jeudi 30 juillet 2026

Les gens de Paris au musée Carnavalet en novembre 2025




LES GENS DE PARIS
1926-1936
Dans le miroir des recensements de population
Depuis le début du 19 siècle, Paris connait une croissance démographique continue, avec un pic de population identifié en 1921 (2,89 millions d'habitants), jamais égalé depuis. Pour connaitre le chiffre et la composition de sa population, Paris, comme chaque commune française, procède tous les cinq ans à un recensement donnant lieu à la publication de statistiques. Mais, à la différence des autres communes, la capitale n'a jamais dressé de liste nominative des personnes avant 1926, ce qui rend ces trois recensements de 1926, 1931 et 1936 sans précédent.
Pour toutes les rues, regroupées par quartiers, figurent, classés en une quinzaine de colonnes : les noms et prénoms, l'année de naissance, le lieu de naissance, la nationalité, la situation familiale, la profession de chaque individu présent à Paris la veille du jour du recensement.
Souvent consultés lors de recherches généalogiques, ces registres invitent à se lancer dans une enquête inédite sur la population parisienne d'il y a cent ans. Partant de la structure générale bien spécifique de cette population, le portrait des Parisiennes et des Parisiens est dressé en quatre étapes, des lieux de naissance et nationalités aux professions exercées, en passant par les situations familiales et la répartition au sein de chaque quartier et immeuble de la ville. Une mosaïque de récits de vie les plus variés émerge dans un tourbillon de souvenirs et d'émotions. Cette exposition invite à mieux se - et nous - connaître et reconnaître, individuellement et collectivement

Georges Hanna Sabbagh (Alexandrie, Égypte, 1887, naturalisé français en 1930 - Paris, 1951

Romaine Goddard Brooks (Rome, 1874 - Nice, 1970)
Portrait de Natalie Clifford Barney
(Dayton, Ohio, 1876 - Paris, 1972)
Femme de lettres, dite « L'Amazone >>
Portrait of Natalie Clifford Barney
(Dayton, Ohio, 1876 - Paris, 1972) Woman of letters, known as "The Amazon"
Vers 1920
Huile sur toile
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris, don de l'artiste
Romaine Goddard Brooks réalise le portrait de sa compatriote et compagne, l'Américaine Natalie Clifford Barney. À l'arrière-plan est représentée la cour du
20, rue Jacob, où se trouve le temple de l'Amitié, salon littéraire tient la romancière chaque vendredi depuis que 1909. À cette date, Natalie Clifford Barney a déjà noué une relation intime avec l'écrivaine et aristocrate française Élisabeth de Gramont, duchesse de Clermont-Tonnerre. Toutes deux signent un «< contrat de mariage » symbolique, qui les lie pour la vie sans imposer ni fidélité ni vie commune.

Isaac Grünewald
(1889, Stockholm, Suède - 1946, Oslo, Norvège)
Portrait de Braindel Perlmutter dite Bronja Perlmutter
(Brest-Litovsk, Pologne,
1906 Neuilly-sur-Seine, 2004)
-
Portrait of Braindel Perlmutter
known as Bronja Perlmutter
(Brest-Litovsk, Poland, 1906 - Neuilly-sur-Seine, 2004)
Vers 1930
Huile sur toile
Boulogne-Billancourt, musée des Années 30, dépôt du Cnap
Braindel Perlmutter rejoint sa sœur Tylia à Paris en 1921. Leur famille, d'origine russo-polonaise, est exilée aux Pays-Bas. Elle pose pour différents peintres de Montparnasse et devient la compagne de l'écrivain Raymond Radiguet, auteur du Diable au corps. Celui-ci décède neuf mois après leur rencontre, en décembre 1923. À la fin de l'année 1924, Braindel rencontre le réalisateur René Clair pour qui elle tourne dans Le Voyage imaginaire, en 1926, et avec qui elle se marie le 2 juin 1928

Pierre Sichel
(Paris, 1899-id., 1983)
Portrait de Suzy Solidor
(Saint-Servan-sur-Mer, actuel Saint-Malo, 1900
- Cagnes sur Mer, 1983)
Portrait of Suzy Solidor (Saint-Servan-sur-Mer, now Saint-Malo, 1900 - Cagnes-sur-Mer, 1983)
1935
Huile sur toile
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris
Suzy Solidor, née Marion et devenue Rocher après le mariage de sa mère Louise Marion avec Eugène Rocher, est une figure marquante de la chanson française de l'entre-deux-guerres. Ce portrait est contemporain de l'ouverture du cabaret La Vie Parisienne, 12, rue Sainte-Anne (1er arr.), l'un des premiers cabarets lesbiens de Paris (1933). En 1926, Suzy Rocher-Solidor est recensée à son domicile, 269, rue Saint-Honoré, qu'elle partage avec sa compagne Yvonne de Bremond d'Ars, antiquaire

Agence Rol
Viviane Romance (Roubaix, 1912-Nice, 1991) Née Pauline Charpiot Ortmans et élue Mademoiselle Paris
Viviane Romance (Roubaix, 1912-Nice, 1991) Born as Pauline Charpiot Ortmans and elected Miss Paris
13 janvier 1931
Tirage au gélatino-bromure d'argent
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris

Raymond Emmanuel Woog (Paris, 1875-Neuilly-sur-Seine, 1949)
Portrait de Léon-Paul Fargue (Paris, 1878-id., 1947)
Portrait of Léon-Paul Fargue (Paris, 1878-id., 1947)
1929) et l'amie de celui-ci, Georgette Meurthe-et-Moselle en 1908). Tous au 115, rue de Belleville. Edith, ogée lo profession d'artiste. En 1936, mentionné comme acrobate au 1937, Edith Piaf, surnommée La Mome , enregistre entre autres la chanson , évoquant la passion d'une nuit, de regrets, avec un mystérieux militaire.
1931 census, Edith Gassion lived with Gassion (born in Calvados in 1881 1929) and his partner, Georgee Meurthe-et-Moselle in 1908). The three 115, rue de Belleville Edih, aged 15
acrobat In 1937 Edah Pal-nicknamed The Kid) in the mide of her meteoric recorded, among others, her song "Mon alluding to a one-night love affair full of gret with a mysterious soldier
1932, exposé au Salon de la Société nationale des beaux-arts en 1933, 2155 Huile sur toile
Paris, musée Carnavalet-Histoire de Paris, don de l'artiste
L'écrivain Léon-Paul Fargue a une riche connaissance de Paris, à la fois érudite et de terrain. Il vit avec so mère, Marie, née en 1842; leur gouvernante, Julienne Jabaly, est originaire de la Creuse. Ils sont recensés rue du Faubourg-Saint-Martin (10" arr.) en 1926, rue du Château-Landon en 1931 (10 arr.) puis, en 1936, rue du Four (6 arr.), voisins d'immeuble de Jacques Prévert. Auteur du Piéton de Paris en 1939, une flânerie à travers les rues de la capitale, Fargue est représenté ici à l'age de 54 ans.

Albert Sala, dit Albert Braitou-Sala (La Goulette, protectorat français de Tunisie, 1885 Arles, 1972)
Portrait d'Odette Alfano,
née Chenu (Haiphong, Indochine française, actuel Vietnam, 1913 - Paris, 2007)
Portrait of Odette Alfano,
born Chenu (Haiphong, French Indochina, now Vietnam, 1913 - Paris, 2007)
Vers 1933
Huile sur toile
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris
Odette Alfano est la fille de Gaston Chenu, directeur de la cimenterie d'Haïphong (Indochine française, actuel Vietnam) et l'épouse de Vincent Alfano (1901-1978), polytechnicien, sous-directeur des Chemins de fer de l'Indochine. L'Union indochinoise, constituée à la fin du 19° siècle, comprend des colonies et des protectorats, au total cinq « pays »>, dirigés depuis Hanoï et Saïgon.

Jules Cayron
(Paris, 1868-id 1944)
Portrait de Christiane Alexandre
(Paris, 1900-Cannes, 1982)

Jules Cayron
(Paris, 1868-id. 1940)
Portrait de Maurice Donnay (Paris, 1859-id., 1945) Auteur dramatique

Romaine Goddard Brooks (Rome, 1874-Nice, 1970)
Portrait d'Élisabeth de Gramont (Nancy, 1875 - Paris, 1954)
Duchesse de Clermont-Tonnerre, écrivaine

Gyula Halász, dit Brassaï (Braşov, Autriche-Hongrie, actuelle Roumanie, 1899-Beaulieu-sur-Mer, 1984)
Kiki de Montparnasse
Née Alice Prin (Châtillon-sur-Seine, 1901-Paris, 1953), à l'arrière-plan, avec ses amies Thérèse Treize de Caro (Paris, 1900 - Épinay-sur-Orge, 1988), au centre, et Émilie Carlu (Tubesent, 1902-Cucq, 1988), dite Lily, au premier plan Born Alice Prin (Châtillon-sur-Seine, 1901 - Paris, 1953), in the background, with her friends Thérèse Treize de Caro (Paris, 1900-Epinay-sur-Orge, 1988), in the middle, and Emilie Carlu (Tubesent, 1902 - Cucq, 1988), known as Lily, in the foreground
1932
Tirage au gélatino-bromure d'argent
Paris, Estate Brassal Succession
Future épouse du peintre Dubuffet en 1937, Émilie Carlu est née à Tubersent, dans le Nord. Elle est photographiée par Man Ray dès 1923, souvent en compagnie de l'autre égérie de ce dernier, Kiki de Montparnasse. Toutes deux comptent parmi les figures de ce quartier. Alice Prin, originaire de Côte-d'Or, vit seule, boulevard Raspail. En 1936, elle est recensée 9, rue Campagne-Première, en concubinage avec Pierre Laroque. Elle déclare la profession de chanteuse. Leur amie, Thérèse Maure ou Treize, comme la surnomme le poète Desnos, est née à Paris. En 1923, elle fonde un
établissement de gymnastique, rue Campagne-Première.

Emmanuel Gondouin
(Versailles, 1883 - Paris, 1934)
Portrait de Georges Clemenceau
(Mouilleron-en-Pareds, Vendée, 1841 - Paris, 1929) Descendant les Champs-Élysées en voiture
Portrait of Georges Clemenceau
(Mouilleron-en-Pareds, Vendée, 1841 - Paris, 1929) Going down the Champs-Élysées in a car
Vers 1920
Huile sur toile
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris
En 1920, le peintre Emmanuel Gondouin aperçoit Georges Clemenceau dans un taxi sur les Champs-Élysées, un an après le défilé des troupes françaises victorieuses de la Première Guerre mondiale. Il dessine alors son portrait à grands traits sur un carnet de croquis. Clemenceau est âgé de 79 ans. Ayant renoncé à la présidence du Conseil de la République française, il se retire de la vie politique la même année.

Paris, ville des amours
auquel
Si Paris a pour réputation d'être la « ville de l'amour »>, c'est peut-être parce que les célibataires y sont particulièrement nombreux. Les personnes qui ne sont pas mariées représentent en effet à cette époque 29 % des Parisiennes et Parisiens de plus de 15 ans. Ce célibat de masse - s'ajoute la présence de nombreuses veuves de guerre - s'explique par l'arrivée de jeunes gens venus chercher du travail. La capitale offre de nombreuses occasions de rencontre. L'essor des petites annonces matrimoniales est significatif. Les lieux de loisirs ne manquent pas dancings, bals, salons et espaces de sociabilité les plus divers.
Même si le concubinage est plus fréquent à Paris qu'ailleurs, le mariage reste, pour la majorité, un passage « obligé », notamment pour constituer une famille. Les jeunes femmes, en surnombre dans les générations les plus touchées par la Première Guerre, redoutent particulièrement le célibat, comme le montre la coutume des ouvrières des maisons de couture qui célèbrent, chaque 25 novembre, les "Catherinettes" encore célibataires à 25 ans.


Maurice Neumont
(Paris, 1868-id., 1930)
Marche des Catherinettes, Montparnasse à Montmartre
Organisée par Le Petit Parisien, avec le concours de la Commune libre du Vieux Montmartre

Valentine Gross, épouse Hugo (Boulogne-sur-Mer, 1887 - Paris, 1968)
Composition avec paysage parisien et deux personnages
Composition with Parisian Landscape and Two Figures
Vers 1930
Huile sur toile
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris
Proche des écrivains et des artistes surréalistes, Valentine Hugo fait la connaissance d'André Breton par l'intermédiaire du poète Paul Éluard. Séparée de son mari en 1929, elle adresse de nombreuses lettres passionnées au fondateur du surréalisme à partir de juin 1930. Leur liaison dure de juillet 1931 à l'automne 1932. Paris est ici célébré dans la communion amoureuse d'un couple enlacé. « Il faut aller voir de bon matin, du haut de la colline du Sacré-Coeur à Paris, la ville se dégager lentement de ses voiles splendides »>, écrit André Breton dans Les Vases communicants.

Les enfants parisiens
À Paris, la moitié des couples mariés vivent sans enfant. Ce faible nombre d'enfants, plus accentué à Paris que dans le reste de la France, est lié à un indice de fécondité très faible, de 1,6 enfant par femme en 1926 (1,4 en 1931 et 1,2 en 1936), mais aussi à l'éloignement des tout-petits qui sont placés en dehors de la capitale, en nourrice ou chez des parents.
En 1926, Paris compte près de 656 000 enfants âgés de 0 à 20 ans. 32 000 élèves sont inscrits en école maternelle ou élémentaire. La scolarité obligatoire, validée par le certificat d'études primaires (CEP), va de 6 à 13 ans jusqu'en août 1936, 14 ans ensuite. Pour mieux les accueillir, la ville rénove ou construit 24 groupes scolaires dans les années 1930. Les politiques publiques d'assistance à l'enfance évoluent lentement. Les enfants assistés, trouvés, abandonnés et orphelins, pupilles de l'État, sont au nombre de 27 000 en 1931. Dans les listes nominatives des recensements de la population, ils apparaissent dans les populations comptées « à part >>.



Maurice Barbey
(1880-?)
Travaux féminins
Esquisse pour le préau de l'école publique de filles, 8, rue Küss (13° arr.)
Women's Work
Sketch for the playground shelter in the girls' public
school at 8 Rue Küss (13th arr.)
1933
Huile sur carton
Projet non réalisé

Maquette de Paris
Studio EPOC
Maquette des îles de la Cité et Saint-Louis (4° arr.)
Models of the Île de la Cité and the Île Saint-Louis (4th arr.)
Vers 1935
Bois contreplaqué, carton, métal, verre, fer
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris



Textes de César Moro, André Breton, René Char, Paul Éluard, Maurice Henry, Édouard- Léon-Théodore Mesens, Benjamin Péret, Gui Rosey
Dessins de Jean ou Hans Arp, Victor Brauner, Salvador Dalí, Max Ernst, Alberto Giacometti, Marcel Jean, René Magritte, Yves Tanguy
Violette Nozières
Violette Nozières, collection of poems
Recueil
Bruxelles, Éditions Nicolas Flamel, 1933
Paris, bibliothèque littéraire Jacques-Doucet
L'histoire de Violette Nozière, née le 22 janvier 1915, conjugue deux tabous: le parricide et l'inceste. Le parricide, crime détruisant la filiation, suscite un discours sur la monstruosité qui vise à la fois l'acte et son autrice. Violette Nozière le justifie par les relations incestueuses dont elle accuse son père. Mais cette accusation, loin de la réhabiliter, accentue l'infamie de son geste aux yeux de ses contemporains. Le 1er décembre 1933, 17 écrivains et artistes surréalistes s'approprient collectivement et poétiquement ce fait divers dans une optique de critique sociale, et publient ce recueil en son hommage, qui contient notamment ces vers d'Éluard :
« Violette a rêvé de défaire
A défait
L'affreux noeud de serpents des liens du sang.>>

Paul Allier
(Montpellier, 1883 - id., 1967)
Vieilles bicoques rue Brodu (14° arr.)
Old Shacks on Rue Brodu (14th arr.)
1928
Huile sur toile
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris
Dans un quartier manufacturier et industriel du 14 arrondissement, la rue Brodu est renommée, par arrêté du 26 mars 1928, rue Maurice-Rouvier. Dans le recensement de 1931, à l'emplacement de ce numéro, une entreprise de travaux publics est mentionnée. Émile Chevillard la dirige. Cette rue se trouve dans l'îlot insalubre n° 17

Charles Carlier
(2, 1891-Juvisy-sur-Orge, 1986)
Le Passage Vilin, à Belleville (20° arr.) The Passage Vilin, in Belleville (20th arr.)
Vers 1930
Huile sur toile
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris, don du petit-neveu de l'artiste, Yves Carlier
Vilin est le nom d'un architecte-propriétaire des terrains environnants, maire de Belleville en 1848. Les escaliers mènent à la rue Piat. Dans l'entre-deux-guerres, le passage et la rue Vilin font partie de l'îlot insalubre n° 7, voué à la démolition. La façade rouge est celle d'un débit de boissons, à l'enseigne Au Repos de la Montagne. Le passage Vilin disparaît en 1988, avec la création du parc de Belleville.

Jacques-Émile Blanche
(Paris, 1861-Offranville, Seine-Maritime, 1942)
Portrait de René Crevel
(Paris, 1900-id., 1935)
Portrait of René Crevel
(Paris, 1900-id., 1935)
1928
Huile sur toile
-
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris
En 1926, l'écrivain et poète René Crevel vit au 5, rue de la Muette, 16° arr., avec sa mère Marguerite (née en 1877) et sa sœur Hélène (née en 1904). Son père s'est suicidé en 1914. Cette expérience traumatisante va le marquer. Il adhère au mouvement surréaliste, puis dadaïste. Proche des communistes, il s'engage contre le colonialisme. À partir de 1926, atteint d'une tuberculose très agressive, il alterne des périodes de maladie et de rémission. Il témoigne dans ses écrits de ses relations homosexuelles avec l'artiste Eugène McCown et le diplomate Tony de Gandarillas.

Paris par quartiers: l'Ouest parisien
Le classement des arrondissements établi à partir de la localisation
des familles parisiennes du Bottin mondain (un annuaire de familles sélectionnées suivant des critères de prestige social, associés au nom ou à la fonction) place en première position le 8e arrondissement, suivi des 16º, 7° et 17. Les employés de maison, majoritairement des femmes, sont nombreux en particulier dans les 8 et 16e arrondissements. Si de nombreux ménages, même peu aisés, ont une « bonne à tout faire », les plus riches peuvent employer des domestiques (maître d'hôtel, cuisinière, valet de chambre, gouvernante, chauffeur...), parfois en plus grand nombre que les membres de la famille eux-mêmes. Cependant, dans l'entre-deux-guerres, les domestiques, de moins en moins nombreux, occupent souvent leur propre logement. Le métier se resserre autour d'une seule employée de maison, chargée de l'entretien du domicile


Thérèse Bonney
(Syracuse, New York, 1894 - Neuilly-sur-Seine, 1978)
Portrait de Edmée Frisch de Fels,
duchesse de la Rochefoucauld
(Paris, 1895 - Paris, 1991)
Femme de lettres, peintre
Portrait of Edmée Frisch de Fels,
Duchess of La Rochefoucauld
(Paris, 1895- Paris, 1991)
Woman of letters, painter
Mars 1931
Plaque de verre, tirage d'exposition
-
Paris, Bibliothèque historique de la Ville de Paris
Dès 1927, Edmée Frisch de Fels dirige le périodique L'Union nationale des femmes, édité par l'association Union nationale pour le vote des femmes (UNVF), qu'elle préside à partir de 1930. Revendiquant l'obtention du droit de vote des femmes et l'égalité des droits, l'UNVF incarne l'avènement d'un suffragisme de droite et catholique. La famille de La Rochefoucauld, avec 4 enfants, vit dans un hôtel particulier situé 8, place des États-Unis (16 arr.). En 1926, deux femmes de chambre et une nurse suisse sont recensées ; en 1931, une institutrice, deux femmes de chambre et deux domestiques.

Edmée de La Rochefoucauld Née Frisch de Fels
(Paris, 1895-id., 1991)
Portrait de l'abbé Arthur Mugnier
(Lubersac, Corrèze, 1853 - Paris, 1944)
Portrait of the Abbé Arthur Mugnier (Lubersac, Corrèze, 1853 - Paris, 1944)
Vers 1939
Huile sur toile
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris
L'abbé Mugnier, invité des salons aristocratiques du faubourg Saint-Germain, donne des conférences littéraires et publie des critiques dans les journaux parisiens. Il tient un journal entre 1879 et 1939. En octobre 1909, l'archevêque de Paris l'oblige à démissionner de sa charge de premier vicaire de Sainte-Clotilde suite à des échanges avec un prêtre excommunié, marié et fondateur d'une Église
néo-gallicane indépendante. Mugnier quitte Paris un temps. À son retour, il habite un petit appartement au 5, rue Méchain (14° arr.), où il est recensé en 1926, 1931 et 1936. Sa domestique, Marie Sacton, née dans le département de la Seine, en 1863, est remplacée en 1936 par Yvonne Le Bou, née en 1876.

Jean-Gabriel Domergue (Bordeaux, 1889 - Paris, 1962)
Portrait de Mme Domergue Née Odette Maugendre-Villers (Gournay-en-Braye, 1884 - Cannes, 1973), promenant son lévrier avenue du Bois, actuelle avenue Foch (16° arr.)

Maurice-Louis Branger
(Fontainebleau, 1874 - Mantes-la-Jolie, 1950)
Portrait de Jean-Gabriel Domergue avec sa femme
Portrait of Jean Gabriel Domergue with his wife
1922
Plaque de verre, tirage d'exposition
Paris, collections Maurice-Louis Branger / Roger-Viollet/ Bibliothèque historique de la Ville de Paris
Lauréat du prix de Rome en 1912, disciple du peintre Giovanni Boldini (Ferrare, Italie, 1842 - Paris, 1931) et de l'affichiste Jules Chéret (Paris, 1836 - Nice, 1932), Jean-Gabriel Domergue s'oriente vers le portrait mondain exaltant un stéréotype de femme élancée, active, << parisienne »>. En 1918, il épouse Odette Maugendre (1884-1973), sculptrice. Elle promène ici un lévrier persan. Tous deux résident au 41, rue Pergolèse et emploient deux couples de domestiques. Les premiers sont originaires d'Indochine française et les seconds, de Côte-d'Or

André Léveillé
(Lille, 1880-Paris, 1962)
Le Central téléphonique
de la rue Bergère
The Telephone Exchange on Rue Bergère
Vers 1920
Huile sur toile
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris

Agence Roger-Viollet
Concours annuel des dactylographes organisé par l'Association
professionnelle des dactylographes français à la Foire de Paris, Mlle Piau remporte le championnat européen Annual typist competition held by the Professional Association of French Typists at the Paris Fair, Ms Piau won the European Championship
29 mai 1927
Tirage d'exposition
Paris, collections Roger-Viollet / Bibliothèque historique de la Ville de Paris
Odette Piau, de nationalité suisse, est sténographe à la Société des nations, au Bureau international du travail, à Genève. Elle se présente au concours annuel des dactylographes organisé par l'Association professionnelle des dactylographes français, à l'occasion de la Foire de Paris, en 1927, et y reçoit un prix. Le journal L'Excelsior rapporte : « M Piau a remporté le championnat européen en tapant pendant une heure un texte inconnu à la vitesse de 98 mots par minute » (30 mai 1927).

Léon Fauret
(Mugron, 1863-Neuilly-sur-Seine, 1955)
Livraison de voitures au Salon de l'automobile, Grand Palais
Cars Delivered at the Paris Motor Show, Grand Palais
1930
Huile sur toile
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris

Gyula Halász, dit Brassaï
(Braşov, Autriche-Hongrie, actuelle Roumanie, 1899-Beaulieu-sur-Mer, 1984)
L'horloger de la rue Dauphine
The clockmaker on Rue Dauphine
Vers 1932-1933
Tirage gélatino-argentique
Paris, Estate Brassaï Succession

Jean Carlu
(Bonnières-sur-Seine, 1900 - Nogent-sur-Marne, 1997)
Affiche pour Paris-Soir,
journal quotidien
Poster for Paris-Soir, daily newspaper
1928
Lithographie, Les Imprimeries françaises réunies
Paris, bibliothèque Forney



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