jeudi 30 juillet 2026

Otobong Nkanga au musée d'art moderne en décembre 2025

Otobong Nkanga
I dreamt of you in colours

Depuis la fin des années 1990, Otobong Nkanga (née en 1974 à Kano,
au Nigeria, et aujourd'hui installée à Anvers, en Belgique) aborde dans sa pratique des thèmes liés à l'écologie, aux relations entre le corps et le territoire.
Après des études au Nigeria, à Paris puis Amsterdam, l'artiste creuse le sillon de questions en lien avec l'extraction minière, l'utilisation des richesses du sol, mais aussi le corps dans son rapport à l'espace et à la terre. A partir de son histoire personnelle, et d'une recherche nourrie de nombreuses influences transhistoriques elle crée des reseaux et des constellations 
entre êtres humains et paysages, mettant en évidence
la capacité réparatrice des systèmes naturels et relationnels.
La notion de strate est au centre de son oeuvre dans la materialite
de ses sculptures, ses tapisseries et de sa manière de penser les relations entre les êtres humains et les lieux qu'ils habitent, qu'ils transforment et par lesquels eux-mêmes sont transformés.
L'artiste observe simultanément la circulation des matériaux et celle des biens, des personnes et de leurs histoires entremêlées, elle examine leur exploitation, marquée par les résidus de violences environnementales. Tout en interrogeant la mémoire, elle offre la vision d'un avenir possible.
A la fois état des lieux et coupe transversale dans une cauvre protéiforme, l'exposition-à travers un parcours egencé de manière non chronologique - retrace la généalogie de sujets récurrents et présente ainsi un ensemble de dessins, installations, peintures, textiles, photographies, sculptures, céramiques, poèmes et performances.
C'est la première exposition à caractère rétrospectif de l'artiste Otobong Nkanga de cette ampleur dans un musée en France,
elle a été conçue en collaboration avec le musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne.

Livelihood
1994
Crayon de couleur, encre et vernis sur papier
Crayon, ink and varnish on paper
Collection particulière
Private collection

Untitled
1994
Crayon de couleur, crayon à papier et stylo-bille sur papier
Coloured pencil, pencil and ballpoint pen on paper
Collection particulière
Private collection

Fattening Room
1999
C-print sur papier photographique monté sur Dibond C-print on photographic paper, mounted on Dibond
Collection Cécile Bourne-Farrell
S'inspirant de son héritage Ibibio du sud-est du Nigeria, Otobong Nkanga construit sa propre fattening room en l'espace d'un mois pendant ses études à l'Atelier Penone, en utilisant la terre du jardin situé devant son atelier à l'École des Beaux-Arts de Paris. L'oeuvre comprend une sculpture en terre, une performance et une série de photographies, dont 18 ont été collées pour produire cette image unique. Dans les cultures Efik et Ibibio, la salle d'engraissement >> sert de rite de passage vers la vie de femme, de préparation à la vie conjugale et d'espace de transmission du savoir. Cette ceuvre condense les thèmes centraux que l'artiste continuera d'explorer: l'interconnexion entre le corps, le textile, l'architecture et la terre; la convergence des influences culturelles (nigériane, portugaise, espagnole et brésilienne); et les traces matérielles à travers lesquelles des pratiques traditionnelles tout comme l'histoire coloniale restent lisibles. 

Keyhole IV 1997
Dessin sur céramique
Drawing on ceramic
En 1997, Otobong Nkanga visite la maison et l'atelier de
la sculptrice autrichienne et prêtresse yoruba Susanne Wenger (1915-2009) - qui s'était convertie à la religion yoruba et vivait près du célèbre sanctuaire Osun-Osogbo au Nigeria. Nkanga est frappée par une ceuvre en métal forgé en forme de trou de serrure ». À son retour à Paris, elle s'inspire de cette forme pour dessiner sur des plaques d'argile, et trouve là un moyen d'aborder les tensions sociales et politiques qui agitaient alors le Nigeria. Exposée ici pour la première fois, la série Keyhole comprenait au départ dix pièces.

Just Waiting for Us to Play
2006
Acrylique, gouache, vernis à ongles et perforations sur papier
Collection C. Mallard

with Epiphytens as the Fluids Flows 2006
Acrylique, vernis à ongles et perforations sur papier
Acrylic, nail polish and perforated holes on paper
Collection C. Mallard

Pleasure Fragments II
2002
Lithographie sur papier
Lithograph on paper
Collection Wim van Dongen

Pleasure Fragments I
2002
Lithographie sur papier
Lithograph on paper
Collection Wim van Dongen

Contained Measures of Land - The Operation
2008
Racines d'oranger, tillandsias, 5 aiguilles en acier inoxydable de différentes tailles
Orange tree roots, Tillandsia plants, 5 stainless steel needles of various sizes
Collection Sabine Koklenberg
Cette racine d'oranger transpercée d'épingles et d'aiguilles géantes matérialise une pratique récurrente chez Otobong Nkanga, qui évoque à la fois la blessure, l'acte de marquer, et la violence humaine envers les territoires, tout en suggérant de possibles transformations. Chaque piqûre/trouée crée une ouverture, à la fois traumatique et féconde. Ce geste peut aussi renvoyer aux pratiques médicinales et rituelles, où l'aiguille devient outil symbolique de pouvoir, de soin ou de malédiction sur un objet inanimé.

Unearthed - Midnight
2021
Textile tissé (Trevira, Sidero, polyester, multifilament, polypropylène extérieur, techno, Elirex, mohair, laine mérinos, Superwash, linge, monofilament, Econyl, fulgaren, viscose) Woven fabric (Trevira, Sidero, polyester, multifilament, outdoor polypropylene, techno, Elirex, mohair, merino wool, Superwash, linnen, monofilament, Econyl, fulgaren, viscose)
Fondation Beyeler, Riehen/Basel
Les quatre tapisseries monumentales Unearthed (« Exhumé >>) déploient une narration qui part des grands fonds océaniques (Abyss) pour atteindre la lumière d'un paysage ensoleillé (Sunlight), en passant par les eaux moins profondes
(Midnight) et le littoral (Twighlight). Réalisées sur un nouveau type de machine à tisser à lances, en collaboration avec le TextielLab du TextielMuseum à Tilburg (Pays-Bas), ces ceuvres sont constituées de textures et de motifs complexes obtenus grâce à un agencement sophistiqué de fils chatoyants. Nkanga relie les récits de l'exploitation minière aux changements climatiques, associant ainsi les mondes visibles et invisibles. Elle évoque également le commerce triangulaire et les millions de vies perdues en représentant des parties de corps échouées sur le rivage, transformées en minéraux contenant les substances mêmes qui alimentent nos technologies.

Unearthed - Midnight
2021
Textile tissé (Trevira, Sidero, polyester, multifilament, polypropylène extérieur, techno, Elirex, mohair, laine mérinos, Superwash, linge, monofilament, Econyl, fulgaren, viscose) Woven fabric (Trevira, Sidero, polyester, multifilament, outdoor polypropylene, techno, Elirex, mohair, merino wool, Superwash, linnen, monofilament, Econyl, fulgaren, viscose)
Fondation Beyeler, Riehen/Basel

Unearthed - Twilight
2021
Textile tissé (Trevira, Sidero, polyester, multifilament, polypropylène extérieur, techno, Elirex, mohair, laine mérinos, Superwash, linge, monofilament, Econyl, fulgaren, viscose) Woven fabric (Trevira, Sidero, polyester, multifilament, outdoor polypropylene, techno, Elirex, mohair, merino wool, Superwash, linnen, monofilament, Econyl, fulgaren, viscose)
Fondation Beyeler, Riehen/Basel

Unearthed - Sunlight
2021
Textile tissé (Trevira, Sidero, polyester, multifilament, polypropylène extérieur, techno, Elirex, mohair, laine mérinos, Superwash, linge, monofilament, Econyl, fulgaren, viscose),
Woven fabric (Trevira, Sidero, polyester, multifilament, outdoor polypropylene, techno, Elirex, mohair, merino wool, Superwa berwash, linnen, monofilament, Econyl, fulgaren, viscose), remembrance plants
Fondation Beyeler, Riehen/Basel

Alterscape Stories: Uprooting the Past 2006
C-print sur papier photographique, monté sur aluminium C-print on photographic paper, mounted on aluminium Collection Galerie In Situ - fabienne leclerc, Grand Paris

Detail de l'oeuvre precedente

Beacon - Resilience
2024
Barre métallique avec base, pièces en céramique,
bases en céramique, herbe de grâce, ortie, thym
Metal pole with base, ceramic pieces, ceramic bases, herb-of-grace, nettle, thyme
Courtesy of Lisson Gallery
Renouant avec l'intérêt de ses débuts pour la céramique, Otobong Nkanga commence, en 2023, une série d'oeuvres sculpturales intitulée Beacon (« Phare »). Semblables
à des arbres calcinés, les colonnes abstraites en grès s'élèvent vers le ciel, craquelées et noircies, rappelant la fragilité des écosystèmes. Disposés autour des colonnes, des récipients contiennent des graines séchées - origan, thym et romarin - soulignant la vulnérabilité de la vie végétale et de nos
systèmes alimentaires

Detail

Lined with Shivers Sprouting from the Rock 2021
Tapis en laine, cordes en coton nouées à la main, sculptures en bois de hêtre pleureur, sculptures en verre soufflé à la main, sculptures en argile, métal, vidéo, matériaux organiques et huiles diverses
Wool carpet, cotton hand-knotted ropes, weeping beech wood sculptures, hand blown glass sculptures, clay sculptures, metal, video, organic materials and various oils
Vidéo, couleur, non sonore, 7 min 12 s
Video, colour, silent, 7' 12"
Castello di Rivoli Museo d'Arte Contemporanea, Rivoli-Torino Le projet est le lauréat de l'appel public PAC 2020 - Piano per l'Arte Contemporanea, promu par la direction générale de la Création contemporaine du ministère italien de la Culture The project is the winner of the public announcement PAC 2020 - Piano per l'Arte Contemporanea, promoted by the Directorate- General for Contemporary Creativity of the Italian Ministry of Culture
En 2020, Nkanga a commencé à travailler avec le Textiel Lab du TextielMuseum de Tilburg (Pays-Bas) pour créer des tapis inspirés du corps au repos et de son poème Soft rock, Soft bed. Leurs formes s'inspirent des structures agrandies des roches et des minéraux : le quartz pour Leaving Trails in the Distance, la malachite et l'azurite pour Lined with Shivers Sprouting from the Rock, et la pyrargyrite pour We Come from Fire and Return to Fire. La laine teintée à la main est tuftée pour donner aux surfaces volume et texture, soulignant ainsi leur tridimensionnalité.
Les tapis sont accompagnés d'éléments sculpturaux : du bois de hêtre avec des cavités sculptées, des récipients en verre rappelant des gousses, des boules et des hexagones en céramique reliés par des cordes tissées à la main. Ensemble, ils révèlent un vaste réseau qui reflète l'imbrication des paysages et des continents. Nkanga imagine les rochers- tapis comme des lieux de douceur, des espaces de réparation et de répit, où les sens sont exacerbés.
L'expérience est enrichie par des éléments olfactifs fabriqués à partir de matériaux organiques tels que
des plantes médicinales et des gouttes d'huiles essentielles. Deux sphères en céramique diffusent les voix superposées de l'artiste, fusionnant le chant et le chuchotement
dans l'environnement.

Social Consequences V:
The Harvest
2022
Acrylique et adhésifs sur papier
Acrylic and stickers on paper
Collection Wim Waumans

Pointe-Noire Fragments
Mother of Greed
2009
Acrylique et adhésifs sur papier
Acrylic and stickers on paper
Collection particulière
Private collection

Compiled Thoughts Lurking as I Look at You
2008
Acrylique sur papier
Acrylic on paper, diptyque/diptych
Collection particulière
Private collection

Spots of Amnesia
2006
Acrylique et laque sur papier Acrylic and lacquer on paper Collection Wim van Dongen

Recipe for Repairs
2019
Acrylique sur papier
Acrylic on paper
Collection Wim van Dongen

Filtered Memories 1977-1981: Teargas 1978,
Yaba, Lagos
2009
Acrylique sur papier
Acrylic on paper
Collection particulière
Private collection

Social Consequences I: Crisis
2009
Acrylique et adhésifs sur papier
Acrylic and stickers on paper
Collection Huisman/Jurriëns

The Weight of Scars
2015
Textiles tissés (viscose, mohair, polyester, coton biologique, lin, acrylique), impressions jet d'encre pigmentaire sur 10 plaques Forex découpées au laser, aimants
Woven textile (viscose, mohair, polyester, organic cotton, linen, acryl), inkjet prints on 10 laser cut Forex plates, magnets
Centre Pompidou, Paris.
Don du Groupe d'acquisition pour l'art contemporain
de la Société des Amis du musée national d'Art moderne, 2016 Gift from the Contemporary Art Acquisition Group of the Society of Friends of the National Museum of Modern Art, 2016
Dans cette ceuvre textile en quatre panneaux, composée de dix images photographiques aimantées sur la tapisserie, Otobong Nkanga explore les paysages meurtris, la question de la reconstruction et le poids des héritages coloniaux et extractivistes. Les photographies circulaires documentent les vestiges de divers sites miniers abandonnés de Namibie: sol fissuré, béton négligé, pipelines et vide clôturé. S'appuyant sur l'effet des images sur notre perception du monde, l'artiste établit une cartographie historique des activités industrielles et de leurs conséquences aussi bien géologiques qu'humaines

30 tables (structure métallique), 2 tentures de laine (La Découverte/ La Transformation), 9 photographies imprimées sur dalles de calcaire de Galala, 6 dalles de béton stratifié avec minéraux, 4 modules de lévitation de minéraux, 3 textes imprimés sur dalles de calcaire de Galala, moniteurs et vidéos HD monocanal avec son (In Pursuit of Bling, 11 min 59 s; Reflections on the Raw Green Crown, 2 min 52 s), table lumineuse avec images d'archives imprimées par jet d'encre sur Plexiglas, micanite, cuivre, malachite et poudre de maquillage
Acquisition conjointe du Stedelijk Museum Amsterdam et du Stichting Museum Arnhem avec le soutien financier du Mondrian Fund, avec la contribution du legs Pierre Janssen, et de la Rembrandt Association
et de son Titus Fund


In Pursuit of Bling 2014
Cette installation composée de deux tapisseries et de tables articulées selon un système modulaire rassemble, entre autres, des minéraux (mica, malachite, cuivre), des vidéos et des photographies. Le tout crée une cartographie des lieux d'extraction de ces minéraux brillants (bling), de leur circulation et de leur transformation sous forme de maquillage, de matériaux isolants ou de composants technologiques. En faisant ainsi apparaître le revers de la << Quête du bling >> évoquée par le titre, Otobong Nkanga retrace l'histoire de l'exploitation minière dans ses liens étroits avec l'entreprise coloniale et ses ramifications dans le présent

Remains of the Green Hill
2015
Vidéo HD, couleur, sonore, 5 min 48 s
Single channel HD video, colour, sound, 5' 48"
En 2015, Otobong Nkanga se rend sur l'ancien site minier de Tsumeb, en Namibie. Le lieu est connu familièrement sous le nom de Green Hill (colline verte), un nom qui rappelle l'époque où ses pentes riches en minéraux brillaient d'un cuivre oxydé verdoyant. Au début du XXe siècle, les colons allemands l'ont transformée en un morne cratère par l'exploitation minière à l'explosif. Dans la vidéo, Nkanga s'adresse à la terre blessée en chantant, prenant acte de toutes les ressources pillées à cet endroit, et du coût en vies humaines et non humaines. Elle parle de sa performance comme d'un acte d'apaisement, semblable à une offrande à la terre. Remercier la terre pour les cadeaux qu'elle nous offre, et s'excuser pour ceux que nous lui arrachons, est pour Nkanga un moyen d'équilibrer notre relation avec la planète sur laquelle nous vivons.

Infinite Yield
2015
Textile tissé (mohair, laine mérinos, coton biologique, polyester, viscose)
Woven textile (mohair, merino wool, organic cotton, polyester, viscose)
M HKA, Museum van Hedendaagse
Kunst Antwerpen/Anvers
La tapisserie Infinite Vield, conçue à partir de dessins
et retravaillée à grande échelle, explore notre relation aux ressources naturelles et à leur exploitation dans une économie mondialisée. L'oeuvre met l'accent sur les liens entre le paysage, les personnes et le travail, tout en nous invitant à reconsidérer l'impact environnemental et les défis sociaux à relever. Au centre, un corps émergeant dans un paysage en forme d'entonnoir tient des fragments de terre, une image puissante qui relie l'exploitation et la dépossession, et symbolise un écosystème vidé de sa substance. 
Solid Maneuvers, performance d'Otobong Nkanga
2025
Vidéo, couleur, sonore, 5 min
Video, colour, sound, 5'
Courtesy of the artist
Dans cette performance, Otobong Nkanga active une série de gestes mécaniques, répétitifs et bruyants, empruntant aux registres du travail industriel et de l'extraction. Manipulant des matériaux bruts, tout en proférant des cris, des souffles et des récits fragmentés, l'artiste met en scène la manière dont les êtres humains, par leurs mouvements, façonnent la nature et marquent les paysages. Entre chorégraphique et rituel, Solid Maneuvers traduit la tension entre effort physique, mémoire collective et violence des gestes productifs

Revelations
2020
Textile tissé (coton, viscose, lin, arnica, techno, Elirex,
polyester, Sidero), impressions jet d'encre sur 18 plaques Forex découpées au laser
Woven textile (cotton, viscose, linen, arnica, techno, Elirex, polyester, Sidero), inkjet prints on 18 laser-cut Forex plates
Henie Onstad Collection, Henie Onstad Kunstsenter, HOvikodden. Gift from Lise Wilhelmsen Fond
Le thème de l'oubli et de la perte est une préoccupation récurrente dans l'oeuvre d'Otobong Nkanga. Dans cette tapisserie, un personnage se tient devant un paysage rocheux et hostile, contrastant avec la partie supérieure de la composition, où un flux d'images et de pièces de monnaies jaillit de sa tête sous forme de bulles. Ici, Nkanga évoque les souvenirs de divers paysages et moments, illustrant comment ces expériences restent gravées de manière indélébile dans la mémoire.

The Apparatus
2015
Acrylique et pâte à modeler acrylique sur papier
Acrylic and acrylic modelling paste on paper
Collection Wim van Dongen

From Where I Stand
2015
Impression jet d'encre sur tapis en polyester, plaque circulaire en aluminium avec impression jet d'encre, 3 cônes contenant divers objets
Chromojet print on polyester carpet, 1 large circular aluminium plate with inkjet print, 3 cones with objects
Musée d'Art moderne de Paris. Don de la Société des amis du musée d'Art moderne de Paris
Gift of the Society of Friends of the Musée d'Art moderne de Paris
Le motif graphique et le contour géométrique du tapis sont inspirés de paillettes de mica, un minéral souvent apprécié pour ses qualités de brillance et d'isolation, qui fascine l'artiste depuis son enfance. De minuscules fragment en sont photographiés à l'aide d'un microscope électronique et présentés à une échelle plus grande que le corps humain. La structure cristalline du mica révèle alors ses facettes, cassantes et fracturées - pour décrire les états d'âme. Otobong Nkanga poursuit des termes également employés ici sa recherche sur les minéraux, leur exploitation et leur circulation, par différentes performances sous le titre Glimmer

Backstage 2015
Divers objets et matériaux
pour performances
Various objects and material
for performance
Backstage rassemble une sélection are divers matériaux et minerais de la collection de Nkanga. Cette accumulation d'éléments bruts ou semi-transformés met en scène des matériaux porteurs de récits, traces d'une chaîne de production où se croisent exploitation, extraction et artisanat. Le titre suggère ce qui est habituellement tenu hors du regard : la part cachée du travail et les ressources invisibles. De plus, ces matériaux servent à activer les performances de l'artiste, notamment From Where I Stand, au cours de laquelle elle manipule, agence ou incarne ces éléments pour explorer les liens entre corps, territoire et mémoire.

Earthing 2021
Acrylique et adhésifs sur papier
Acrylic and stickers on paper
Collection Harm and Floor Haak, Pays-Bas/Netherlands

Glimmer: Fragments
2014
Vidéo, couleur, non sonore
Video, colour, silent, 18 min
Avec une grande sobriété, les pierres se succèdent et tournent sur elles-mêmes, dévoilant sous une lumière intense leurs caractéristiques: malachite, mica, etc. Suspendues sur un fond sombre, elles semblent flotter hors du temps, magnifiées par le faisceau lumineux qui en révèle les aspérités et contours. Chaque pierre devient sujette à contemplation, à réflexion : Otobong Nkanga porte ici l'attention sur la matérialité des ressources naturelles tout en interrogeant notre rapport esthétique aux minerais, entremêlant fascination et extraction
Soft Offerings
2022
Bois sculpté, plantes, terre, graines, cordes, huile, eau, encens
Handcrafted wood, plants, earth, seeds, rope, oil, water, incense
Otobong Nkanga crée cette ceuvre pour la Biennale de Busan (Corée du Sud) en 2022. Ressemblant à un autel ambulant, elle a été portée en plein air par deux interprètes qui se déplaçaient à l'unisson, chacun soutenant une extrémité de la pièce de bois sur son épaule. Cet acte constituait un rite d'offrande au paysage et créait un souvenir commun pour les participants et les spectateurs. Par le biais de chansons, de poèmes et d'offrandes (fleurs coupées), la performance rend hommage à toutes les formes de vie non humaine - pierre, vent, fourmis, oiseaux, eau, plantes et met l'accent sur l'interconnexion entre les humains et le monde naturel.

Silent Anchor VII
2024
Corde, verre, céramique, métal peint par pulvérisation, huile de lavande
Rope, glass, ceramic, spray painted metal, lavender oil
Courtesy of Lisson Gallery
Depuis plusieurs années, Otobong Nkanga crée et fait usage de cordes dans ses installations. Réalisées selon des techniques ancestrales telles que le torsadage et le tressage les cordes évoquent aussi bien les cheveux que les cordages utilisés pour la navigation. Au même titre que les lignes qui traversent les dessins de l'artiste, les cordes signalent elles aussi la question du lien, du réseau, de l'interconnexion. Dans les contenants en verre soufflé, l'artiste dépose des herbes et des huiles, tels la lavande (antioxydant, anti-anxiété), la camomille (anti-inflammatoire, apaisant), ou le millepertuis (antibactérien, antidépresseur). L'assemblage des cordes et de ces récipients représente ainsi des systèmes circulatoires de matériaux récoltés, échangés et ingérés - à la fois au niveau individuel et à un niveau plus

We Could Be Allies
2017-2025
Métal, impression jet d'encre de poèmes sur tissu en coton, corde en coton, fil à plomb, peinture acrylique sur contreplaqué, vis de carrosserie en acier, dessin mural, acrylique
Metal, poems ink-jet printed on cotton cloth, cotton rope, plumb, acrylic paint on plywood, steel coach screws,
acrylic wall drawing
I could graft myself to you Blend to look like you
Hide underneath each layer
If we share our fears Exchange our fluids Quietly seal the deal We could be allies Against all odds
I can poison your roots Suffocate your lungs
I will leave you hollow
So I can thrive without you
If I connect to you
If I am consumed by you
If I crumble with you
Then what do we call us?
What can we become?

CARVED TO FLOW
Le projet Carved to Flow englobe une structure de soutien enracinée dans l'art et la sphère sociale. Il se déroule en trois phases. La première phase, le Laboratoire,
a pris la forme d'un workshop mené à Athènes lors de la documenta 14 en 2017. Dix prototypes de savon ont été créés, dont le savon 08 Blackstone un savon saponifié à froid composé d'eau, de charbon, de soude et de
-
sept beurres et huiles de Méditerranée, du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord et d'Afrique de l'Ouest. Ce processus de fabrication et la fusion en un objet des matières premières, convoquent le mouvement des marchandises, des corps, des géographies, des traditions et des récits.
La deuxième phase, Entrepôt et Distribution, a eu lieu lors de la documenta 14 à Cassel. Elle a consisté en une performance de 100 jours impliquant la vente du savon 08 Blackstone, entremêlée de conversations avec le public. La troisième phase, Germination, réfléchit aux écologies locales à travers des événements tels que des expositions, des ateliers et temps d'échange. Elle a donné lieu à la mise en place de la Fondation Carved to Flow par Otobong Nkanga à Akwa Ibom, au Nigeria, à la création avec Maya Tounta du centre d'art Akwa Ibom à Athènes et au lancement du podcast Iko avec Sandrine Honliasso. En 2025, l'introduction de deux nouveaux savons, 08 Salt Rock et 08 Red Bond composés de matériaux du nord du Texas, aux États-Unis, soutien l'économie alternative générée par Carved to flow, une économie de savoir, de matériaux, de relations et de géographies


Pour le 25 anniversaire du Prix Marcel Duchamp, le Centre Pompidou et le Musée d'Art Moderne de Paris - qui accueille pour la première fois l'événement - s'associent afin de présenter les finalistes sélectionnés par l'Association pour la diffusion internationale de l'art français (ADIAF). Une première salle les réunit en guise de préambule, et chaque artiste déploie ensuite ses œuvres - nouvelles pour la plupart - en donnant à voir ce qui constitue la singularité et la diversité de son travail. Dans des espaces choisis par leurs soins, et moyennant une autonomie attentive à ce qui les entoure, Bianca Bondi (1986), Eva Nielsen (1983), Lionel Sabatté (1975) et Xie Lei (1983) ont ainsi conçu ce qui s'apparente à une exposition personnelle: un abrégé de ce qui les occupe et les définit d'un point de vue artistique. L'ensemble peut suggérer une sorte de jeu à quatre joueurs, aux règles informulées, fluctuantes, sinon insaisissables.
En 1955, Marcel Duchamp avait souligné à propos du jeu d'échecs: «Le côté compétition de l'affaire n'a aucune importance, mais le jeu lui-même est très, très plastique. >> C'est précisément le cas ici. Que la partie commence!

Xie Lei
Fall VIII, 2025
Huile sur toile
Courtesy de l'artiste et de Semiose, Paris
Xie Lei Fall
Pour élaborer sa pratique picturale, Xie Lei (né en 1983 à Huainan, Chine) puise dans l'histoire de la peinture, tout en questionnant sa contemporanéité. S'appuyant discrètement sur des reférences littéraires et cinématographiques, il crée des univers sensibles d'où émergent des zones troubles. Omniprésente dans son œuvre, la figure humaine apparaît vidée de sa chair, non sexuée et dépourvue de toute expressivité, telle une chimère. La peinture de l'artiste ne s'inscrit dans aucune narration, mais plutôt dans un paysage mental où le temps semble figé, laissant place à une vision onirique qui échappe à toute conscience. L'étrangeté fantasmagorique qu'elle dégage correspond à des états d'âme dans lesquels l'artiste se reconnaît.
Xie Lei a choisi pour cette présentation le thème de la chute. Il renouvelle ainsi une iconographie largement utilisée dans l'histoire de l'art, que ce soit dans les récits mythologiques (La chute d'Icare), chrétiens (La chute des anges) ou contemporains (Le Saut dans le vide d'Yves Klein), ou bien encore dans les contes fantastiques chinois. Ici, des figures évanescentes, presque phosphorescentes, aux contours dilués dans une palette de verts et de bleus, plongent dans un espace indéfini. Privés de gravité, les corps flottent dans un entre-deux, si bien que le mouvement de chute semble s'interrompre, voire s'inverser en lévitation, passant ainsi d'un état d'angoisse à un état de jouissance. L'artiste s'attache à réunir les contraires pour les rendre indissociables, jouant sur le paradoxe et l'équivoque

Fall 1,2025
Huile sur toile
Courtesy de l'artiste et de Semiose, Paris

Corvidé, 2025
Ciment, chaux, filasse végétale, fer à béton,
pouzzolane et pigments
Courtesy Ceysson & Bénétière
Lionel Sabatté Interfaces mouvantes Moving Interfaces
Depuis plus de vingt ans, Lionel Sabatté (né en 1975 à Toulouse, France) s'intéresse à l'impact du temps sur les mondes minéral, organique et animal, explorant les flux d'énergie entre l'extérieur et l'intérieur d'un corps. Par le biais de réactions chimiques, en particulier l'oxydation, sur des matériaux inhabituels, il rend perceptible et sublime ce qui est habituellement voué à l'invisibilité. Poursuivant son bestiaire de figures hybrides, l'artiste utilise de la pouzzolane, une poudre de roche volcanique poreuse, pour façonner des créatures préhistoriques et aveugles qui, tel le Phénix, renaissent de leurs cendres. Ses peintures monumentales, mêlant du tissu de soie et différentes dilutions de liquides, évoquent des paysages d'une autre planète. Elles tissent une dialectique entre l'éphémère et l'intemporel, le vivant et l'inerte. Les oiseaux sculptés en bronze, intitulés Inséparables solitaires, se libèrent de leur ancrage terrestre pour prendre un envol collectif.
L'oeuvre Le Tissu, réalisée à partir de peaux mortes collectées auprès de podologues, rassemble en une seule entité d'innombrables fragments de corps différents. La peau étant la membrane sensible qui nous relie au monde, l'oeuvre s'inscrit à la lisière entre le soi et l'autre. De même, les visages créés à partir de poussières (cheveux, fibres de vêtements, etc.) ramassées par l'artiste dans les couloirs du Musée d'Art Moderne, contiennent des milliers de fragments d'ADN que le hasard a réunis pour former un corps uni

La Société des Amis
du Musée d'Art Moderne : cinquante ans d'amitié !
Créée en 1975 par l'éditrice Henriette Joël, encouragée par les artistes Gottfried Honegger, l'artiste François Morellet et le critique Otto Hahn, la Société des Amis du Musée d'Art Moderne regroupe des particuliers passionnés d'art moderne et contemporain.
Elle œuvre depuis cinquante ans à soutenir l'institution, l'accompagnant dans l'enrichissements de ses collections, mais aussi ses travaux de rénovation, de mise en valeur des espaces, ou de communication. Ce compagnonnage vient en appui des projets imaginés par les équipes du musée et a permis, au fil du temps, d'affirmer la place du Musée d'Art Moderne dans le paysage toujours plus dense et international des lieux dédiés à l'art moderne et contemporain.
Ainsi, tout en participant à l'acquisition de chefs d'œuvres, la Société des Amis du Musée d'Art Moderne a également contribué à favoriser la découverte de jeunes artistes ou la redécouverte d'artistes historiques, attestant de l'identité du Musée d'Art Moderne comme d'une institution en perpétuelle recherche.
Le dynamisme de ses activités a mené à la création de plusieurs comités, dédiés à des aspects particuliers des collections. Le Comité International soutient depuis 2014 d'importantes acquisitions et des travaux de rénovation. Le Comité Photo s'est constitué l'année suivante comme le premier comité d'acquisition pour la photographie en France. Le Comité Création Contemporaine renforce depuis la même année la collection contemporaine du Musée d'Art moderne par la prospection de jeunes artistes français et internationaux. Enfin, le Comité Histoire créé il y a trois ans s'est donnée vocation de conforter les collections du musée par la mise en lumière de sa longue et riche histoire.
Depuis 1975, plus de neuf cents œuvres sont ainsi entrées dans les collections grâce à la Société des Amis du Musée d'Art Moderne. Un ensemble représentatif de ces œuvres jalonne le parcours actuel des collections, témoignant de cet exceptionnel engagement. Une énergie qui a contribué à une spectaculaire augmentation de dons d'œuvres spontanés en faveur des collections du Musée d'art moderne depuis quelques années.

Dana Schutz
1976, Livonia (États-Unis)
Dear Ones, 2023
Huile sur toile
AMVP-2024-27
Don de la Société des Amis du Musée d'art moderne de Paris Dîner des Amis 2023

Malcolm Morley
1931, Londres (Royaume-Uni)- 2018, New York (Etats-Unis)
Piazzo d'Italia with French Knight (Piazzo d'Italia avec des chevaliers français), 2017
Huile sur toile
Don de
Société des Amis du
Musée d'art moderne de Paris Comité International en

Niki de Saint Phalle
1930, Neuilly-sur-Seine - 2002, San Diego
Notre-Dame de Paris
1962
Bois, grillage, plâtre, colle, objets trouvés, jouets
AMVP 2582
Achat en 1987
Seul membre féminin du groupe des Nouveaux
Réalistes, Niki de Saint-Phalle s'intéresse aux rôles que la société réserve aux femmes. En 1961, elle invente ses <tableaux-tirs», comme moyen de libération personnelle et collective. Il s'agit de performances au cours desquelles elle tire avec un fusil sur des compositions d'objets entièrement recouvertes de peinture blanche, faisant éclater par-dessus des poches de couleurs. Notre-Dame de Paris 1962 s'inscrit dans une veine plus critique. Sur un fond doré sont collés des objets trouvés et des jouets qui esquissent la cathédrale dont les tours et la partie basse sont entachées de noir. L'aspect quelque peu dérisoire et terrifiant qu'offre cette œuvre renvoie à l'univers grotesque du roman de Victor Hugo, et reflète le contexte politique d'alors

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