jeudi 30 juillet 2026

Ari Scheffer au musée de la vie romantique en février 2026

Quel plaisir de retrouver ce délicieux musée près de chez moi après plusieurs années de rénovation !
Le Paris de l'époque romantique
Le musée de la Vie romantique est le témoin d'une époque de création artistique intense dans la première moitié du xixe siècle. Le courant < romantique >, qui valorise l'émotion, le drame et la liberté, s'exprime dans tous les arts, en peinture, littérature, théatre, musique.
Ary Scheffer y occupe une place importante, autant par son ouvre que par le salon qu'il anime les vendredis soir. Il peint dans presque tous les genres- portraits tableaux littéraires, sujets d'histoire et religieux - avec une liberté de touche et un sens de la couleur propres au romantisme, et une sensibilité tres personnelle. Il crée durant plus de vingt ans dans cette maison-atelier, tout à la fois lieu de vie et de sociabilité parisienne,
Le parcours des collections se déploie sur deux étages dans un décor évoquant un intérieur romantique. Le rez-de-chaussée est consacré à la vie artistique parisienne autour d'Ary Scheffer et d'une autre figure incontournable du quartier, l'écrivaine George Sand. Les quatre salles à l'étage présentent les sources d'inspiration du romantisme : la nature, le sentiment, la littérature et le fantastique.

Ary Scheffer
Dordrecht, 1795 - Argenteuil, 1858
Portrait présumé de Marie d'Orléans. 1831 Huile sur toile
Deuxième fille du roi Louis-Philippe et de la reine Marie-Amelie Marie d' Orléans reçoit dès son plus jeune age une solide instruction. A lage de 8 ans. elle devient, avec ses frères et sœurs l'éleve d'Ary Scheffer, qui leur enseigne le dessin. Vers 1834, elle s'essaie à la sculpture, encouragée et formée par le peintre, et est reconnue pour ses talents artistiques
Son décès précoce, à l'age de 25 ans, laisse Scheffer inconsolable Il conserve dans sa maison le portrait de la princesse et ses æuvres. comme des reliques.

Arv Scheffer
Dordrecht, 1795 - Argenteuil, 1858
Le Giaour. 1832
Huile sur toile
Ary Scheffer illustre le poème Le Giaour, de l'auteur britannique George Gordon Byron, publié en 1813. L'histoire raconte les amours impossibles d'un chrétien, le Giaour, et d'une esclave Leila, appartenant au sérail d'un chef militaire turc.
Le peintre saisit le Giaour, le visage tourmenté et mélancolique, alors qu'il est réfugié dans un monastère, pris de remords d'avoir tué le maître de Leila, Ce héros romantique incarne l'engagement politique de Byron, et de Scheffer, dans la lutte des Grecs contre les Ottomans.

Arie Johannes Lamme
Dordrecht, 1812 - Dordrecht, 1900
Le Grand Atelier de la rue Chaptal, 1851 Huile sur toile
Installé rue Chaptal en 1830, Ary Scheffer fait construire dans la cour de sa maison deux ateliers aux verrières orientées au nord pour bénéficier d'une lumière naturelle constante
Cette vue du grand atelier présente l'artiste en train d'achever son tableau L'Amour divin, l'Amour profane tandis qu'au fond son épouse, Sophie Marin, est occupée à écrire. L'atmosphère de lespace de création est restituee par les outils du peintre les moulages d'antiques ainsi que les toiles sur chevalets ou accrochees aux murs.

Ary Scheffer
Dordrecht, 1795 - Argenteuil, 1858
Portrait de Pauline Viardot, 1840 Huile sur toile
Ary Scheffer peint ce portrait de la cantatrice et compositrice Pauline Viardot dans son atelier de la rue Chaptal, qu'elle fréquente en voisine et en amie. Il propose ici une représentation intime de la jeune femme, alors agée de 19 ans, l'année de son mariage avec Louis Viardot, proche de George Sand
Pradier
Pauline Viardot triomphe sur scène depuis la mort de sa sæur, la célèbre cantatrice Maria Malibran, en 1836. A partir de 1863, elle se consacre a l'enseignement et à la composition musicale.

Ary Scheffer Dordrecht, 1795 - Argenteuil, 1858
Portrait de Cornélie Renan-Scheffer, 1857 Huile sur toile
Cornélie est la fille d'Henry Scheffer, le plus jeune frère d'Ary. Elle est représentée ici vers l'âge de 24 ans, un an après son mariage avec le philosophe et historien Ernest Renan, rencontré lors des vendredis de la rue Chaptal. Très attaché à Renan, Ary a soutenu cette union.
Cornélie a trois enfants, dont le peintre Ary Renan et Noémi Renan, héritière de la maison de la rue Chaptal. Mariée à Jean Psichari, cofondateur de la Ligue des droits de ('homme, Noemi est la mère de Corrie Psichari-Siohan, qui cède la maison à l'Etat et legue les collections pour la création d'un musée


Le salon d'Ary Scheffer
Dans la tradition des salons littéraires et mondains, Ary Scheffer reçoit les artistes et intellectuels les vendredis soir. Dans une lettre de 1852, l'écrivain Jules Janin raconte une soirée chez le peintre qui commence par un diner < dans la petite maison au fond du jardin > et se poursuit en musique dans l'atelier.
Ce cercle d'amis incarne l'esprit du Paris romantique et la fraternité des arts. Il s'ouvre à des peintres illustres tels qu'Eugène Delacroix, Jean-Auguste-Dominique Ingres, Théodore Géricault, Paul Delaroche, Horace Vernet et Théodore Rousseau. Sa passion pour la musique et la littérature amène Scheffer à se lier aux compositeurs Frédéric Chopin, Franz Liszt, Charles Gounod, à l'écrivaine George Sand, au poète Alphonse de Lamartine, ainsi qu à la célèbre cantatrice Pauline Viardot, qui donne des cours de piano à sa fille, Cornélia. Scheffer reçoit aussi dans son salon des historiens, tels Augustin Thierry et Ernest Renan quiy rencontre sa future épouse, Cornélie Scheffer, nièce du peintre . Il accueille des hommes politiques importants, dont Adolphe Thiers et François Guizot, tous deux ministres de Louis-Philippe.

Henry Scheffer La Haye, 1798 - Paris, 1862
Portrait d'Ernest Renan. 1860 Huile sur toile
Ernest Renan est introduit rue Chaptal par l'historien Augustin Thierry, proche de la famille Scheffer, dont il est l'assistant. En 1856, il épouse Cornélie, fille d'Henry Scheffer. Ces liens familiaux expliquent la présence, au musée, d'importantes archives le concernant.
D'abord destiné à la prêtrise, Renan rompt avec l'Église catholique et devient l'un des grands savants de son temps Historien, philosophe et linguiste, il est nommé au Collège de France en 1862.

Auguste Charpentier Paris. 1813- Paris, 1880
Portrait de George Sand, 1838 Huile sur toile Auguste Charpentier séjourne à Nohant, le domaine de George Sand dans le Berry, pour réaliser ce célèbre portrait, qui met en valeur le regard sombre et < l'admirable tête > de l'écrivaine
yer
Âgée de 34 ans, elle a déjà publié plus de vingt ouvrages, et entame une relation avec le pianiste Frederic Chopin. Le couple sinstalle dans le quartier de la Nouvelle Athènes. rue Pigalle puis square d'Orléans. un haut lieu de la sociabilité romantique.

Jean- Baptiste, dit Auguste, Clésinger Besançon 1814 Paris, 1883
Buste de George Sand, 1847 Marbre

Théodore Gechter Paris, 1795 - Paris 1884
Anony Secré
Sainte Cécile jouant de la viole etvêtueàla mode romantique, vers 1840
Bronze

Maria-Felicia Garcia, dite la Malibran Paris. 1808 - Manchester, 1836
Autoportrait, xIxe siècle
Crayon graphite sur papier
Surnommée < la Malibran > par ses contemporains, Maria Malibran devient, dès la fin des années 1820, la diva la plus célèbre de son époque.
dans opéra péra de dractérisé ctaculaires phique.
Fille du ténor Manuel Garcia et de la soprano Joaquina Sitchez, et soeur de Pauline Viardot, elle est formée dès l'enfance par son père, et monte sur scène à 5 ans. A 17 ans, elle connaît son premier grand succès à Londres et entame une brillante carrière internationale
Pauline Viardot Paris, 1821 - Paris, 1910
n 1832 en impose comme
Elle meurt prématurément à 28 ans, des suites d'une chute de cheval apres s être effondrée lors d'un concert à Mancheste



Ary Scheffer
Portrait de Dona Francisca de Braganca  princesse de Joinville 1844


Johann- Bernhard Scheffer Homberg 1764 -Amsterdam 1809
Portrait d'Ari Scheffer enfant vers1800

Ary Scheffer
Dordrecht, 1795 - Argenteuil, 1858
Henrv Scheffer La Haye, 1798 - Paris, 1862
Les trois frères Scheffer dans un paysage, 1824 Huile sur toile
Installé devant son chevalet en pleine campagne, Henry Scheffer peint sous le regard de son frère Ary, tandis que Charles-Arnold lit, allongé dans l'herbe. Le moment, paisible et en harmonie avec la nature, illustre l'affection qui unit les trois frères, renforcée par la présence de leurs chiens
Bien qu'Ary semble conseiller Henry, le tableau porte les initiales des deux peintres, HS et AS. Il constitue un témoignage précoce du travail en plein air, pratique qui se développe en France dans les annees 1820.

George Sand Paris,
1804 - Nohant-Vic. 1876 
Maurice Sand Paris, 1823 -
 Nohant-Vic, 1889
Paysages imaginaires, 1873-1876
Aquarelle, rehauts de gouache sur papier
À la fin de sa vie, George Sand pratique presque quotidiennement en famille, le dessin de paysages selon une technique qu'elle nomme < dendrite >, en référence aux formes arborescentes apparaissant naturellement sur certaines roches.
Elle dépose des touches d'aquarelle sur le papier ou le carton qu'elle presse ensuite à l'aide d'une feuille de bristol au pouvoir absorbant. A partir de ces motifs aléatoires aux fines nervures, elle compose des paysages imaginaires, parfois enrichis d'architectures et de figures, telles que ses petites-filles et leur chien Fadet.


Johann Wolfgang von Goethe Francfort, 1749 - Weimar, 1832
Paysage, xIxe siècle
Encre noire, plume et lavis sur papier vergé
Figure tutélaire du romantisme européen, Goethe est l'un des fondateurs du mouvement littéraire Sturm und Drang (
Lors de son voyage en Italie, entre 1786 et 1788. il développe une pratique assidue du dessin de paysage. Admirateur d' Ary Scheffer, l'un des premiers artistes à faire connaître son œuvre littéraire en France, Goethe lui offre cette vue idéalisée d'une vallée aux architectures d'inspiration antique, baignée d'une lumière solaire

Pierre-Joseph Redouté
Saint-Hubert (Belgique), 1759 - Paris, 1840
Papaver somniferum. 1839 Aquarelle et crayon graphite sur velin
Spécialiste reconnu de la peinture botanique, Pierre-Joseph Redouté connait un grand succès avec ses ouvrages illustres notamment Les Liliacées, dédiées à l'impératrice Joséphine en 1802. Professeur de dessin de fleurs au Muséum d'histoire naturelle à partir de 1822, il contribue a l'essor de ce genre, en particulier auprès des femmes.
A la fin de sa vie, Redouté représente ce pavot somnifere sous plusieurs angles et à différents stades de floraison. Cette plante fascine les artistes romantiques pour ses propriétés narcotiques et les plaisirs artificiels qui leur sont associés

Claude-Marie Dubufe
Paris. 1790 - La Celle-Saint-Cloud, 1864
La Suppliante, 1829 Huile sur toile
La Suppliante appartient à une série dite des têtes d'expressions développée par Claude-Marie Dubufe, celèbre portraitiste romantique, auteur de La Reflexion, La Douleur ou La Modestie. Sur un fond noir, la figure drapée d'un chale carmin lève les yeux vers le ciel et joint les mains en prière, exprimant une intense dévotion.
Ce tableau illustre les canons de la beaute féminine romantique des années 1820 et reflète l'intérét de l'époque pour la representation directe du sentiment, au-delà de tout contexte narratif.

Henry Schetfer 
Jeune femme, les mains jointes
Vers 1830


Francois Bouchet Paris. 1800- Paris, 1842
La Malilbran dans le role de Desdémone (Otello de Gioachino Rossini, 1816, d'après William Shakespeare), 1831
Huile sur tolle
François Bouchot représente la cantatrice Marla Mallbran dans l'un de ses roles les plus celèbres, celui de Desdémone dans Otello de Rossini, qu'elle interprète entre 1828 et 1831. Les cheveux défaits et la chemise entrouverte, elle est flgurée lors de la scene finale du troisième acte, moment de solitude et de pressentiment tragique. Fille ainee du tenor Manuel Garcia, Maria Malibran, diva adulée de son temps, meurt prématurément en 1836, à l'age de 28 ans. Sa soeur, Pauline Viardot, proche de George Sand, commence alors sa carrière de chanteuse lyrique.
Dépot du musee du Louvre, legs de Rob

Étienne-Marin Mélingue Caen, 1807 - Paris, 1875
Sainte Cécile, vers 1842
Bronze
Acteur dramatique, peintre et sculpteur romantique, Étienne-Marin Mélingue réalise des effigies du monde du spectacle et des personnages historiques. Sainte Cécile, patronne des musiciens, est ici représentée jouant de l'orgue portatif, symbole de la musique, premier art de vivre au xixe siècle. Son vêtement finement gravé, inspiré des costumes de la Renaissance, illustre le goût des romantiques pour la représentation du passé.

L'imaginaire fantastique
Après le traumatisme de la Révolution francaise et le désenchantement de l'épopée napoléonienne, les artistes trouvent une échappatoire dans un imaginaire fantastique. Peuplant leurs toiles de spectres et de fantomes, ils tentent d'explorer les marges du monde et d'établir un dialogue entre les morts et les vivants.
Ary Scheffer présente au Salon de 1831 deux ceuvres marquantes, Faust et Marguerite, témoins de la vogue du Faust de Goethe en France. Publié en 1808 en Alleragne, ce drame fondateur du romantisme littéraire est traduit pour la première fois en francais en 1825. Le diable, sous les traits de Méphistophélès, aide Faust à séduire Marguerite. Cette figure est reprise par les sculpteurs. Jean Jacques Feuchère expose au Salon de 1834 une statue de Satan en proie aux tourments et à l'introspection qui devient rapidement une icône de la statuaire romantique.
La fascination romantique pour l'au-delà s'exprime dans les tableaux inspirés de poèmes tragiques - Manfred de Lord Byron ou Lénore, les morts vont vite de Gottfried August Bürger. Ces visions d'esprits et de chevauchées nocturnes montrent un goût marqué pour l'invisible et l'étrange.

Ary Scheffer 
Dordrecht, 1795 - Argenteuil. 1858
La Famille du marin. 1826 Huile sur toile

Ary Scheffer
 Dordrecht, 1795 - Argenteuil 1858
La Tempête, vers 1820 Huile sur toile

Ary Scheffer 
Dordrecht, 1795 - Argenteuil, 1858
Le Désespoir ou Jeune fille assise au bord de la mer, vers 1824 Huile sur toile

Pierre-Jérôme Lordon 
Le Moule, 1780 - Paris 1838
La Communion d'Atala. 1808
Huile sur toile

Ary Scheffer
Dordrecht 1795- Argenteuil 1858
Effie et Jeanie Deans dans la prison d'Édimbourg. 1832 
Huile sur toile

François-Hippolyte Debon
 Paris, 1807 - Paris, 1872
Le Justicier, vers 1835
Huile sur toile

Arv Scheffer
Dordrecht, 1795 - Argenteuil, 1858
Eberhard, comte de Wurtemberg, pleurant la mort de son fils, dit Le Larmoyeur, entre 1834 et 1836
 Huile sur toile

Gillot Saint-Èvre
Boult sur Suppe 179l - Paris 1853
Miranda et Ferdinand jouent aux échecs (d'après William Shakespeare, La Tempête) 1822

Ary Scheffer
Dordrecht, 1795 - Argenteui, 1856
Marguerite tenant son enfant mort, vers 1846

Ary Scheffer
Dordrecht, 1795 - Argenteui, 1856
Marguerite à l'église

Ary Scheffer
Dordrecht, 1795 - Argenteui, 1856
Marguerite au rouet

Ary Scheffer
Dordrecht, 1795 - Argenteui, 1856
Faust dans son cabinet

Ary Scheffer
Dordrecht, 1795 - Argenteui, 1856
Léonore, les morys vont vite...

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