modeles d'atelier.

Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait du "père Desmarets ", 1805 Huile sur toile En dépot à Toulouse, musée des Augustins, inv. D 1952-1/ MNR.156
Le < père Desmarets >, nommé ainsi par Ingres, résiste à délivrer son identité exacte. Cependant le style et la mise en page de cette toile la rattachent au groupe des premiers portraits du peintre, souvent des proches, amis montalbanais ou condisciples d'atelier. Dans cette série, peinte entre 1804 et 1806, les sujets, souvent masculins, sont placés de trois quarts et regardent frontalement le spectateur, amenant le peintre a explorer la psychologie de ses modèles, davantage que leur rang social ou leur anatomie. Ici, la simple chemise de Desmarets ne laisse rien paraitre de son corps. Sa blancheur illumine le tableau dont la palette réduite et l'austérité renvoient aux écoles du Nord.

Jean-Auguste-Dominique Ingres
Le Compositeur Cherubini et Terpsichore, muse de la poesie lyrique, 1842 Huile sur toile Paris. musée du Louvre, inv. 5423; LP 7311
Le portrait de Cherubini, prestigieux directeur du conservatoire de Paris, est une peinture complexe. Le simple buste auquel pensait Ingres au départ devient, au fur et a mesure, une scène allégorique ou la muse de la poésie lyrique, Terpsichore, apparait derrière le musicien, imposant sa main au-dessus de sa tếte < en signe d'affection et de haute protection pour celui quelle aime et proclame un de ses favoris > selon les mots de l'artiste. La réalisation de cette figure féminine fut confiee à Henri Lehmann, Ingres voulant voir sa toile achevée rapidement, ce qui l'empêcha sans doute de surveiller les composants de la peinture utilisée par son élève. La matière trop grasse provoqua ces craquelures prématurées, aujourdhui irréversibles d'autant plus que la toile a connu d'importantes modifications. On sait par exemple que Cherubini portait à l'origine un carrick jaune et était assis sur un fauteuil dont on retrouve l'arrondi du dossier auréolant son manteau devenu noir après transformation par le peintre.

Horace Vernet (Paris, 1789-Paris, 1863), dessinateur Georges-Jacques Gatine (Can, 1773-Paris, 1818), graveur « Coiffure chinoise. Robe garnie en chicorée » : Merveilleuse n'°19, de la série « Costumes d'incroyables et merveilleuses » 1814 Eau-forte aquarelle Paris, bibliothèque du musée des Arts décoratifs, in0.12761

Pierre de La Mesangere (Pontigné, 1761-Paris, 1831), éditeur
Costume de promenade >, gravure de mode de la série des Costumes parisiens (n° 651) parue dans le Journal des Dames et des Modes, an XIII [1804-1805]
vers I814-1816
Estampe (taille-douce) coloriée Paris, Palais Galliera - musée de la Mode de Paris. inv. 2025.21.355
Sous le 1er Empire, le corsage des robes est souvent plissé. dit < en rideau >. leur conférant une apparente souplesse, mais le corps féminin n'en est pas moins discipliné. Leur dos est fait d'un empiècement en forme d'hexagone sur lequel la couture des manches est placée tres haut, contraignant celles qui les portent à tirer les épaules vers l'arrière et à rapprocher les omoplates - geste qui accentue l'étroitesse du dos, et ce d'autant plus que la taille est située très haut, sous la poitrine. Le port du corset, plus ou moins rigide, renforce encore cette posture. Les gravures de mode contemporaines multipliaient les vues de dos pour mieux rendre compte de la coupe des robes - préoccupation qu'lngres semble partager, lui qui détaille avec precision le dos de la robe d'Elizabeth Harvey, témoignant d'un intérêt aigu pour la construction vestimentaire.


Pierre de La Mesangere Pontigné, 1761-Paris, 1831). éditeur "Coiffure parée. Redingote de perkale, garnie en tulle festonne", gravure de mode de la série des Costumes parisiens (n° 765), parue dans le Journal des dames et des modes, 1806
Estampe (taille-douce) coloriée (carreau partiel) Paris, Palais Galliera - musée de la Mode de Paris inv. 2025.21.396
Le 18e siècle opère une révolution dans la perception de l'enfance. Sous l'influence de Rousseau, dont Émile, ou De l'éducation (1762) est le texte fondateur, l'enfant cesse d'étre un adulte en réduction pour devenir un être à part entière. Le philosophe y condamne l'emmaillotement des nourrissons et plaide pour la liberté des corps - anticipant le mouvement hygiéniste de la fin du siècle.
Cette conception nouvelle se lit dans les mutations du vestiaire puéril, qui accorde aux enfants une plus grande aisance. Filles et garçons portent jusqu'à leurs quatre ans environ une méme tenue, constituée d'une robe courte en mousseline de coton laissant apparaitre un petit caleçon. Dans son portrait de la jeune Charlotte-Madeleine Taurel, à la candeur toute enfantine, Ingres fait montre comme à son habitude d'une vraie comprehension du monde de fenfance, en phase avec le regard attendri qui était celui de son époque.

Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait de la baronne de Rothschild
Le portrait de la Baronne de Rothschild est autant le portrait de l'épouse du riche banquier d'affaires, James de Rothschild (1792-1868), son oncle, que d'une ébouriffante robe rose. L'oeuvre est commandée par le baron à Ingres en 1841 mais achevée seulement en 1848, après plus de six longues années de gestation documentées par de nombreux échanges épistolaires. Durant les séances de pose, le peintre a rapidement déterminé l'attitude élégante de la baronne : elle est assise et penchée en avant comme pour mieux écouter ceux qui la regardent, sa tête, d'un ovale parfait, appuyée avec délicatesse sur le bout de ses doigts. Dans les premières études du maitre, la baronne est revêtue d'une robe à manches courtes, tres différente de celle du tableau. Mais c'est bien son corsage porté par un modèle nu que l'on reconnait dans le dessin préparatoire du musée de Bayonne. Ce dernier permet à l'artiste d'ajuster la pose des jambes croisées qui pourtant, disparaitront ensuite complètement sous l'ample jupe. Dans les autres dessins, Ingres etudie notamment les reflets du satin de soie sur une somptueuse feuille, aujourdhui brunie mais primitivement rose comme le racontent ceux qui l'ont vue dans l'atelier du peintre. Ce détail permet de raviver le débat sur la couleur originale de la robe de la baronne qu'Ingres avait vraisemblablement d'abord peinte en bleu et qu'éclaire d'un jour nouveau l'analyse de ses bijoux. Encore en mains privées chez les descendants du modèle, cette œuvre iconique est évoquée ici par le travail de Cindy Sherman se mettant en scene, revetue d'une fastueuse robe rose, dans un simulacre de tableau d'Ingres pour désigner de façon critique l'ensemble de ses portraits feminins évoluant dans un luxe d'accessoires et de bijoux.

Cindy Sherman (Glen Ridge, 1954) Sans titre # 204, 1989 Photographie, tirage chromogène couleur @ 2026 Cindy Sherman Artists Rights Society (ARS), NY. Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de Hauser & Wirth

André-Adolphe- Eugène Disdéri
(Paris, 1819-Paris, 1889) Portraits de la baronne de Rothschild, 1857-1858 Photographies sur papier albuminé (planche contact non découpée de huit portraits au format carte de visite) Paris, Bibliothèque nationale de France, inv. EO-19 (30) - boîte FOL B, cliché n 4738
Le portrait de Betty de Rothschild peint par Ingres enthousiasme la critique, en particulier Théophile Gautier qui salue l'habileté de l'artiste. La baronne, consciente du succes de cette peinture, la fait photographier par Andre-Adolphe-Eugène Disdéri en 1859, l'inventeur de ce type de portrait photographique.
En fin de compte, c'est son portrait par Ingres, plutốt que sa propre image, qu'elle souhaite distribuer en guise de carte de visite.

Jean-Auguste-Dominique Ingres 
Portrait de Madame de Senonnes, 1814 Huile sur toile Nantes. musée d'Arts, inv, 1028:
Ce portrait, l'un des plus extraordinaires d'Ingres, représente Marie Marcoz en 1814. alors maîtresse du vicomte de Senonnes, arrive à Rome depuis 1805. Celui-ci épousera cette femme à la sensualité merveilleusement sublimée par les pinceaux de Partiste en I8I5, soit un an après la commande de ce portrait.
L'accumulation quasi obsessionnelle d'éléments de parure et de bijoux -13 bagues ornent ses doigts -, sans équivalent dans l'oeuvre d'Ingres, justifie à elle seule de questionner le rapport de ce dernier avec l'art de la parure et du vêtement. Cette surabondance est démultipliée par le reflet du fond montrant la nuque de la jeune femme auquel l'artiste rend hommage en glissant, dans le cadre du miroir, sa carte de visite portant sa signature.
La tenue de Marie Marcoz releve du gout < troubadour > alors en vogue, évoquant un Moyen Age et une Renaissance fantasmés. Son cou se pare d'une collerette de dentelle evoquant les fraises du XVIe siècle, et les manches de sa robe sont agrémentées de spectaculaires <crevès >, ces taillades laissant apparaitre un tissu sous-jacent, comme dans les portraits anciens qui inspirent alors les modes.


Jean-Auguste-Dominique Ingres
Étude pour La Belle Ferronnière, d'après l'oeuvre de Leonard de Vinci, 1804-1806
Crayon graphite et pierre noire sur papier vélin (carreau partiel)
Montauban, musée Ingres Bourdelle, inv. MI.867.3694
Mme Duvaucey est la maitresse du baron Alquier, ambassadeur de France près le Saint-Siège. Cette jeune femme figure parmi les plus en vue de Rome en raison de sa beaute. Pourtant l'artiste use d'une grande sobriété pour la dépeindre. À la simplicité formelle de la toile répond l'austérité des couleurs. Souvent rapprochée de Léonard de Vinci qu'Ingres admirait, ce dont témoigne ici la copie de la Belle Ferronnière avec qui elle partage ses sages bandeaux séparés par une raie, Anna de Nittis, de son vrai nom, évoque encore davantage Raphaël Ce tableau frappa la critique par sa simplicité archaïque. Théophile Gautier estima ainsi que < le faire en est si primitif, que l'on a toutes les peines du monde à croire que cela ait été peint en plein règne de David >. A l'époque où il a été livré, le portrait jouait sur l'ambiguïté de la silhouette ; l'ovale parfait du visage, digne d'une madone du Quattrocento, ne déparait pas avec le velours noir atemporel de la robe, d'un goût troubadour incontestable.

Louis Cabanes (Toulouse, 1897-Paris, 1947), d'après Jean Auguste-Dominique Ingres Portrait de Madame Duvauçey (d'après le tableau du musée Condé de Chantilly), 1904 Huile sur toile Montauban, musée Ingres Bourdelle, inv. MID.04.2

Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait de Madame Destouches. I8r6 Mine de plomb Paris. musée du Louvre, inv. RF 1747, recto
La mousseline de coton est un tissu, importé des Indes par les Anglais, qui se caractérise par sa blancheur éclatante et sa transparence inégalée Mise a la mode par la reine Marie-Antoinette. cette étoffe arachnéenne regne sans partage sur la mode féminine jusqu'a la fin de l'Empire. Dans un véritable tour de force caractéristique de son art, Ingres retranscrit cette translucidité, que ce soit dans son portrait dessiné de Madame Destouches, ou le bras est visible sous la manche de fine étoffe, comme dans celui, peint onze ans plus tốt, de Madame Rivière . Ce rendu d'une justesse stupéfiante confère aux æuvres de l'artiste une qualité de rendu tactile rare, donnant au spectateur limpression de toucher la matière elle-même.


Jean-Auguste-Dominique Ingres
Etude pour Le Voeu de Louis XII (Louis XIII nu, de profil), 1820-1824
Crayon graphite et estompe (profil repassé à la pointe Sur papier jaune
Montauban, musée Ingres Bourdelle, inv. MI.867.2549
Ingres aborde le genre du portrait à l'égal du genre historique, accordant une importance primordiale aux études préparatoires. Tel est le cas du Voeu de Louis XII, première grande commande passée en 1820 par le gouvernement. Destiné à la cathédrale de Montauban, ce tableau représente le royaume de France mis sous la protection de la Vierge à son Assomption par le roi Louis XI. Les nombreux dessins conservés à Montauban illustrent les difficultés rencontrées par Ingres face aux postures et aux costumes. Les madones de Raphaël lui inspirent sa figure de la Vierge dont l'attitude fut posée par Ingres lui-même, dénudé et juché sur un escabeau avec un chapeau dans les bras en guise d'enfant Jésus Mais selon son habitude Ingres a besoin d'étudier la figure du roi nu avant de pouvoir le vêtir, doù ce grand dessin dans lequel un modèle d'atelier pose dans le plus simple appareil, pretant son corps au roi le temps d'une séance.

< Voulez-vous me faire l'honneur, Mademoi- selle ?..>, estampe n 2 parue dans Exploita- tion générale des modes et ridicules de Paris ct de Londres,
Paris, Gihaut Freres, I825
Lithographie à la plume colorice
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris, inu. G.799

L'idéal masculin de l'époque romantique est celui dun buste large et bombé, aux épaules étoffées, à la taille resserree en cône renversé. Cette silhouette martiale et athlétique, visible dans les gravures de mode, ne doit pourtant que peu à la nature. Car cette morphologie parfaite est presqu entierement construite par le tailleur. Des garnitures savamment disposées permettent de ouater les habits, et de creer une musculature fictive. Les dandys pouvaient avoir recours aux mêmes artifices que les femmes, et user du corset. On sait que les corsets étaient relativement communément portés. Comme de droit, ce sont les pratiques les plus extrèmes qui ont attiré les moqueries, notamment par leur similitude avec les usages féminins, à l'image de la caricature du Bon genre, fustigeant < Mademoiselle Busc et Monsieur Corset >.

Pierre de La Mésangère (1761-1831), éditeur " Mademoiselle Busc et Monsieur Corset >. gravure n° I de la série du Bon genre, 1819 Gravure a l'eau forte et au pointillé coloriée Montauban, collection particulière
3. Henry Monnier (Paris, 1799-Paris, 1877), dessinateur François Villain (Buire-au-Bois, I790-I852). lithographe


Pierre de La Mésangère (1761-1821), éditeur
Habit de drap. Gilet de satin bordé  Pantalon de casimir. Redingote fermée par des brandebourgs , gravure de mode tirée de la série des Costumes parisiens (n' 2863), parue dans le Journal des dames et des modes, 1831
Estampe coloriée / Collection Adrien Chombart de Lauwe

Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait de Jean-Charles-Auguste Simon, 1806 Crayon graphite sur papier vélin Orléans, musée des Beaux-Arts, inv. DE.792
Au début de sa carrière, Ingres se lance dans le genre du portrait à travers une série de tableaux figurant des intimes ou des proches, qui lui permettent de démontrer la précocité de son talent et sa maftrise technique. Les images de Jean-Charles- Auguste Simon (ci-dessus), ou celles de Iean-François Gilibert et Belveze Foulon ont en commun de présenter leur modèle en buste, de trois-quarts avec un regard frontal grâce à un léger contrapposto. Ce dispositif permet de décrire la tenue vestimentaire et de placer le visage, éclairé par la blancheur des cols de chemise, au centre d'une composition sobre autant qư'efficace. Dans les portraits de Simon comme dans celui de Gilibert, Ingres s'est attaché à rendre visible la rigidité de leurs costumes, notamment dans leur col et les devants d'habit.

Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait de François-Marius Granet à Rome, 1807 Huile sur toile Aix-en-Provence, musée Granet, inv. 849.1.31
Le Portrait de Granet est sans doute l'un des plus beaux portraits d'homme conçu par Ingres et son premier portrait en extérieur, départ d'une série que l'artiste explorera volontiers pour représenter les Français en Italie avec une idée, récurrente chez lui, de croiser ce genre du portrait avec ceux de la peinture d'histoire ou du paysage. Ce dernier genre étant justement celui dans lequel excelle François-Marius Granet, le plus proche ami d'Ingres à cette époque. Le charme de la toile vient de la complémentarité entre un visage déja tres romantique par les boucles brunes qui l'encadrent - nous ne sommes qu'en 1807- et ce ciel d'orage au-dessus du Quirinal. On pense au célèbre Portrait de Chateaubriand peint par Girodet la même année, avec lequel Granet partage paysage romain et élégance vestimentaire. Cravate de soie sur une chemise à la blancheur immaculée et manteau élegant pour chacun signent le raffinement d'une tenue d`artiste.

Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait d'Alexandre Lethiere, 1815 Crayon graphite sur papier Bayonne, musée Bonnat-Helleu, in. N958; 632
Alexandre Lethière est le fils ainé du peintre Cuillaume Guillon Lethière (1760-1822). directeur de la Villa Médicis et ami proche d'Ingres à Rome. Entre 1808 et 1818, le maitre de Montauban dessina au moins dix portraits des membres de cette fami]le alliée. Cette effigie, réalisée par Ingres, constitue une étape préparatoire d'un portrait de groupe familial Le modèle porte les multiples couches superposées qui constituent la mise d'un élégant du début du XIXe siècle : chemise, habit, redingote, et un imposant carrick, comportant pas moins de quatre pèlerines étagées. On peut imaginer la rigidité, voire l'inconfort, de tant d'épaisseurs superposées. Dans le dessin d'Ingres, ce pardessus impose une silhouette massive et pyramidale qui structure et occupe souverainement la feuille.

Jean- Auguste-Dominique Ingres Portrait de Madame Marcotte de Sainte-Marie, 1826 Huile sur toile Paris, musée du Louvre.
< Mme de Sainte-Marie avait de grands yeux ronds. des yeux de myope, le nez fort et la bouche charnue ; Ingres n'a point trahi la nature. car il l'a rendue telle quelle > disait de ce portrait le biographe d'Ingres, Henry Lapauze. La splendeur singulière de cette effigie, dont la gamme colorée se réduit à l'opposition raffinée des soieries d'un marron chaud de la robe contrastant avec le iaune dor soutenu du sofa, suscite des réactions mitigées aupres des amateurs d'Ingres. On trouve Mme Marcotte peu avenante mais on raconte aussi que sa faible santé lui rendait les séances de pose insupportables et qu'elle ne pouvait garder l'immobilité de ses mains qui, en définitive, ont éte peintes d'apres celles de Mme Ingres. Ce serait l'origine de la présence des petits obiets quelle tient : face-à-main. livre, mouchoir, qui lui donnent une contenance mais aussi un grand naturel On note l'élégance de sa toilette, sa coiffure tres sophistiquée et la richesse de ses bijoux parfaitement à la mode en ce milieu des années 1820. Mais, par son style puissamment original, Ingres éloigne son effigie de ce qui pourrait n'être qu'un portrait d'apparat mondain.

Jean- Auguste-Dominique Ingres Madame Leblanc (sa tête), 1822-1823
Crayon graphite, sanguine et estompe sur papier Montauban, musée Ingres Bourdelle

|ean-Auguste-Dominique Ingres Portrait de Madame Depaulis, vers 1829 Crayon graphite sur papier Paris, musee du Louvre, inv. RF 2801, recto8
Ces deux dessins témoignent de l'attention quIngres portait aux coiffures de ses modèles, qu'il restituait avec une fidélité quasi documentaire. Ils illustrent un moment charnière de la mode capillaire : apres la disparition de la perruque et de la poudre, marqueurs de l'Ancien Régime, la coiffure féminine s'est progressivement verticalisée dans les annees 1820-1830. Faite à l'aide d'extensions parfois soutenues par des armatures, elle doit contrebalancer l'ampleur des manches gigot et du buste élargi alors en vogue. Dans le Portrait de Madame Leblanc (vers 1822). la coiffure reste encore modérée en hauteur et Ingres insiste sur les reflets qui jouent sur les boucles. Celui de Madame Depaulis (vers 1829), présente un < neud d'Apollon > - construction en hauteur inspirée de l'Apollon du Belvédère, une sculpture antique célèbre.

Deux robes du soir coupées dans des tissus de la maison Gagelin : gravure de mode parue dans La Mode, 25 janvier 1845 Estampe coloriée Rouen, bibliothèque patrimoniale Jacques Villon

Tenues pour l'opéra : robes du soir et coiffures, gravure de node parue dans La Mode, 5 novembre 1844 Estampe coloriée Rouen, bibliothèque patrimoniale Jacques Villon,

Pierre de La Mésangere (1761, 1831), éditeur < Coiffure ornée de gaze et de perles par Mr. Albin. Robe de crépe garnie de rouleaux de satin et de fleurs. Echarpe fermée d'une pointe de gaze bordée de satin >, gravure de mode de la série des Costumes parisiens (n° 2386), parue dans le Journal des dames et des modes, 1826
Estampe (taille-douce) coloriée Rouen. bibliotheque patrimoniale Jacques Villon, inv. Hedou mm 1462

Charles Philipon(Lyon, 1800-Paris, 1862) « L'utile Marchande de Corsets », planche n° 37 virée d'une suite sur les commerçantes et ouvrières de Paris, entre 1828 et 18029 L'échographie colorié Paris musée Carnavalet- Histoire de Paris, in0.0e709

Jean-Auguste-Dominique Ingres (et atelier) Ferdinand-Philippe-Louis, duc d'Orléans, 1844 Huile sur toile Versailles, musée national des chateaux de Versailles et de Trianon, in M¥ 5309 (anciens n" LP, 5975 ct ine. 5420)
Cest Ingres qui, en 1842, a fixé pour toujours l'élegante silhouette du duc d'Orléans dans notre souvenir, d'autant plus que son tableau est le dernier pour lequel le prince a posé avant de mourir dans un accident quelques mois plus tard
Cet evenement tragique suscita un grand nombre de copies de ce portrait mais un an plus tard, Louis-Philippe souhaita une nouvelle version en pied cette fois. Ingres dut donc reprendre la composition initiale et les nombreuses études preparatoires montrent quil ne contenta pas de rallonger les jambes du prince royal. Il dut faire poser un modèle pour cette reprise posthume afin d'étudlier la facon dont le pantalon, tenu par des sous-pieds (bandes cousues à fourket) evitant faus plis et tassement des jambes, allait allonger la silhouette. Or ici, il gondole sans doute en raison des jambes trop courtes du modèle.

Joon Sung Bae (Gwangju, 1967) Painter's clothing (Ingres), 1997
Photographie coulcur et épreuve sur papier Kodak professionnel et acrylique
Paris, Fonds national d'art contemporain (FNAC), inv, FNAC 99950 (1 et 2), dépôt au musee des Beaux-Arts de Tours

Jean-Auguste-Dominique Ingres
Portrait de femme (autrefois considérée comme Madame Aymon), dit La Belle Zélie, 1806
Huile sur toile
Rouen, Réunion des musées métropolitains, musée des Beaux-Arts, inv. 1870.1.1
Parmi les premiers portraits d'Ingres peints en Italie, se trouve celui que Delaborde avait baptisé, sans aucune explication, en 1870 < Mme Aymon > et qui entra au musée des Beaux-Arts de Rouen, dont elle est l'une des icônes, sous le surnom de < La Belle Zélie >, emprunté au refrain d'une chanson à la mode dans l'atelier de David. Elle se distingue dans l'oeuvre d'Ingres par ce fond de ciel bleu lumineux et la vivacité de sa gamme colorée
Elle fut peinte à Paris, en 1806, fascinant sûrement le peintre par sa beaute brune et ses <"accroche-coeurs" (bouclettes sur le front). Ingres les transforme ici de son pinceau en pur jeu plastique de volutes, répondant à la torsion antinaturelle du cou, aux courbes du visage et au décolleté pigeonnant de la robe. Le portrait frappe par sa simplicité et sa sensualité, que l'artiste souligne avec cette petite tache de lumière sur les lèvres entrouvertes de la jeune femme et la forme arrondie du châle rouge destinée à adoucir la ligne des épaules en arc de cercle.

LA MODE EN COULEURS
Le 19e siecle voit l'avenement d'une dichotomie vestimentaire radicale. entre le costume masculin sombre et dépouillé - cest la <grande renonciation > théorisée en 1930 par le psychanalyste anglais John C. Flügel (Liverpool, 1884- Londres, 1955) -, et la tenue de la femme parée de richesses et de couleurs. Cette dernière fait alors figure de porte-étendard de la réussite sociale de son mari, phénomène que le sociologue Thorstein Veblen (Cato, 1857 - Menlo, 1929) analysera a la fin du siecle sous le nom de < consommation par procuration >.
Sous le Second Empire, l'arrivée des colorants synthétiques porte cette opposition à son paroxysme : teintes vives et tapageuses envahissent les robes féminines, tandis que l''homme demeure en < deuil perpétuel >, selon le mot de Baudelaire (Paris. 1821- Paris. 1867). Ingres rend compte de cette réalité avec acuité. Lui que l'on dit indifférent à la couleur n'a pourtant pu passer à côté de ce défi : comment retranscrire par les pigments l'éclat des colorants textiles ? C'est d'ailleurs avec gourmandise qu'il rend le bleu intense de la robe de sa seconde épouse, Delphine Ramel, caractéristique des teintes saturées des années 1850-1860


Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait de Delphine Ramel, 1855 Fac similé / Huile sur toile Winterthour, Collection Oskar Reinhart < Am Römerholz

Jean-Auguste-Dominique Ingres
Portrait de Madame Ingres, nee Ramel, 1852 Crayon graphite et aquarelle sur papier vélin Bayonne, musée Bonnat-Helleu, in. 244
Quelques temps après avoir perdu Madeleine, Ingres. incapable de rester seul, épousa en avril 1852, Delphine Ramel (1808-1887), qui lui avait été présentée par ses amis Marcotte. Elle avait presque trente ans de moins que lui mais le couple vécut tres heureux durant les quinze années qui restaient àa vivre à l'artiste. Durant ce temps, Ingres qui disait pourtant vouloir arreter de faire des portraits, réalisa celui de sa femme trois fois, d'abord avec deux dessins puis enfin une huile sur toile peinte en 1859. Celle-ci, considérée comme le dernier de ses portraits, est une merveille.

Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait de Jean-Pierre-François Gilibert, I804 Huile sur toile Montauban, musée Ingres Bourdelle, inv. MI.37.2
Au debut de sa carrière, Ingres se lance dans le genre du portrait à travers une série de tableaux, figurant des intimes ou des proches, qui lui permettent de démontrer la précocité de son talent et sa maitrise technique. Ainsi, Gilibert, ami d'enfance de Montauban. venu à Paris rendre visite à Ingres avant son départ pour Rome,
Ce tableau présente son modèle en buste, de trois-quarts avec un regard frontal grâce à un léger contrapposto. Ce dispositif permet de mieux détailler la tenue, mais également de placer le visage, éclairé par la blancheur du col de chemise, au centre d'une composition sobre autant qu'efficace. Le peintre s'est attaché en outre à rendre visible la rigidité du costume, le col et les devants d'habit étant raidis par des garnitures.

Louis François Cabanes (Toulouse, 7867-Paris, 1947) Portrait de Monsieur Bertin, copie d'après le tableau de Jean-Auguste-Dominique Ingres conservé au Louvre, vers I897 Huile sur toile Montauban musée Ingres Bourdelle, inc MID.8073
Le Portrait de Louis-François Bertin (766-1841). est pour beaucoup l'une des plus extraordinaires effigies jamais representées par Ingres. La pose saisissante de M. Bertin, assis et comme prêt se lever, surpris en train de discuter politique avec ses enfants, ne fut pas immédiatement trouvée par Ingres qui avait pensé, dans un premier temps - comme le montre les dessins préparatoires : représenter son modèle debout. Car assis de nombreux plis du gilet et du pantalon déforment la silhouette de son modèle, faisant ressortir son embonpoint. Mais ce détail, associé aux mains trop larges avec leurs doigts crochus et à cette tête décoiffée par l'intensité de la discussion, donnèrent toute sa notoriété à ce portrait, qui a fini par représenter le type même du grand bourgeois parisien sous la monarchie de Juillet. Le portrait du Louvre est évoqué ici avec une copie réalisée par Louis Cabanes, auteur de plusieurs reprises de tableaux d'Ingres, commandées par l'État pour diffuser l'ouvre du grand maitre auprès des musées français.

Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait de
Mme Moitessier assise. 1856 Reproduction du tableau conservé à la National Gallery.

Sébastien Passot (costumier)
Robe du soir en deux parties, d'après celle portée par Madame Moitessier dans son portrait réalisé par Ingres (1856, Londres, National Gallery),. 2026
Taffetas de soie, impression pigmentaire d'un motif de fleurs imitant la technique de l'imprimé sur chaine. Garnitures d'effilés de soie. Crinoline-cage et jupon en popeline de coton
Dans son second portrait peint par Ingres (1856, Londres. National Gallery, reproduit ci-dessus) Madame Moitessier porte une opulente robe à crinoline, coupée dans une soie d'inspiration néo-XVIIIe. Les motifs du taffetas - bouquets de roses dans le style dit < Pompadour > - reprennent les formes irrégulières et flammées des textiles < chines la branche en vogue au siècle précédent. Cet aspect y est obtenu par une technique inventée vers 1816, celle de ] < imprime sur chaine > : on tisse une première étoffe temporaire sur laquelle on imprime un décor aux contours réguliers, puis on en arrache le fi1l de trame, les fils de chaine étant laissés vierges en réserve. Un second tissage avec une nouvelle trame produira cet effet ombré caractéristique, rappelant likat asiatique. La reconstitution de cette robe, faite pour l'exposition, présente un tissu à laspect très similaire, obtenu grace à une technique d'impression numérique.

Charles Vernier (Paris, 1813-Versailles, 1892). dessinateur
Pierre-Louis-Hippolyte Destouches
(Aix-en-Provence, 1801, 1869), lithographe
< Crinolines en wagon de 1ere classe >,
estampe tiree de la série
des Modes pour rire, vers 1855
Lithographie en couleur
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris, inv. G.35828
Si la crinoline est associée dans les imaginaires au Second Empire. elle est née des la monarchie de Juillet, vers 1845. Depuis 1830, les jupes s`arrondissent, en référence aux paniers du xvIIte siècle, mais elles n'atteignent pas encore la grande circonference caractéristique de la nouvelle ligne. Les caricaturistes s'en donnent a cœur joie face à ces jupons volumineux et difficilement maitrisables Car toute la difficulte, pour les modeles comme pour les peintres, est de ne pas donner l'impression d'y disparaitre, noyée au milieu du flot de tissu.


Affiche publicitaire pour le magasin de nouveautés « Au paradis des dames » 1856 Estampe en couleur (gravure sur bois) Paris, Bibliothèque nationale de France

Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait de Madame Gonse, 1845-1852 Huile sur toile Montauban, musée Ingres Bourdelle, in. MI.28.2.1
Madame Gonse (1815-1901), née Caroline Maille a 37 ans quand Ingres peint son portrait. Elle rencontre l'artiste dans des circonstances relarées par Henry Lapauze, premier proprietaire du tableau qu'il legua au musée de Montauban. Ce portrait fut achevé assez rapidement, en 1852, dans un contexte de saturation d'Ingres face aux nombreuses commandes de ce genre qui l'accablaient. < Maudits portraits qui m'empèchent toujours de marcher aux grandes choses que je ne puis faire plus vite, tant un portrait est chose difficile >. La toile offre un cadrage resserré qui, de ce fait, confere un role central aux dentelles, bijoux et rubans, apanage luxueux de ce mitan du siècle. Ingres, était en effet ecartele entre sa volonte dinscrire ses modèles dans leur époque, en utilisant la mode et la nécessité de les idéaliser et ses accessoires, pour leur faire rejoindre le grand genre, celui de la peinture d'Histoire.


Jean-Auguste-Dominique Ingres Madame ).A.-D. Ingres, née Madeleine Chapelle, vers 1814 Huile sur toile Zurich, Sammlung Emil Bühne, inc. B4/0


|ean-Auguste-Dominique Ingres
Edme Bochet 
Huile sur toile
Paris, musée du Louvre, inv, RE 194
Edme Bochet (1783-1871) était Inspectrur de l'Enregistrement et des Domaines à Rome au moment ou Ingres le peignit en 1811 Son portrait étonne par ce format ovale. réserve aux femmes chez Ingres, ct par l'extreme paleur du visage qui émerge d'un fond sombre et uni. L'artiste réussit a rendre avec une grande habileté le beau velours marron de la veste accompagnant un pantalon bleu foncé. Seuls le col et la cravate d'un blanc éclatant illuminent la composition, subtilement éclairée par la breloque au bas du tableau. Ingres temoigne ici parfaitement de cette nouvelle tendance influencée par l'anglomanic, consistant à refuser toute parure, ostentation et coulcur à la gent masculine. Le psychanalyste J. C, Flügel verra dans cette mode - plus simple, plus sobre, plus sombre -, une "grande renonciation", terminologie restée célèbre

Jean-Auguste-Dominique Ingres Portrait de Belveze-Foulon, 1805 Huile sur toile Montauban, musée Ingres Bourdelle inv. M1.842.8
Au début de sa carrière, Ingres se lance dans le genre du portrait à travers une serie de tableaux, figurant des intimes ou des proches, qui lui permettent de démontrer la précocite de son talent et sa maitrise technique. Le Portrait de Belveze Foulon presente son modèle en buste, de trois- quarts avec un regard frontal grace a un léger contrapposto. Ce dispositif permet de définir la tenue et de placer le visage, éclairé par 1a blancheur des cols de chemise, au centre d'une composition sobre autant quefficace.

ALLURE INGRES
Existe-t-il une < allure Ingres >? Autrement dit, quel pouvait etre le rapport entretenu par Ingres avec la mode. dans sa vie personnelle. dans sa vie d'artiste ou dans sa vie officielle ? Que voulait-il dire exactement quand, a la fin de son carnet,  il ecrit < La Mode sujet de peinture >?
Le peintre, on le sait, n'a pas fait exception au mépris genre pour les tendances vestimentaires. professé par la plupart de ses contemporains masculins. Et quand on scrute son iconographie, il semble porter le meme manteau un peu use depuis l'Autoportrait d'Anvers (1855) jusqu'au portrait photographique fait chez Disdéri (Paris, r819 - Paris, 1889) en 1866, ou l'artiste pose en Monsieur Bertin. On ne connait pas de textes précis ou Ingres theoriserait une quelconque critique du dandysme, mais on l'entend se plaindre d'avoir à s'habiller, action qu'il compare aux travaux d'Hercule. En revanche, il demande à ses modèles feminins de porter tenues, bijoux ou accessoires au gout du jour, et semble encourager la coquetterie de sa première épouse, Madeleine, ou apprécier l'elegance de la seconde, Delphine.

Horace Vernet (Paris, 1789-Paris, 1863
< Monsieur Ingres. Grande tenue, culotte courte >, 1853 Encre brune sur papier transparent Montauban, musée Ingres Bourdelle, int. MI.2012.3.1
Ingres, de par sa notoriété, a été maintes fois caricature. Cette feuille d'Horace Vernet dit bien le mépris amusé dans lequel son auteur tient notre peintre. Peu charitable, il se moque de sa petite taille (Ingres mesurait 1,53 m) en le dessinant dans sa tenue officielle d'académicien, figurée trop grande pour lui: le pantalon lui remonte jusque sous le menton, son epee gigantesque traine par terre et sa médaille de la Legion d'honneur en guise de nombril acheve de ridi-culiser le peintre. Cette caricature est datée de 1853. et s'inscrit dans le mouvement qui voit la mise en scene de la querelle d'Ingres, < le Thiers de la ligne face a Delacroix, < le Proudhon de la couleur >

Camille Dolard
(Lons-le-Saunier, 1810-Lyon, 1884)
Portrait d'Ingres à sa fenêtre, entre 1856 et 1858
Fac-similé
Tirage photographique d'après un négatif sur verre au collodion Paris. musée d'Orsay, in


INSPIRATION INGRES
< Il n'y a en art ni passé, ni futur. L'art qui n'est pas dans le present ne sera iamais >, disait Picasso (Malaga, 188r - Mougins, 1973), grand admirateur d'Ingres, Ce dernier n'ayant cesse d'inspirer les générations d'artistes qui lui ont succédé
Le maitre de Montauban n'a pas choisi sa postérité. Mème s'il l'avait activement préparée avec l'aide de son groupe de fidèles disciples. il ne se doutait pas du contenu exact de lhéritage qu'il léguait a son siècle puis aux suivants. S'il savait en disparaissant, quc sa ville natale recueillerait pour son musee ses dessins, ses collections personnelles douvres d'art et son fameux violon, il était loin de s'imaginer que cette même institution servirait quelques années plus tard de lieu fertile en découvertes aux artistes les plus divers, parfois bien éloignés de lui tels un Degas (Paris, 1834 - Paris, 1917) ou encore un Picasso, qui allaient rompre joyeusement avec l'etiquette du classicisme qu'on colle encore trop souvent a Ingres.
Il était juste que les créateurs de la modc daujourdhui s'emparent de son art, aussi bien pour le détourner ou le désacraliser tout en lui rendant hommage tel que Castelbajac (Casablanca, 1949), ou au contraire pour le fétichiser comme Issey Miyake (Hiroshima, 1938 - Tokyo, 2022, avec l'aide du Japonais Morimura (Osaka, 1951)

Wolkoff & Arnodin (Paris. actif de 1987 2022) 
agence de publicité Mario Sorrenti (Naples, 1971), photographe La Baigneuse Valpinçon, par Yves Saint Laurent Rive Gauche 1998 Photographie couleur Utilisée pour une campagne publicitaire Paris, musee des Arts décoratifs inv. 2007.51.38

Jean Charles de Castelbajac (Casablanca, 1949), couturier Saint Clair Cemin (CruzAlta, Brésil, 1951), sculpteur Imperméable épistolaire, printemps- été 1992 Vinyle (PVC) transparent, garni de 83 cartes postales Boutons pression en métal. Paris, Palais Galliera musée de la Mode de Paris, inv. 2003.85.2

Allure Ingres pages interieures du magazine Vogue (édition France) n°7644 Magazine imprime

Yasumasa  Morimura (Osaka, 1951), plasticien pour Plcats Please par Issey Miyake (Tokyo et Paris, depuis 1993), maison de pret-a-porter d'apres La Source de Jean-Auguste-Dominique Ingres
La robe créée par Issey Mivake d'après Ingres est tout a fait emblematique de la postérité du maitre de Montauban qui inspire un créateur qui, lui-même, en inspire ensuite un autre. - creant ainsi une chaine ininterrompue de dialogues a travers le temps.Au depart, artiste japonais Yasumasa Morimura (ne en 1951) se sert de l'image de La Source d'Ingres, canon du nu ideal, pour recouvrir son propre corps nu lui aussi avee ce modèle de perfection classique. dans le cadre de sa serie Self Portrait as Art History - oeuvre dans laquelle il s'empare avec ironie des chefs-d'oeuvre de l'art occidental, En 1996, Issey Mivake, un des couturiers japonais les plus célebres de son temps, a commandé à Morimura cette oeuvre - première d`une série de collaborations avec des artistes - pour la voir imprimée sur les robes de sa ligne ‣ Pleats Please , au plissage permanent. Dans un jeu de miroirs saisissant, la tenue elastique du corps de la Source s'élargie et se tord à volonté, suivant les courbes du corps feminin et les mouvements de celle qui la porte, en écho aux celèbres déformations anatomiques du maitre de Montauban, 
Portrait (La Source 11). automne-hiver 1996-1997 Robe longue, Toile de polvester, procede de-plisse permanent. 

On ne quittera pas ce beau musée sans quelques "hommages" au maître et le fameux violon que Ingres dit-on jouait en virtuose...

Le violon d'Ingres

Jean-Claude PICARD (Né en 1940)
Hommage à Ingres, 1986 D' après Madame Moitessier de Jean-Auguste-Dominique INGRES (Washington, National Gallery of Art),1851
Huile sur toile Ml.2022.1.1 Don de l'artiste, 2022

Brace DIMITRIIEVIE ( Né à Sarajevo en 1948) Triptychos Post Historicus, 2008 Photographie M1.2010.15.1 Acquisition de la Ville de Montauban avec l'aide du Fonds Régional d'acquisitions pour les Musées, 2070. Part 1 Madame Gonse, de Jean-Auguste Dominique ingres ( Montauban Musée Ingres Bourde le). 1852. Part.Il Nappe de Florence Viguier-Dutheil Part.Ill : Pomme

GUERRILLA GIRLS (Collectif de femmes artistes créé à New-York en 1985)
Est-ce que les femmes doivent être nues pour entrer au Metropolitan Museum ? 1989-2009
Affiche éditée en 2009 pour l'exposition < Ingres et les Modernes > MI.2010.9.1
Acquisition de la Ville de Montauban, 2010
Guerrilla Girls est le nom d'un collectif de femmes artistes. féministes et radicales, créé à New-York en 1985. Elles envahissent les rues de slogans cinglants qui dénoncent les inégalités inhérentes à leur univers. Do women have to be naked to get inta the Metropolitan Museum? est une de leurs toutes premières affiches et rend exactement compte des activités de propagande artistique, sociale et politique auxquelles elles se livrent. Elles appuient leur discours sur une image célèbre : La Grande Odalisque d'Ingres, affublée de leur effrayant masque de gorille, accompagnée de données statistiques. Le collectif féministe entend ainsi révéler au public les conditions de visibilité et de présence des femmes dans les musées. Cette affiche a été traduite en francais et ses statistiques actualisées à l'occasion de l'exposition < Ingres et les Modernes > en 2009. Elle a été installée sur la flotte de bus montalbanais durant les trois mois d'exposition.

Lala ESSAYDI ( Née au Maroc en 1956) Les Femmes du Maroc . La Grande Odalisque, 2008 Photographie M1.2070.71 Acquisition de la Ville de Montauban auprès de l'artiste avec l'aide du Fonds Régional d'acquisitions pour les Musées,2010. D'après La Grande Odalis que de Jean-Auguste-Dominique ingres (Paris, Louvre). 1874.

Stéphane LALLEMAND (Né à Epinal en 1958)
La Grande Odalisque, 2007
Photographie
Ml.2010.10.1
Acquisition de la Ville de Montauban auprès de l'artiste avec l'aide du Fonds Régional d'Acquisitions pour les Musées, 2010.
D' après La Grande Odalisque de Jean-Auguste-Dominique Ingres (Paris, Louvre)

Henri CUECO (Uzerche, 1929 - Paris, 207) Érotiques d'Ingres, 2008 Acrylique sur papier brun M1-2012-2-7 Acquisition de la Ville de Montauban, 2012 D'après les dessins érotiques d'Ingres ( Montauban. Musée Ingres Bourdelle).

Richard LEAROYD Nelson, 1966
After Ingres, 2010
Photographie MI. 2022.4.1- Achat de la Ville en 2022
Photographe de la scène contemporaine britannique, Richard Learoyd reprend le thème de l'Odalisque aux connotations érotiques. ll fait poser dans son studio une jeune femme dans une posture directement inspirée d'un dessin d'Ingres conservé au musée de Montauban. La composition d'un grand dépouillement, le raffinement de la lumière et la sobriété de la gamme colorée renvoient à la perfection de la Baigneuse Valpinçon d'Ingres (musée du Louvre).

Jules Léon FLANDRIN (Corenc, 1871-Corenc, 1947) D'après Jean-Auguste-Dominique INGRES La Grande Odalisque, 1903
Dépôt du musée du Louvre,

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