
Antoine BOURDELLE
Montauban, 1861-Le Vésinet, 1929
Grand guerrier (1894-1900)
bronze
Elude pour le Monument aux combattants ef défenseurs du Tam-et-Garonne de 1870 1871
à Montauban,
Dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris (2007

Auguste RODIN
Paris, 1840-Meudon, 1917
Grande Ombre
1902
Bronze-Fonderia Coubertin, 1977 Inv. S. 624
Dépôt du Musée Rodin, 2014

Pietro FACCINI
Bologne 1562- Bologne 1602
La Madeleine au tombeau du Christ
Huile sur toile
Acquisition du musée, 2009. Inv. 2009. 2. 1-
Les oeuvres de Pietro Faccini, élève puis rival d'Annibal Carrache, sont très rares, une trentaine seulement dans le monde. Si l'influence des Carrache est toujours sensible ici, en particulier dans le paysage à l'arrière-plan, l'absence d'exagérations anatomiques et la dissolution des formes typiques de ses œuvres tardives permettent de dater cette peinture dans les années 1590. Marie Madeleine et deux anges manifestent leur stupeur par des gestes très expressifs, devant le tombeau vide de Jésus dont la pierre a été déposée au premier plan. La résurrection du Christ n'est pas montrée mais suggérée, notamment par l'ange désignant le ciel.

Giovanni Antonio SOGLIANI
Florence 1492 - Florence 1544
Vierge à l'Enfant avec saint Jean-Baptiste Huile sur bois
Dépôt de la ville de Langrune-sur-mer, 2008. Inv. D. 2008. 1. 1
Peinte vers 1530, cette Vierge à l'Enfant adopte un schéma pyramidal hérité de Léonard et probablement inspiré de La Charité d'Andrea del Sarto (1518, Paris, musée du Louvre). La grenade symbolise ici la Rédemption.

LOMBARDIE, d'après LÉONARD DE VINCI
Vinci 1452 - Amboise 1519
La Vierge aux rochers
Huile sur bois
Envoi de l'État, 1863. Inv. 275
Dès le début du XVIe siècle, de nombreux artistes lombards ont copié les deux versions de La Vierge aux rochers de Léonard de Vinci. Ce panneau, copie de bonne qualité de la version conservée au musée du Louvre (1483-6), a cette particularité de présenter un paysage au revers

Pietro Vannucci dit PERUGIN
Città della Pieve vers 1448 - Fontignano 1523
Le Mariage de la Vierge
1504. Huile sur bois
Envoi de l'État, 1804. Inv. 171
Ce tableau a été peint pour la chapelle de la relique du saint anneau de la Vierge au dôme de Pérouse. Au premier-plan, devant le grand prêtre, Joseph passe l'anneau au doigt de Marie. Plus loin, les prétendants de la Vierge tiennent encore la baguette qu'ils ont présentée au Temple mais qui, contrairement à celle de l'heureux élu, n'a pas fleuri. De dépit, l'un d'eux la brise. Le Temple de Jérusalem figuré au centre respecte les lois de la perspective mathématique, symbolisant ainsi la cité idéale. Le jeune élève de Pérugin, qui n'est autre que Raphaël, choisit de traiter également en 1504 ce même sujet dans une composition plus dynamique (1504, Milan, Pinacothèque de Brera

Pietro Vannucci dit PERUGIN
Città della Pieve vers 1448 - Fontignano 1523
Saint Jérôme dans le désert
Peinture sur bois
Envoi de l'État, 1804. Inv. 79
Le thème de saint Jérôme pénitent est fréquemment illustré par Pérugin et son entourage vers 1495-1500. A genoux devant le crucifix, l'ascète est entouré de ses attributs, le chapeau cardinalice et le lion

Pierre-Jacques CAZES
Paris 1676-Paris 1754
NOUVEL ACCROCHAGE
La Charité présentant des officiers et des soldats à Louis XIV
Huile sur toile. Vers 1735
Acquisition du musée, 1969. Inv. 69.6.1.
Cette petite peinture monochrome est le modello réalisé par Cazes pour le frontispice gravé par Charles-Nicolas Cochin pour l'ouvrage de Jean-Joseph Granet, Histoire de l'hôtel royal des Invalides, publié à Paris en 1736. Cet établissement avait été fondé en 1670 par Louis XIV

Pierre SUBLEYRAS
Saint-Gilles-du-Gard 1699 - Rome 1749
Portrait de la comtesse Mahony, née Lady Anne Clifford (1715-1793)
Huile sur toile
Acquisition du musée, 1980. Inv. 80.4.1
Plus connu comme peintre d'histoire, Pierre Subleyras effectue aussi une brillante carrière de portraitiste, en France et en Italie où il s'installe en 1728. Cette œuvre, réalisée dans les années 1740, a pour pendant le portrait du comte Mahony par Francesco de Mura.

Jean II RESTOUT Rouen 1692- Paris 1768
Portrait d'un prémontré
Huile sur toile. Vers 1725-1735 Acquisition du musée, 1837. Inv. 191.
Tenant un livre entrouvert et le chapeau à larges bords de son ordre, ce prémontré plein de bonhommie, dont le visage contraste avec le blanc chaud de son habit, était probablement l'un des religieux de l'abbaye de Mondaye, près de Caen, où vivait cloîtré le peintre et architecte Eustache Restout (1655-1743), oncle de Jean II.

Gian Domenico TIEPOLO Venise 1727 - Venise 1804
Ecce Homo
Huile sur toile
Legs Lefrançois, 1839, Inv. 111
L'épisode représenté (Mt., XXVII et Jn., XIX), se situe après la comparution de Jésus devant Pilate, la flagellation et le couronnement d'épines. Le procurateur de Judée lui tend le sceptre de roseau en dérision et le présente aux Juifs en ces termes : « voici l'homme

Jean JOUVENET
Rouen 1644 - Paris 1717
Portrait du chanoine Nicolas III Carré (1650-1732) 1696. Huile sur toile
Achat du musée, 1980. Inv. 80.2.1
Grâce au récent déchiffrement de l'inscription jadis visible au revers de la toile d'origine avant son doublage, l'identité de cet ecclésiastique au regard pénétrant a pu être enfin établie Nicolas III Carré succéda en 1675 à son défunt oncle Philippe Carré comme chanoine du chapitre cathédral de Rouen

Robert LE VRAC dit TOURNIÈRES
Caen 1667 - Caen 1752
Portrait de l'orfèvre Nicolas de Launay et de sa famille
Huile sur bois
Acquisition du musée, 1977. Inv. 78. 2.1
Grâce aux pièces d'orfèvrerie représentées, on a pu identifier le modèle du tableau, Nicolas de Launay (1646-1727), directeur des Monnaies et Médailles, logé dans les ateliers du Louvre. Entouré des membres de sa famille, il présente fièrement un surtout de table.

Hyacinthe RIGAUD (avec collaboration)
Perpignan 1659-Paris 1743
Portrait présumé de Robert-Jean-Antoine de Franquetot (1652-1704), comte de Coigny, gouverneur de Caen Vers 1699. Huile sur toile
Legs Georges Lefrançois, 1839. Inv. 24
Se détachant sur un fond de scène de bataille au ciel chargé (le siège de Philippsbourg en 1688), cet officier général est reconnaissable à son bâton de commandement et à son armure ceinturée d'une écharpe blanche. L'influence d'Anton Van Dyck est ici sensible, particulièrement dans le naturel de la pose et l'élégante somptuosité du modèle. Hyacinthe Rigaud, célèbre portraitiste des règnes de Louis XIV et Louis XV, peignait généralement les visages et les mains, laissant à ses élèves la réalisation de ce qu'il appelait les « habillements répétés », c'est-à-dire le costume, les drapés et l'arrière-plan.

Jean-Baptiste MONNOYER
Lille 1636-Londres 1699
Fleurs dans une cuvette d'argent ciselé posée sur un entablement sculpté
Huile sur toile
Acquisition du musée, 1838. Inv. 5
Cette toile aux fleurs opulentes, mêlant les variétés de printemps et d'été dans un décor pompeux de stèles et de draperies, est caractéristique de l'art de Monnoyer, beau-père de Jean-Baptiste Blin de Fontenay, tous deux familiers de la décoration des demeures royales.

Cornelis HUYSMANS
Anvers 1648- Malines 1727
Paysage avec personnages
Huile sur toile
Acquisition du musée, 1966. Inv. 66. 7.
Comme son maître Jacques d'Arthois, Huysmans adopte une vision héroïque du paysage, avec de forts contrastes lumineux et de grands arbres foudroyés, qui rappellent également l'art de Salvator Rosa ou de Gaspard Dughet.

Frans SNYDERS
Anvers 1579 - Anvers 1657
Intérieur d'office ou Nature morte de gibier, de volaille et de fruits
Huile sur toile
Envoi de l'Etat, 1811. Inv. 12
Fils d'aubergiste, Frans Snyders affectionne particulièrement les grandes natures mortes baroques, à la composition savamment construite. Le dispositif théâtral de l'Intérieur d'office est rehaussé par un coloris intense et puissant, dominé par le contraste entre la couleur vermillon du homard ou de la nappe et le blanc éclatant du cygne. Dans cette oeuvre datée vers 1635, le rendu sensuel du plumage immaculé du cygne, du pelage du jeune cerf et de la peau duveteuse des fruits trahit la préoccupation naturaliste du peintre, ami et collaborateur de Rubens.

Paul de VOS (d'après)
Hulst 1595-Anvers 1678
Chasse aux ours ou Combat de chiens et d'ours Huile sur toile
Envoi de l'État, 1802. Inv. 177
Ce tableau, jadis considéré comme un original de Frans Snyders, met en scène une chasse aux ours, dans des tonalités brunes, rouges et ocre qui accentuent la violence du sujet traité. Ce Combat décorait autrefois le prieuré de Groenendael, relais de chasse des ducs de Brabant, en forêt de Soignes.

Paul de VOS
Hulst 1595 Anvers 1678
Cheval dévoré par des loups Huile sur toile
Envoi de l'État, 1802. Inv. 175
Paul de Vos, spécialisé dans les chasses et les combats d'animaux, compose une scène dramatique, peinte dans des couleurs chaudes. L'intensité du mouvement, l'expression des loups voraces et la science anatomique du cheval retinrent l'attention d'Eugène Delacroix, lors de son passage à Caen.

Gérard SEGHERS
Anvers 1591- Anvers 1651
Saint François et l'ange
Huile sur toile
Acquisition du musée, 2017. Inv. 2017.2.1
Seghers réalise ce tableau vers 1619, à la fin du séjour en Espagne qu'il effectue dans la suite du cardinal Antonio Zapata. Il illustre un épisode marginal de la vie de saint François d'Assise relatée par Jacques de Voragine dans la Légende dorée un ange musicien apparaît alors que saint François, enveloppé dans une robe de moine capucin à l'étoffe grossière, médite sur les vanités du monde, symbolisées ici par le crâne. Marquée par la peinture caravagesque, la composition est resserrée sur la figure du saint, représentée à mi-corps. La source de lumière latérale accentue la plasticité de sa robe ainsi que le caractère expressif du visage et des mains.

Anton VAN DYCK (atelier de ?)
Anvers 1599- Londres 1641
Communion de saint Bonaventure Huile sur toile
Envoi de l'État, 1802. Inv. 174
Saint Bonaventure, cardinal franciscain vénéré par les Frères mineurs, est représenté lors de sa dernière communion. Par ce choix iconographique, Van Dyck manifeste son engagement dans la Contre-Réforme catholique face aux protestants, lesquels contestent notamment le sacrement de l'Eucharistie.

Anonyme flamand
Première moitié du XVIIe siècle
Saint Jérôme
Huile sur bois
Acquisition du musée, 1991. Inv. 91.2.1
Parfois attribué à Artus Wolffort, ce tableau montre saint Jérôme méditant sur les vanités du monde, Le clair-obscur, l'intense spiritualité du regard, le corps et les mains du saint traités avec réalisme relèvent du caravagisme européen.

Jacob JORDAENS
Anvers 1593 Anvers 1678
Figure d'apôtre en prière Huile sur bois
Envoi de l'Etat, 1813. Inv. 115
Abraham Grapheus, commis de la guilde de Saint-Luc d'Anvers et longtemps modèle favori de Van Dyck et de Jordaens, a prêté ses traits à cette figure d'apòtre. Jordaens esquisse son portrait en touches larges et vigoureuses. Même si l'émotion perceptible sur le visage et la pose du personnage évoquent bien un apôtre en prière, cette tête de caractère, ou tronie, vise à fixer un type physique, celui d'un vieillard particulièrement expressif avec ses rides profondes et son regard implorant.

Pierre Paul RUBENS
Siegen 1577-Anvers 1640
Abraham et Melchisedech
Huile sur bois transposée sur toile
Envoi de l'Etat, 1811. Inv. 172
Dans les années 1610, la production de Rubens est caractérisée par un style puissant, influencé par les vues da sotto in su (en contre-plongée) et les mises en scène architecturales de Paolo Véronèse, étudiées à Venise. Abraham, qui vient de délivrer son neveu Loth, est accueilli par le grand prêtre Melchisedech (Genèse, XIV) qui le bénit, offre du pain et du vin en sacrifice. La rencontre de ces deux représentants du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel autour du symbole de l'Eucharistie préfigure la Cène. Ce tableau témoigne de l'engagement de Rubens en faveur de la Contre-Réforme catholique qui réaffirme la valeur du sacrement de l'Eucharistie face aux critiques des protestants.

Pierre Paul RUBENS (d'après) Siegen 1577-Anvers 1640
L'Assomption de la Vierge Huile sur cuivre
Envoi de l'Etat, 1802. Inv. 299
Dans cette Assomption de la Vierge, on reconnaît le type de composition mouvementée et ascendante qu'affectionnait Rubens. Issu des Évangiles apocryphes, le thème de la Vierge montant au ciel après sa mort, a particulièrement inspiré le maître qui en a exécuté une dizaine de versions.

Pierre Paul RUBENS (d'après) Siegen 1577-Anvers 1640
Saint Sébastien et saint Georges Huile sur bois
Legs Mancel, 1872. Inv. M. 97
Attribuée d'abord à Van Dyck, cette esquisse est en réalité proche de la manière rubénienne (touche large, rendu des matières, palette colorée). On reconnaît saint Sébastien, capitaine de la garde prétorienne, à son corps athlétique et aux flèches de son supplice, et saint Georges, officier martyr, à son armure et son étendard.

Jan van den HOECKE
Anvers 1611-Bruxelles ou Anvers 1650/1651
Jésus couronné d'épines
1619. Huile sur bois
Envoi de l'État, 1863. Inv. 113
Alors attribuée à Anton van Dyck, l'oeuvre a fait partie de la collection Campana à Rome. Elle est aujourd'hui considérée comme étant de Jan van den Hoecke d'après Van Dyck. Elève présumé de Rubens, le peintre est connu pour ses copies des grands maîtres, réalisées en Italie pour l'archiduc Léopold-Guillaume

Nicolas POUSSIN (d'après)
Les Andelys 1594 - Rome 1665
NOUVEL ACCROCHAGE
Paysage avec la femme qui se lave les pieds Huile sur toile. Après 1650
Dépôt du musée des Beaux-Arts de Reims, 2020. Inv. 949.1.43
Ce paysage classique, envisageant la nature comme un lieu de méditation, est l'une des quatre versions connues d'une toile originale de Nicolas Poussin conservée à Ottawa. La pratique de la copie permettait au XVIIe siècle de parfaire sa technique, mais aussi de pourvoir les collectionneurs en œuvres célèbres et inaccessibles.

Detail

Noël COYPEL
Paris 1628-Paris 1707
Combat d'Hercule et d'Acheloüs
Huile sur toile
Acquisition du musée, 2014. Inv. 2014. 1.1
Noël Coypel, qui a obtenu au cours de sa carrière toutes les charges et tous les honneurs, reçoit à la fin de sa vie une nouvelle commande de huit tableaux sur l'histoire d'Hercule pour le Grand Trianon à Versailles. Cette œuvre est une esquisse du combat décisif au cours duquel Hercule arrache une corne à Acheloüs, métamorphosé en taureau. Ce duel illustre le dernier épisode de la rivalité entre Acheloüs, le dieu fleuve, et Hercule, le fils de Jupiter amoureux de Déjanire. Les spectateurs, dont le roi de Calydon et sa fille tant convoitée, sont disposés autour de ces deux figures dans une savante architecture antique, parfaitement maîtrisée.

Pierre MIGNARD
Troyes 1612-Paris 1695
Saint Charles Borromée donnant la Communion
Huile sur toile
Acquisition du musee, 2000. Inv. 2000. 1.1
Pierre Mignard présente cette esquisse (modello) lors du concours pour l'ornement du maître-autel de l'église San Carlo ai Catinari de Rome, duquel il sort vainqueur. Suite à de nombreuses intrigues contre le peintre français, c'est Pierre de Cortone qui réalise la composition finale. Saint Charles Borromée donnant la Communion est une des compositions religieuses les plus populaires du siècle: la conduite exemplaire, lors de la peste de 1576, de l'archevêque de Milan, également très investi dans la réforme de l'Eglise catholique, incarne la piété et la charité. Dans une pyramide ascendante, cette composition toute baroque participe de l'élan spirituel vers la figure du saint.

Antonio MEZZADRI (attribué à) Actif à Bologne en 1688
Vase de cristal avec des fleurs Huile sur toile
Anc. coll. de l'évêque de Bayeux, séquestre révolutionnaire. Inv. 409
Cette œuvre décorait la résidence caennaise de Monseigneur de Cheylus, évêque de Bayeux, et avait pour pendant un autre Vase de fleurs de Mezzadri. Les deux bouquets ont été saisis en 1791, lors des séquestres révolutionnaires, puis attribués au musée

Giuseppe CESARI dit LE CAVALIER D'ARPIN Arpino 1568-Rome 1640
La Victoire de Tullus Hostilius sur les forces de Veies et de Fidena
Huile sur bois
Acquisition du musée, 1982. Inv. 82, 16
Cette scène de bataille est l'étude préparatoire à l'une des immenses fresques sur l'histoire légendaire de la cité romaine commandées au Cavalier d'Arpin pour le Palais des Conservateurs de Rome

Francesco BARBIERI dit GUERCHIN Cento di Ferrara 1591 - Bologne 1666
Coriolan supplié par sa mère
Huile sur toile
Envoi de l'État, 1806. Inv. 165
Guerchin réalise ce tableau vers 1640 pour orner la célèbre galerie de peinture italienne de l'Hôtel de La Vrillière à Paris. L'histoire du général romain Coriolan (Tite-Live, Histoire romaine, II; Plutarque, Vie des Hommes illustres) qui accueille sa mère Volumnie et son épouse Véturie, venues le supplier d'épargner Rome, est un sujet à la mode au début du XVIIe siècle. Les tons chauds du groupe des femmes s'opposent aux tons froids et métalliques des hommes en armure devant un ciel bleu soutenu, caractéristique de Guerchin. Dans sa période de maturité artistique, cet ancien élève des Carrache a élaboré une composition classique et équilibrée, à l'origine rectangulaire et agrandie au siècle suivant

Pietro NEGRI (attribué à)
Venise 1635/1640 - Venise 1679
Mercure et Argus
Huile sur toile
Envoi de l'État, 1811. Inv. 9
Cette œuvre vénitienne illustre un épisode des Métamorphoses d'Ovide (I). Argus est chargé par Junon de surveiller la nymphe lo, transformée en génisse par son amant Jupiter. Envoyé par Jupiter, Mercure endort au son de sa flûte le berger pour délivrer lo.

Luca GIORDANO
Naples 1634-Naples 1705
Enlèvement d'Hélène
Huile sur toile
Acquisition du musée, 1963. Inv. 63.6.1
C'est au chant III de l'Iliade que se produit l'enlèvement d'Hélène par Pâris, fils du roi Priam, à l'origine de la guerre de Troie. Luca Giordano s'est intéressé à de nombreuses reprises et dans des compositions variées à ce thème qui permet de représenter des corps en lutte les uns contre les autres dans des mouvements contraires. La composition en frise est particulièrement originale pour un enlèvement. La beauté de l'épouse de Ménélas reprend ici le canon vénitien (beauté blonde aux formes épanouies) et l'influence caravagesque se fait sentir dans le type réaliste aux accents populaires du compagnon du célèbre archer troyen, à la proue de l'embarcation.

Pietro Giovanni NOVELLI Monreale 1603 - Palerme 1647
Duel musical d'Apollon et de Marsyas
Huile sur toile
Envoi de l'État, 1811. Inv. 10
Peintre essentiellement religieux, Novelli illustre ici un sujet mythologique, tiré des Métamorphoses d'Ovide (VI), sous l'influence du clair-obscur violent de Ribera et de ses collègues napolitains. Avec sa flûte, l'orgueilleux silène Marsyas ose défier Apollon, divin joueur de viole, devant un jury composé de muses et du roi Midas

Jusepe RIBERA (d'après) Jativa 1591-Naples 1652
Le Couronnement d'épines Huile sur toile
Acquisition du musée, 1836. Inv. 4
Il existe de nombreuses illustrations du couronnement d'épines (Mt XXVII; Mc XV) dans l'œuvre de Ribera et de son entourage. Les forts contrastes d'ombre et de lumière qui mettent en valeur le Christ, le cadrage resserré sur les figures et le réalisme du visage des bourreaux témoignent de l'influence des dernières réalisations du Caravage représentant ce thème. La tunique rouge structure et théâtralise la composition tout en lui conférant une portée symbolique, celle de la Passion. Après son arrestation à Jérusalem, le Christ, accusé de vouloir devenir roi de Jérusalem, est livré par le Sanhedrin à ses gardes qui le couronnent d'épines et le couvrent de sarcasmes

Bartolomeo MANFREDI (d'après)
Ostiano vers 1587 - Rome 1620/21
Soldats jouant aux cartes
Huile sur toile
Envoi de l'État, 1811. Inv. 61
Copie d'un original de Manfredi conservé au Palais Pitti (Florence), l'oeuvre respecte les formules de Caravage: même cadrage et clair-obscur avec toutefois des interactions entre les personnages plus complexes. Les nombreuses variations peintes par Manfredi ont largement contribué à populariser l'art de Caravage

BORDONE
Trévise 1500- Venise 1571
L'Annonciation
Huile sur toile
Acquisition du musée, 1967. Inv. 67. 1.1
La Vierge reçoit avec vénération le message de l'Esprit saint, symbolisé par une colombe près de l'archange Gabriel, lui annonçant la naissance d'un fils. Exécutée vers 1545-50, cette Annonciation très influencée par Titien est davantage un prétexte à peindre une étude architecturale et un décor fantaisiste, traité dans un coloris clair et lumineux. Repoussées aux limites du cadre, les figures de la Vierge et de l'ange font preuve d'une grande expressivité démonstrative et dramatique, proche du maniérisme, également visible dans l'absence de lien entre le premier et l'arrière-plan.

Paolo CALIARI dit VÉRONÈSE
Vérone 1528- Venise 1588
La Tentation de saint Antoine
Huile sur toile
Envoi de l'État, 1802. Inv. 6
Considérée comme le premier chef-d'œuvre de Véronèse, la Tentation de saint Antoine est réalisée vers 1552 pour le décor de l'autel de la chapelle Saint-Antoine de la cathédrale de Mantoue. Vêtu d'une robe de bure, le saint ermite est éprouvé par le Diable qui lui envoie en vain une jeune femme pour le séduire puis un démon, à la musculature michelangelesque, qui tente de l'assommer avec le sabot d'un cheval. Plus grandes que nature, ces trois figures sont installées de manière dynamique dans une composition au chromatisme sourd, accentuant le caractère oppressant de la scène.

Paolo CALIARI dit VERONESE (avec collaboration) Vérone 1528-Venise 1588
Apparition du Christ à saint Pierre et saint Paul ou Jésus-Christ donnant les clefs à saint Pierre
Hulle sur tolle
Envoi de Eat, 1811 in 81
Les univers céleste of terrestre convergent dans cette composition en X. Le Christ entouré d'anges musiciens apparaît à saint Pierre, reconnaissable au trousseau de clés, et à saint Paul muni de son épée, tous deux supportés par un arc nuageux

Jacopo ROBUSTI dit TINTORET
Venise 1518- Venise 1594
La Descente de Croix
Huile sur toile
Envoi de l'État, 1802. Inv. 17
Tintoret a souvent représenté la Descente de Croix mais seules les versions de Caen et de Strasbourg illustrent le moment où deux hommes descendent le corps du Christ au moyen d'une échelle. Les trois Marie et saint Jean portent assistance à la Vierge évanouie de douleur tandis que Nicodème et Joseph d'Arimathie déplient le linceul. L'homme en prière à droite pourrait être le commanditaire du tableau. Les attitudes des personnages en mouvement, le réalisme de l'expression de la Vierge, la vivacité de l'execution et l'audace des raccourcis (torse du Christ, linceul, échelle) sont remarquables

Philippe de CHAMPAIGNE Bruxelles 1602 - Paris 1674
La Samaritaine
Huile sur toile
Envoi de l'État, 1804, Inv. 52
Très proche de la spiritualité des Jansenistes, Philippe de Champaigne reçoit la commande d'une Samaritaine pour l'abbaye de Port-Royal qui apprécie la sobriété de son style. Jésus, assis sur la margele du puits, s'entretient avec une femme de Samarie (Jn, IV), alors que ses disciples sortent de la ville de Sychar

Philippe de CHAMPAIGNE
Bruxelles 1602 - Paris 1674
L'Annonciation
Huile sur toile
Envoi de l'État, 1804. Inv. 11
Philippe de Champaigne réalise plusieurs œuvres sur le thème de l'Annonciation, proposant chaque fois une interprétation différente. Celle de Caen est probablement la plus ancienne, commandée par le nouveau chanoine de Notre-Dame de Paris après 1633, ce qui explique la présence encore très forte de l'influence flamande dans le rendu virtuose des étoffes et de la nature morte. L'attachement du peintre à la vigueur et au dynamisme baroque est également significatif tout comme le souci scrupuleux de se conformer aux principes de la Contre-Réforme (vêtement bleu et rouge de la Vierge, évoquant sa sainteté et sa charité, et attachement au symbolisme mariale des lys, tulipe et rose).

Nicolas POUSSIN
Les Andelys 1594 - Rome 1665
Vénus pleurant Adonis ou La Mort d'Adonis
Huile sur toile
Envoi de l'État, 1802. Inv. 18
Lecteur assidu d'Ovide, Poussin illustre ici la mort d'Adonis (Métamorphoses, X). Vénus, qui a en vain mis en garde son amant contre les dangers de la chasse, pleure Adonis mortellement blessé par un sanglier. Elle verse sur le sang de son amant un nectar qui le transforme en anémone. Le peintre philosophe illustre davantage l'idée du sommeil que de la mort du chasseur qui renaît par la métamorphose, opérant ainsi un parallèle avec la lamentation sur le corps du Christ, avant sa résurrection. La formation vénitienne du peintre français transparaît dans la préparation sombre aux coloris sourds qui fait vibrer quelques points éclatants, mettant en valeur tonalités des drapés et lumière crépusculaire.

Simon VOUET
Paris 1590 Paris 1649
La Vierge et l'Enfant à l'ange
Huile sur toile
Don de la Société des Amis du musée, 1980. Inv. 80.9.2
La composition est organisée selon deux diagonales qui mettent en relief le geste de l'Enfant et celui de l'ange, devant un paysage à l'atmosphère paisible rendue par des tonalités blondes, caractéristiques du peintre. La Vierge saisit un fruit de ses doigts effilés, dans un dernier hommage au maniérisme

Charles LE BRUN
Paris 1619 Paris 1690
La Charité
Huile sur toile
Acquisition du musée, 1984. Inv. 84.8.1
Dans un décor d'architecture ornée de pilastres et de moulures, cette Charité reprend la composition pyramidale traditionnelle de ce thème. Par un artifice pictural repris à son ancien maître Vouet, Le Brun isole et ainsi magnifie les figures campées sur les deux marches. La symbolique de la Charité chrétienne, à laquelle renvoie le feu représenté à gauche sous un ciel chargé, s'est construite à partir de la légende romaine de Péro donnant le sein à son vieux père emprisonné et condamné à mourir de faim. Certains voient dans La Manne de Poussin (1639, Paris, musée du Louvre) la source d'inspiration de cette œuvre, à travers le groupe de la mère allaitant une femme âgée près d'un enfant.

Philippe de CHAMPAIGNE
Bruxelles 1602 - Paris 1674
Le Vœu de Louis XIII précédemment dit Notre-Dame de Pitié
Huile sur toile
Envoi de l'État, 1804. Inv. 163
Le 10 février 1638, Louis XIII décide de mettre le royaume de France sous la protection de la Vierge. De nombreux peintres représentent cet acte mais Champaigne reste le plus fidèle à la déclaration royale de Saint-Germain et le plus imprégné de spiritualité et de solennité. Ces trois figures qui se découpent sur un ciel ténébreux et tragique renforcent l'importance de l'évènement historique. Le roi vêtu de son manteau d'hermine tend son sceptre et sa couronne à la Vierge qui accueille sur ses genoux le Christ mort, pleuré par un ange. Le peintre d'origine flamande fait preuve d'un art consommé du portrait (visage du roi) et de la nature morte (arma Christi, symboles de la Passion du Christ

Simon VOUET (attribué à) Paris 1590-Paris 1649
L'Homme à la figue
Huile sur toile
Envoi de l'État, 1802, Inv. 182
Cette œuvre réalisée vers 1615, au début de la carrière de Vouet, témoigne du goût aristocratique pour le portrait perpétué par les peintres vénitiens et admiré à Rome. Elle s'inscrit pourtant pleinement dans le monde interlope des tavernes romaines. Peut-être enivré, le jeune homme au léger sourire moqueur et au regard malicieux, esquisse le geste obscène de far la fica qui consiste à placer le pouce entre l'index et le majeur. Le sens en est redoublé par la figue coupée en deux. Ce portrait d'un jeune homme, vêtu d'un costume féminin, exhale un léger parfum de scandale, évoquant les fêtes débridées de l'élite romaine

Pieter BRUEGEL LE JEUNE dit d'ENFER
Bruxelles 1564 - Anvers 1638
Le Dénombrement de Bethleem Huile sur bois
Don de Madame Bourdon, 1860. Inv. 22
Cette œuvre est une copie du tableau de Pieter Bruegel l'Ancien, daté de 1566 et conservé au musée royal des Beaux-Arts de Bruxelles. Au dénombrement de Bethleem, où se rendent Joseph et la Vierge enceinte, se superpose le thème du paiement de la dîme à l'empereur Charles-Quint, un jour d'hiver en Flandres.

Floris de Vriendt dit Frans FLORIS
Anvers 1516/1520 - Anvers 1570
Portrait de dame âgée ou La Femme du fauconnier 1558. Huile sur bois
Envoi de l'Etat, 1811. Inv. 47
Ce panneau est un des rares portraits de Floris, peintre plus connu pour ses sujets mythologiques. Grâce à une maîtrise technique en avance pour l'époque, la traduction psychologique et physique du personnage est saisissante. Le Fauconnier, son pendant, est conservé au musée de Brunswick.

Cornelis Cornelisz dit Cornelisz van HAARLEM Haarlem 1562 - Haarlem 1638
Vénus et Adonis
1614. Huile sur toile
Acquisition du musée, 1834. Inv. 88
Cette illustration des amours de la déesse Vénus et du jeune chasseur Adonis est typique du style de Cornelisz van Haarlem, mélange de préciosité maniériste, de virtuosité picturale et d'un puissant naturalisme

Hendrick II van STEENWYCK Francfort-sur-le-Main 1580-Londres 1649
Intérieur de corps de garde 1617. Huile sur bois
Acquisition du musée, 1835. Inv. 127
Peintre d'architecture dans la tradition de Hans Vredeman de Vries, Steenwyck le jeune parvient, avec ses dons de miniaturiste et son goût pour les effets nocturnes, à insuffler dans ses perspectives un sentiment de profond romantisme.

Jan Davidsz de HEEM
Utrecht 1606 Anvers 1684
Vanité
Huile sur bois
Acquisition du musée, 1987. Inv.87.5.1
A la fin des années 1620, Jan Davidsz de Heem poursuit à Leyde la tradition des vanités, souvent monochromes. La ville, célèbre par son université, inspire au peintre le sentiment de la précarité de l'existence et de l'insignifiance du savoir.

Johannes MOREELSE
Utrecht vers 1603 - Utrecht 1634
Marie-Madeleine pénitente
Huile sur bois
Acquisition du musée, 1993. Inv. 93.1.1
Comme son père, Paulus Moreelse, Johannes puise son art aux meilleures sources du milieu caravagesque d'Utrecht qui favorisa la clarté du dessin, les contrastes lumineux et l'audace de la mise en page. Mêlant réalisme populaire et idéal classique, ses sujets évoquent souvent une méditation mélancolique

Nicolaes van VEERENDAEL
Anvers 1640- Anvers 1691
Vanité
Huile sur bois
Acquisition du musée, 1989. Inv. 89.3.1
Chaque élément de la composition, chaque fleur a une portée symbolique. La bulle de savon en particulier évoque l'éphémère tandis que les deux crânes rappellent la brièveté de l'existence et de l'amour. Avec cette vanité subsiste le souvenir d'une union entre deux êtres prématurément disparus.

Nicolas van VEERENDAEL Anvers 1640-Anvers 1691
Fleurs
Huile sur toile
Acquisition, 1835, Inv. 126
Ce feston de feuilles et de fleurs est sans doute le fragment d'une composition de guirlande plus grande. Le motif floral se détache sur un cartouche de pierre comportant la tête d'un putto, visible en haut à droite. Lierre, rose, grenadier, anémone, narcisse, pivoine et chardon forment un ornement de grande qualité

Adriaen van OSTADE
Haarlem 1610 - Haarlem 1685
Porc écorché
Huile sur bois
Legs Mancel, 1872. Inv. M.94
Le sujet, traité notamment par Rembrandt, est fréquent chez les peintres hollandais. Il évoque novembre, le mois traditionnel du dépeçage du porc abattu, et a également valeur de memento mori. Cette œuvre d'Adriaen van Ostade, frère aîné d'Isaac, est datée vers 1650.

Atelier d'Osias BEERT
Anvers vers 1580 - Anvers 1624
Nature morte aux raisins, grenades et abricots Huile sur bois
Sequestre révolutionnaire, 1791. inv. 281
Datée de la première décennie du XVIIe siècle, cette ceuvre provient de la collection de Mgr de Cheylus, évêque de Bayeux.

Willem van AELST
Delft 1627-Amsterdam 1683
Bouquet de fleurs
1651. Huile sur bois
Acquisition du musée, 1977. Inv. M.78.1.1
Peint en 1651 lors du séjour italien de l'artiste, ce bouquet possède la froide élégance et le raffinement qui était recherché au milieu du siècle. Le caractère transitoire de la vie est suggéré par la tulipe et le coléoptère posé sur le parapet en pierre tandis que la libellule évoque la résurrection.

Melchior de HONDECOETER
Utrecht 1636- Amsterdam 1695
Une poule et ses poussins
Huile sur toile
Envoi de l'Etat, 1811. Inv. 106
Spécialisé dans la représentation des animaux de basse-cour, Hondecoeter gagna le surnom de Raphaël des oiseaux. Cette œuvre, qui s'ordonne autour de la poule blanche, a été copiée au pastel par Eugène Boudin.

Melchior de HONDECOETER Utrecht 1636- Amsterdam 1695
Un lièvre
Huile sur toile
Legs Mancel, 1872. Inv. M.95
Hondecoeter est, avec ce trophée de chasse, sous Theureuse influence de son maître, Jan-Baptist Weenix. On retrouve en effet ici sa belle facture baroque et l'un de ses sujets de prédilection, le gibier mort.

Detail

Jan van der BENT
Amsterdam vers 1650 - Amsterdam 1690
Paysage italien avec figures et animaux Huile sur toile
Legs Mancel, 1872. Inv. M.60
Comme Nicolaes Berchem dont il s'inspire souvent, Bent pratique avec talent la pastorale à l'italienne qui réunit la clarté méditerranéenne et la complexité naturalişte de la scène de genre hollandaise

Cornelis Pieterz de MOOY
Avant 1656-Rotterdam 1693
Marine
1691. Huile sur bois
Legs Mancel, 1872. Inv. M. 116
A la suite de Willem van de Velde, Cornelis Pieterz de Mooy se spécialise dans la réalisation de marines et de batailles navales en grisaille, des œuvres proches de l'étude documentaire et d'une facture très minutieuse

Jan WEENIX
Amsterdam 1642-Amsterdam 1719
Femme assise dans un parc
1688. Huile sur toile
Legs Mancel, 1872. Inv. M.75
Le cyprès, signe d'éternité, et le perroquet, symbole de fidélité, la figure allégorique de Flore et la statue de Vénus situées derrière le modèle, la somptuosité des vêtements et des fleurs, les sculptures au loin dans le parc, tout indique qu'il s'agit du portrait idéalisé d'une femme de qualité, aimée ou jeune mariée.

Louise Elisabeth VIGÉE-LEBRUN
Paris 1755-Paris 1842
Portrait de jeune femme inconnue 1775. Huile sur toile
Don Montaran, 1858 Inv. 107
Cette oeuvre signée de L. E. Vigée est réalisée peu avant son mariage avec le marchand et restaurateur de tableaux, Jean Baptiste Pierre Lebrun. Ses Souvenirs (1835-1837), qui donnent la liste de ses œuvres, n'ont pas permis d'identifier le modèle.

Hans Hartung (Leipzig, 1904-Antibes, 1989)
L 1976-25 (Hommage à Anna-Eva Bergman)
1976
Lithographie
Musée des Beaux-Arts de Caen, inv. 2020.7.4
Hans Hartung rend hommage à son épouse, Anna-Eva Bergman, avec L 1976-25, une lithographie issue de sa dernière série réalisée en 1976. Cette œuvre, rare à être titrée, reprend un motif typique de Bergman: une forme noire évoquant la proue d'un vaisseau, qui se détache sur un fond vaporeux obtenu au rouleau encreur. Cette pièce illustre la période tardive de Hartung, marquée par de grands formats, des gestes amples et des techniques expérimentales comme le raclage ou la pulvérisation. Elle dialogue avec l'univers de Bergman, fondé sur la lumière, l'horizon et la profondeur. Le geste sensible de Hartung trouve également un écho dans le travail de Joan Mitchell, pour qui le trait est une trace physique et émotionnelle projetée sur la surface, exprimant un état intérieur à travers la matière.

Eugène Leroy (Tourcoing, 1910-Wasquehal, 2000)
Deux nus
XXe siècle
Huile sur toile
Musée des Beaux-Arts de Caen,
inv. D.99.3.4
Eugène Leroy explore ici le thème du nu dans une matière picturale dense et vibrante. Les corps, à peine visibles, semblent surgir puis se fondre dans l'épaisseur de la peinture. Par couches successives, l'artiste brouille la représentation au profit d'une sensation de présence: le sujet n'est plus décrit, mais absorbé dans un champ de lumière et de couleur. Comme Joan Mitchell, Eugène Leroy privilégie une peinture physique, intuitive, traversée par le geste. Là où Mitchell déconstruit le paysage en éclats colorés, Leroy fait de la figure un noyau de densité et de lumière. Chez l'un comme chez l'autre, le motif ne s'impose pas: il émerge, incertain, à la frontière du visible

Pierre Soulages (Rodez, 1919- Nîmes, 2022)
1974
Peinture 7 juin 1974
Huile sur toile
Musée des Beaux-Arts de Caen, inv. 74.9.1
Figure majeure de la peinture abstraite d'après-guerre, Soulages est connu pour son «outrenoir», à travers lequel il explore la lumière à travers le noir en sculptant la matière par le geste. Ses surfaces changent selon l'angle de vue, créant un dialogue direct entre lumière et matière, comme l'illustre cette œuvre. Joan Mitchell et Soulages ont fréquentés les mêmes cercles parisiens. Mitchell affirme en 1965 connaître le travail de l'artiste. Très différents dans leur approche, lui par le noir et le relief, elle par les couleurs intenses et gestuelles, ils partagent une même exigence: un rapport physique et sensible entre geste, matière et lumière

Jacques Deschamps (Caen, 1933-Sète, 2024)
1960
Ville neuve
Huile sur toile
Musée des Beaux-Arts de Caen,
inv. 88.2.2
Peintre caennais, formé à Paris, Jacques Deschamps s'inscrit dans une veine expressionniste intuitive où le geste, la matière et le temps de création occupent une place essentielle. Dans La Ville neuve, formes géométriques irrégulières et aplats de couleurs construisent un espace mouvant, à la fois urbain et mental. L'artiste décrit sa démarche comme un cheminement fait de reprises, d'oublis et d'élans, jusqu'à ce que «la machine fonctionne >> et que surgisse l'équilibre du tableau. Cette tension entre spontanéité et construction résonne avec l'approche de Joan Mitchell, qui cherchait elle aussi à faire émerger une structure sensible à partir du geste. À l'image de Ode to Joy (Joan Mitchell, 1970), La Ville neuve explore un espace «ni tracé ni abstrait>>

Maria Helena Vieira Da Silva (Lisbonne, 1908- Paris, 1992)
New Amsterdam III
1970
Huile sur toile
Musée des Beaux-Arts de Caen,
inv. 96.2.1
Vieira da Silva réinvente la ville par une abstraction dense, mêlant lignes et formes imbriquées qui suggèrent la dynamique et la profondeur urbaine. Le contraste entre espaces ouverts et zones serrées crée une tension visuelle qui invite à explorer une architecture mentale complexe. Son langage mêle abstraction lyrique
et géométrique pour exprimer une expérience sensible de la ville.

Théo van RYSSELBERGHE Gand 1862-Saint-Clair-au-Lavandou 1926
Femme nue assise
Huile sur toile. Vers 1900-1910 Don Raulet, 1981. Inv. 81.16.13
Tenant du pointillisme, Rysselberghe revient au début du XXe siècle à une touche plus large et fondue. Le nu féminin est alors l'un de ses sujets préférés. Toutefois ces corps dévoilés, aux ombres vertes et violacées, étalent un érotisme contenu qui les faisaient qualifier par André Gide, son gendre, de «< nus hygiéniques ».

Charles ANGRAND Criquetot-sur-Ouville 1854 - Rouen 1926
Nu debout Huile sur toile
Donation Larcier, 1995. Inv. 95.1.1
Sous l'influence de son ami Seurat qui avait théorisé cette technique, Angrand s'adonne au pointillisme et participe au côté d'autres adeptes, tels Signac et Pissaro, à la fondation de la Société des Artistes indépendants en 1884. La finesse de la touche et l'éclat des tons confèrent à ce nu féminin une chaude intimité

Suzanne VALADON (Marie-Clémentine Valadon, dite) Bessines-sur-Gartempe 1865 - Paris 1938
Baigneuse nue
Huile sur toile. Vers 1915 Legs Raulet, 1981. Inv. 81.16.17
Posant comme modèle dès l'âge de 15 ans pour Henner, Puvis de Chavannes, Renoir ou Toulouse- Lautrec, Suzanne Valadon réalise des dessins aux traits appuyés et souples qui font l'admiration d'Edgar Degas, lequel l'encourage à peindre et exposer dès le début des années 1880

René-Xavier PRINET
Vitry-le-François 1861 - Bourbonne-les-Bains 1946
Le Balcon
Huile sur toile. 1905-1906
Don Baron Henri de Rothschild, 1906. Inv. 35
Présenté au Salon de la Société nationale des beaux-arts en 1906, le tableau fut acheté par le baron Henri de Rothschild pour être offert au musée de Caen. Élève de Gérôme, René-Xavier Prinet excelle à restituer l'atmosphère de la Belle Époque et à mettre en scène la haute société qu'il côtoie à Paris comme à Cabourg. Appartenant aux mêmes milieux privilégiés que ceux décrits par Marcel Proust, les acteurs anonymes et inaccessibles de cette réception s'exposent sur le balcon d'une riche demeure décorée dans le goût du XVIIIe siècle. Prinet joue sur le contraste entre l'intérieur vivement éclairé et l'extérieur plongé dans une semi-obscurité qu'il rehausse de taches blanches et d'éclats de lumière sur un plastron, un éventail ou des épaules dénudées.

Pierre BONNARD
Fontenay-aux-Roses 1867 - Le Cannet 1947
Portrait de Mme Henri-Jean-Arthur Fontaine Huile sur toile. 1930
Dépôt du musée national d'Art moderne, 1975. Inv. 75.1.12
Membre du groupe des Nabis formé en 1889, Bonnard revient ensuite à une certaine touche impressionniste. Le portrait de Mme Fontaine, épouse d'un industriel et collectionneur, reflète une élégance simple et discrète, tant par la pose naturelle du modèle que par la palette subtile des teintes douces de gris et de rose violacé

Kees VAN DONGEN
Delfshaven 1877-Monaco 1968
Portrait de Mme Marie-Thérèse Raulet Huile sur toile. Vers 1925-1930
Legs Raulet, 1981. Inv. 81.15.1
Dans l'entre-deux-guerres, le portrait mondain s'éloigne de la représentation fidèle du modèle, rôle dévolu à la photographie, et permet à l'artiste d'exprimer son style. Ancien fauve et anarchiste, Kees Van Dongen assagit sa palette et son pinceau pour rendre les silhouettes étirées et suggestives des femmes de la bonne société
Édouard VUILLARD
Cuiseaux 1868 - La Baule 1940
Portrait de l'actrice Suzanne Desprès (1875-1951)
Huile sur carton. 1908
Dépôt du musée national d'Art moderne, 1974. Inv. D.75.1.21
Le cadrage déconcertant et le fond, rehaussé de rares touches vertes et violettes, rappellent la première manière du peintre. Le regard affuté appartient à l'actrice Suzanne Desprès, femme du célèbre Lugné- Poe, acteur, metteur en scène et fondateur du Théâtre de L'Œuvre

Jacques-Émile BLANCHE
Paris 1861- Offranville 1942
Portrait dit de Wanda Zielinska (1887-1969), surnommé Pouponne
Huile sur toile. Vers 1896-1897
Acquisition du musée, 2001. Inv. 2001.1.1
Entre 1889 et 1897, Blanche représente sa jeune voisine Wanda Zielinska à plusieurs reprises, en utilisant diverses techniques: pastel, peinture et lithographie. Ce portrait en profil perdu a été peint au moment où l'artiste abandonne sa manière lisse et appuyée pour une touche plus fluide, qui saisit le modèle avec une rapidité virtuose. La matière transparente utilisée pour le camaïeu gris de la robe de Wanda donne au tableau une grâce immatérielle et poétique. Cette œuvre atteste des talents de Blanche comme portraitiste de la société mondaine de son temps

Eugène LE POITTEVIN
Paris 1806-Paris 1870
Une plage normande, soir d'été Huile sur papier marouflé sur toile. 1864 Achat du musée, 2023. Inv. 2023.2.1
Eugène Le Poittevin fut le témoin du début du développement du tourisme balnéaire sur la côte normande. Il se fit construire une villa à Étretat, où il reçut notamment Courbet en 1869. Son atelier était installé au-dessus de la plage.

René-François-Xavier PRINET Vitry-le-François 1861 - Bourbonne-les-Bains 1946
La Plage de Cabourg
Huile sur toile. 1894
Dépôt du musée d'Orsay, 2009. Inv. D.2009.1.2
C'est en 1894 que Prinet découvrit Cabourg où son beau-père venait de faire bâtir une villa. Il a rassemblé ici tous les accessoires nécessaires aux riches villégiateurs chaises pour la lecture, tente pour les rafraichissements, cabines de bain et kiosque à musique.

Eugène BOUDIN
Honfleur 1824 - Deauville 1898
Voiliers
Huile sur toile. Vers 1869
Dépôt du musée d'Orsay, 2009. Inv. D.2009.1.4
Bercé dès l'enfance par la vue des navires manoeuvrant dans les ports de Honfleur et du Havre, Boudin fait de la représentation des voiliers et de leurs gréements un de ses sujets de prédilection. D'une touche large et vibrante, il brosse en un seul mouvement une coque ou les ondoiements crémeux d'une voile, tandis que la mer et le ciel se confondent en un même bleu serein

Eugène BOUDIN
Honfleur 1824 - Deauville 1898
La Plage de Trouville
Huile sur bois. 1864
Dépôt du musée d'Orsay, 2009. Inv. D.2009.1.3
Fils de marin honfleurais, Eugène Boudin passe sa jeunesse au Havre. Devenu parisien, il séjourne chaque été, à partir de 1864, à Trouville-sur-Mer et Deauville. Peignant en plein air, il adopte une palette lumineuse et une facture rapide. Ses ciels mouvants achèvent de donner à ses œuvres un caractère d'esquisse.

Eugène BOUDIN
Honfleur 1824-Deauville 1898
La Plage de Deauville
Huile sur toile. 1893
Legs Jacquette, 1899. Inv. 217
En 1884, Eugène Boudin fait construire une maison à Deauville- la Villa Les Ajoncs-, où il réside pendant les quatorze dernières années de sa vie. Il est particulièrement séduit par la vue qui s'offre de la plage depuis la jetée. Il y installe régulièrement son chevalet, déclinant une même composition, sous des lumières différentes

Albert MARQUET
Bordeaux 1875 - Paris 1947
Le Bassin du Roy au Havre
Huile sur toile. 1906
Dépôt du musée national d'Art moderne, 2010. Inv. D.2010.0.1
Albert Marquet peint cette toile au Havre, où il séjourne en 1906 avec Raoul Dufy. Le bassin du port retient particulièrement son attention, qu'il soit animé ou vide, comme on le découvre ici. L'eau y apparaît d'autant plus présente, animée par un très léger clapotis que suggère la touche vermiculée du peintre.

Albert MARQUET
Bordeaux 1875 - Paris 1947
Cheminée à la Percaillerie Huile sur toile. 1901
Acquisition du musée, 1965. Inv. 65.2.1
Peinte en 1901 sur la côte normande, cette toile révèle le goût d'Albert Marquet pour les vues plongeantes de villes et de ports industriels. La composition, alliée aux cernes noirs et à l'absence de détails, fait ressortir la présence de la petite usine et de sa haute cheminée sur le front de mer.

Stanislas LÉPINE
Caen 1835-Paris 1892
Le Port de Caen
Huile sur toile. Vers 1875-1880
Dépôt du musée d'Orsay, 2009. Inv. D.2009.1.1
C'est avec une vue du Port de Caen au clair de lune que Lépine est admis à exposer pour la première fois au Salon, en 1859. Profitant de ses retours dans sa ville natale, l'artiste se plait à représenter le bassin Saint-Pierre et le canal de l'Orne, peuplés de voiliers, la silhouette de la ville et de ses clochers constituant une pittoresque toile de fond. Baignant dans une atmosphère un peu mélancolique, la composition est animée par les accents colorés des toits et des mâts, et la variété des touches: horizontales pour l'eau grise dont elles évoquent le léger clapotis ; disposées en masses arrondies pour les nuages dont elles suggèrent le volume.

Eugène BOUDIN
Honfleur 1824 - Deauville 1898
Paysage aux lavandières
Huile sur toile. 1873
Dépôt du musée d'Orsay, 2009. Inv. D.2009.1.5
Eugène Boudin séjourne en Bretagne à plusieurs reprises, entre 1867 et 1897. Il vit pendant quelques mois près du Faou, au manoir de Kerhoan. Il observe là les lavandières, petites silhouettes perdues dans l'immensité du ciel et de la mer entremêlés, peints dans une magnifique harmonie de gris.

Gustave COURBET
Ornans 1819-La Tour-de-Peilz (Suisse) 1877
La Mer
Huile sur toile. 1872
Legs Jacquette, 1899. Inv. 250
Finissant de purger dans une clinique de Neuilly la peine de six mois de prison que lui a value son rôle durant la Commune, Courbet réalise de mémoire, cette marine, souvenir de son séjour à Étretat en 1869. Sous les nuages gris fuyant sur l'azur du ciel, la mer sereine et la barque près du rivage sont un appel à l'évasion

Gustave COURBET
Ornans 1819-La Tour-de-Peilz (Suisse) 1877
La Dame aux bijoux
Huile sur toile. 1867
Acquisition du musée, 1975. 75.2.1
La Dame aux bijoux nous convie dans l'intimité feutrée, souvent voluptueuse, des boudoirs du Second Empire. Gustave Courbet se fait ici peintre de moeurs en renouvelant l'antique thème de la femme à sa toilette. Brossé avec une sensualité flamboyante digne d'un Titien, le modèle féminin, à la robe dégrafée, cueillant délicatement un collier de perles dans son écrin, est parfois identifié comme la maîtresse de Jules Castagnary, ami auquel l'artiste offrit ce tableau dès son achèvement, ou à Blanche d'Antigny, actrice et demi-mondaine alors en pleine gloire.

Gustave DORÉ
Strasbourg 1832- Paris 1883
Paysage d'Écosse
Huile sur toile. 1881
Acquisition du musée, 1969. Inv. 69.7.1
Peintre du fantastique et de l'imaginaire, Gustave Doré s'adonna au début de sa carrière au genre du paysage. Son premier séjour en Écosse détermina-sa vision du spectacle grandiose, des espaces gigantesques, de l'infini. Avec ces nuées ouvertes d'où perlent les rayons dorés du soleil, ses effets dramatiques d'ombres et de lumières confèrent à cette vue d'un lac un aspect inquiétant et presque fabuleux, le réel étant rejeté en bas à gauche, sous la forme d'un anecdotique troupeau de vaches.

Jean-Baptiste Camille COROT
Paris 1796-Paris 1875
Les Chevriers de Castel Gandolfo (aussi dit Les Chevriers des îles Borromées)
Huile sur toile. 1866
Dépôt du musée du Louvre (legs Chauchard), 1973. Inv. D.75.1.2
Peintre itinérant, Jean-Baptiste Corot arpenta la France et fit trois séjours en Italie. Après 1860, l'artiste transposa sur toile ses souvenirs ultramontains d'après les nombreux croquis qu'il y avait réalisés, lesquels étaient autant de rêveries verdoyantes et pastorales. L'incertitude du lieu (rives du lac d'Albano ou du lac Majeur) et donc du sujet de l'œuvre, montre que Corot, loin de retranscrire une réalité précise, cherchait à composer un paysage imaginaire et idyllique, évoquant la sérénité des temps anciens. Les quelques taches rouges formées par les bonnets des personnages et les fleurs vibrent dans la lumière nacrée, faisant osciller la nature entre l'instant et l'éternité.

Jean-Baptiste Camille COROT
Paris 1796 Paris 1875
Paysage
Huile sur bois
Don Colmont, 1941. Inv. 311
Corot est l'un des rares peintres de son époque dont les << études » sont exposées comme une partie intégrante de son œuvre. Faites pour rester à l'atelier, pour servir d'aide-mémoire, ces peintures de petit format témoignent de la grande habilité de l'artiste.

Thomas COUTURE
Senlis 1815-Villers-le-Bel 1879
Damocles
Huile sur toile. 1866
Don Noé Barbé, 1901. Inv. 39
Détournant l'histoire du courtisan Damoclès répandue par la fameuse expression << avoir une épée de Damoclès au-dessus de sa tête »>, Thomas Couture image une figure de poète mélancolique, placée sous une obscure menace. Le peintre dénonce ainsi «< l'esclavage dans lequel était tombé l'art sous Napoléon III ». L'inscription latine - « Je préfère les dangers de la liberté à la sécurité d'une servitude dorée »> - exprime son désenchantement à l'égard du Second Empire qui, en lui procurant d'importantes commandes, l'avait en même temps enchainé au pouvoir, privé de liberté. Peinte en 1866, l'œuvre ne put être présentée qu'au Salon de 1872

Jean-Baptiste Camille COROT
Paris 1796-Paris 1875
Les Chevriers de Castel Gandolfo (aussi dit Les Chevriers des îles Borromées)
Huile sur toile. 1866
Dépôt du musée du Louvre (legs Chauchard), 1973. Inv. D.75.1.2
Peintre itinérant, Jean-Baptiste Corot arpenta la France et fit trois séjours en Italie. Après 1860, l'artiste transposa sur toile ses souvenirs ultramontains d'après les nombreux croquis qu'il y avait réalisés, lesquels étaient autant de rêveries verdoyantes et pastorales. L'incertitude du lieu (rives du lac d'Albano ou du lac Majeur) et donc du sujet de l'œuvre, montre que Corot, loin de retranscrire une réalité précise, cherchait à composer un paysage imaginaire et idyllique, évoquant la sérénité des temps anciens. Les quelques taches rouges formées par les bonnets des personnages et les fleurs vibrent dans la lumière nacrée, faisant osciller la nature entre l'instant et l'éternité.

Eugène ISABEY
Paris 1803-Montévrain 1886
Matelots saluant le Christ à la sortie du port de Saint-Valéry
Huile sur toile. Vers 1867
Acquisition du musée, 1964. Inv. 64.2.1
Isabey a fait entre 1820 et 1874 de nombreux séjours en Normandie, s'attachant à traduire les aspects à la fois humbles, romantiques et grandioses de la région, comme en témoigne cette esquisse d'un tableau présenté au Salon de 1867.

Théodore GÉRICAULT
Rouen 1791 - Paris 1824
Étude préparatoire pour Le Derby d'Epsom Huile sur toile. Vers 1821
Dépôt du musée du Louvre, 1973. D.75.1.8
Passionné de chevaux, Théodore Géricault peint.ce petit tableau comme étude préparatoire au célèbre Derby de 1821 d'Epsom peint pendant son voyage en Angleterre (Paris, musée du Louvre). L'artiste se plait à rendre l'impression de vitesse par l'élongation extrême et la suspension irréaliste des corps des chevaux

Eugène DELACROIX
Charenton-Saint-Maurice 1798 - Paris 1863
Quentin Durward et le Balafré
Huile sur toile
Œuvre récupérée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, déposée en 1975 par le musée du Louvre (MNR 144); en attente de sa restitution à ses légitimes propriétaires. Inv. D. 75.1.5
Delacroix illustre le roman Quentin Durward de Walter Scott, paru en 1823. Durward, attablé avec son oncle Lesly, dit le Balafré, lui apprend l'assassinat de sa famille. Le vieux soldat remet à son valet une chaîne d'or pour payer les moines chargés de dire une messe.

colonel Jean-Charles LANGLOIS Beaumont-en-Auge 1789 - Paris 1870
Le Caire. Minaret près d'un rempart
Le Caire. Deux vues animées des rues de la ville Rue couverte au Caire
Huiles sur papier marouflé sur toiles. 1850
Legs Langlois, 1872. Inv. 2005.1.109, 100 et 111
Pleines de vie et de lumière, ces esquisses furent peintes au Caire durant le voyage que Langlois entreprit en 1850 en Égypte, afin de préparer son Panorama de la bataille des Pyramides inauguré à Paris en 1853

Pierre-Edme-Louis PELLIER
Paris v. 1777- Paris 1848
Calypso recevant dans son île Télémaque et Mentor
Huile sur toile. 1804
Acquisition du musée, 2018. Inv. 2018.11.1
NOUVEL ACCROCHAGE
D'origine bas-normande par son père, Pierre-Edme-Louis Pellier fut élève de Jean-Baptiste Regnault à l'École des Beaux-Arts de Paris à partir de 1795, et concourut en vain au Grand Prix de Rome de 1799 à 1804. C'est au Salon de cette dernière année que Pellier dévoila cette Calypso recevant dans son ile Télémaque et Mentor, dont le sujet était tiré du roman didactique de Fénelon, Les Aventures de Télémaque, publié en 1699. Par sa composition en frise, la préciosité des poses, ses tons clairs et soutenus, cette œuvre traduit l'influence du courant primitiviste qui s'exprima sous le Consulat autour de jeunes peintres issus de l'atelier de David. De format de chevalet, elle servit de modèle à un tableau deux fois et demi plus grand: exposée par Pellier au Salon de 1819, cette seconde Calypso fut ensuite envoyée au musée de Caen où elle disparut lors des bombardements de juillet 1944
François BOUCHER
Paris 1703-Paris 1770
Pastorale ou Berger gardant ses moutons Huile sur toile
Donation Montaran, 1870. Inv. 41
Par sa composition en courbes concentriques et son sujet léger, l'oeuvre appartient au goût rocaille. Derrière le sentiment de calme et de bonheur de vivre se cache pourtant la mélancolie d'une méditation philosophique sur la destinée, évoquée par les ruines.




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