
PARURES ET ORNEMENTS : LE DÉSIR DE L'EXCELLENCE ET DU PRESTIGE
En collaboration exceptionnelle avec le Palais Galliera, musée de la Mode de Paris, le musée Cognacq-Jay explore la diversité de la féminité dans sa mise en scène au XVIIIe siecle, en plaçant en regard œuvres picturales et pièces textiles. L'histoire du costume et de sa représentation au siècle des Lumières est a la fois celle d'une réalité matérielle et celle d'un essor de l'imaginaire. À travers portraits, pastorales et fêtes galantes, l'exposition met en avant ces deux dimensions.
Le nouveau style vestimentaire français, adopté dans les cours et les villes d'Europe, apparaît dans les portraits de femmes de l'aristocratie et de la bourgeoisie. Le dialogue entre peintures et costumes d'époque éclaire la construction d'une féminité entre idéal de beauté, réalisme et représentation sociale. L'art du paraître connaît alors un essor inédit: la mode s'affirme, attisée par la rivalité entre noblesse et bourgeoisie montante. Le peintre Jean-Marc Nattier allie cette idéalisation à la somptuosité des détails, comme en temoignent ses portraits de princesses commandés par Louis XV. Les modèles, qu'ils soient issus de la cour ou de la bourgeoisie, participent souvent a la création de leur image, marquant ainsi leur rôle dans l'invention d'une nouvelle esthétique féminine.

École de Jean-Marc Nattier (1685-1766)
Louise-Élisabeth de France, duchesse de Parme, dite Madame Infante
1760
Huile sur toile
Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et Trianon
Comme souvent chez Jean-Marc Nattier, le portrait de Madame Infante (1727-1759), fille de Louis XV, en habit de chasse est réalisé en deux temps: d'abord la tête, puis, plus tard, le reste de la composition avec un véritable portrait d'habit. L'artiste y orchestre une représentation éloquente de l'appartenance à une sphère d'exception, matérialisée par le faste vestimentaire. Il déploie une inventivité et une singularité stylistique qui suscitent à la fois des éloges, par exemple de Giacomo Casanova, et des critiques, particulièrement vives de la part de Diderot.

Détail du tableau précédent

Maurice-Quentin de La Tour (1704-1788)
Portrait de Madame la présidente de Rieux en habit de bal tenant un masque
1742
Pastel sur papier marouflé sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 120
Surnommé le «prince des pastellistes», Maurice-Quentin de La Tour capte avec finesse la lumière ainsi que la psychologie de ses modèles. «Je descends au fond de mes personnages à leur insu et je les rapporte tout entiers», disait-il. Madame la présidente de Rieux porte une robe de bal sur laquelle tombe un manteau de soie gris aux reflets changeants orné de ruchés et de nœuds de taffetas bleus. Il s'apparente à une sorte de domino, large cape portée lors des bals costumés vénitiens. La richesse du costume, la douceur des tons gris et bleus tout comme le regard mélancolique traduisent le rang social de la notable, avec une sensibilité caractéristique des portraits de l'artiste.

Attribué à Jean-Marc Nattier
(1685-1766)
Portrait de Marie-Adélaïde de France, fille de Louis XV
Vers 1750
Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 84
Madame Adélaïde est l'une des huit filles de Louis XV et Marie Leszczynska.
Pour ce portrait d'apparat, la jeune fille est peinte en grand habit de cour. La somptueuse complexité de sa parure de grand corps, au large décolleté à mancherons, enrichi de broderies d'or et d'argent, contraste avec la fraîcheur de son teint et affirme son rang. À partir de 1740, Nattier devient le peintre attitré de la famille royale, réalisant les plus beaux portraits particulièrement de Mesdames de France, filles de Louis XV.
LE PORTRAIT, THÉÂTRE DE L'IDENTITÉ ET DU STATUT SOCIAL
Au siècle des Lumières, le portrait connaît un essor sans précédent. Aristocrates et bourgeois se font représenter pour affirmer leur rang et leur richesse. Les peintres magnifient leurs modèles par le faste des vêtements et accessoires, velours, taffetas, satins, fourrures, broderies d'or et d'argent. Chaque particularité - tissus, ornements, bijoux - souligne raffinement et statut social.
Certains artistes excellent dans cet art du paraître: Labille-Guiard, Vigée Le Brun et Vestier se distinguent par leur sens aigu de la matière et du détail. Formé à la miniature, Antoine Vestier s'attache à la finesse des étoffes et à la précision des motifs. Adélaïde Labille-Guiard, également miniaturiste et fille d'un marchand-mercier, puise dans cet univers son attrait pour le luxe et le costume. Pour Élisabeth Vigée Le Brun, fille d'une coiffeuse et d'un peintre pastelliste, l'attention à la mode et à la grâce féminine s'enracine dans son environnement familial. Sa formation auprès d'un peintre éventailliste avait éveillé son goût pour le détail et le raffinement décoratif. Sous les pinceaux de ces portraitistes, la mode devient un langage de prestige et de distinction, donnant vie à l'élégance et à l'éclat de la société du XVIIIe siècle.

Attribué à Antoine Vestier (1740-1824)
Portrait de femme
Seconde moitié du XVIIIe siècle Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay

Adélaïde Labille-Guiard
(1749-1803)
Portrait de femme
Vers 1787
Huile sur toile, inscription sur la lettre
"À mes enfants / je vous recommande à l'amitié, elle vous protégera"
Quimper, musée des Beaux-Arts

Adélaïde Labille-Guiard
(1749-1803)
Portrait présumé de Philiberte-Orléans Perrin de Cypierre, comtesse de Maussion
1787
Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 71
Le portrait présumé de Philiberte-Orléans Perrin de Cypierre, comtesse de Maussion, témoigne du grand raffinement avec lequel Adélaïde Labille-Guiard peint les détails des étoffes. Fille du marchand-mercier Claude-Émile Labille et formée à la miniature, l'artiste traite avec subtilité le riche vêtement de soie bleu aux reflets satinés, bordé d'une fine dentelle. Sous la coiffe de gaze brodée, les cheveux délicatement poudrés du modèle sont rendus avec un effet vaporeux.

Élisabeth Louise Vigée Le Brun (1755-1842)
Portrait de Madame Lesould
1780
Huile sur toile
Paris, Musée du Louvre, en dépôt à Orléans, musée des Beaux-arts
Anonyme
Pièce d'estomac, tour de gorge, ruban de passementerie et deux nœuds de manche
1770-1775
Taffetas de soie écru, rubans, taffetas de soie bleu et taffetas, fils de soie polychromes; dentelles de soie au fuseau blanches; passementeries, fils de soie polychromes: papier ciré vert; cordonnets de lin et fils de soie, cordonnets de soie et fils métalliques
Écouen, musée national de la Renaissance
Ce type d'ensemble de passementerie, destiné à rehausser le corsage d'une robe, est particulièrement rare, car conservé dans son intégralité: les différentes composantes ont en effet été souvent dissociées au cours du temps. Ces atours concus dans des matières somptueuses révèlent le prestige chez celle qui les arbore. Ils illustrent également l'essor important de la passementerie de sole au XVIII siècle, tel que l'on peut l'observer dans le portrait réalisé par Lie Louis Porin-Daires de Madame Sophie, fille de Louis XV

Jean-Charles Nicaise Perrin (1754-1831)
Portrait de Madame Perrin
Salon de 1791 Huile sur toile
Valenciennes, musée des Beaux-Arts
Dans le portrait de son épouse, Jean-Charles Nicaise Perrin, fortement influencé par l'idéal néoclassique du peintre David, offre un équilibre subtil entre intimité et distinction, mélancolie et affirmation. Les accessoires révèlent la personnalité du sujet: la partition ouverte évoque son goût pour la musique, tandis que les bijoux éclatants, le costume somptueux et le mobilier luxueux traduisent ses ambitions sociales.

Attribué à Lié Louis Périn-Salbreux (1753-1817)
Portrait présumé de Marie-Thérèse de Savoie
Vers 1776
Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 110

D'après François-Hubert Drouais (1727-1775) Madame Jacques-Benoît Loys
1768
Huile sur toile
Paris, musée du Louvre

Lié Louis Périn-Salbreux
(1753-1817)
Portrait de Madame Sophie, dit La Petite Reine
1776
Huile sur toile
Reims, musée des Beaux-Arts
Madame Sophie, sixième fille de Louis XV, pose en costume de cour, large robe bleue, rehaussée de broderies et de nœuds, devant la bibliothèque de son appartement à Versailles. Les rubans et dentelles, ainsi que la coiffe qui surmonte la perruque, démontrent la vitalité de la production des marchandes de modes, spécialisées dans les ornements qui agrémentent les vêtements. Ce tableau, commandé par Adélaïde, sœur de Sophie, marque l'apogée de la carrière de Lié Louis Périn-Salbreux.

Andrea Torres Balaguer
(née en 1990)
Lotus, de la série "Hivernacle"
2021
Impression Fine Art sur papier baryté
Courtesy In Camera Galerie Paris
Avec "Hivernacle", l'artiste barcelonaise Andrea Torres Balaguer poursuit sa série "Unknown", centrée sur la disparition de l'identité. Par des gestes picturaux estompant son propre visage, elle interroge la relation entre féminité et identité. Inspirée par la serre historique de Barcelone et par les photographies florales de Karl Blossfeldt, elle compose des images oniriques où robes somptueuses et touches dorées confèrent à ses autoportraits une dimension sculpturale, entre fragilité et effacement.

Valérie Belin
(née en 1964)
Sans titre, de la série "Métisses"
2006
Encres pigmentaires sur papier
Paris, Palais Galliera, musée de la Mode
Les portraits du XVIIIe siècle dans cette salle et celui de Valérie Belin ont en commun de montrer une image lisse répondant à un idéal de positionnement social. D'un côté, l'habit détermine l'appartenance au sang royal, à la noblesse ou à la bourgeoisie; de l'autre, une jeune femme métisse compose une apparence conforme aux codes de la mode occidentale.

Esther Ségal (née en 1973)
La Femme aux oiseaux, de la série "L'Effroi du beau"
2024 Tirage numérique sur papier Rag White
Courtesy de l'artiste
Dans sa série «L'Effroi du beau», la photographe Esther Ségal interroge la condition féminine au XVIIIe siècle et les codes moraux et esthétiques qui y sont associés. Sous la délicatesse des apparats, la censure silencieuse exercée sur le corps et l'esprit apparaît en filigrane. Pour autant, la femme aux oiseaux semble, dans une grâce nonchalante, représenter un espoir de liberté. L'œil malicieux, elle rend hommage à l'influence discrète des femmes "engageantes et engagées" qui se sont battues pour leur émancipation.

William Artaud (1763-1823)
Portrait de deux fillettes, dit Les Gâteaux
Vers 1790 Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 66

Attribué à François-Hubert Drouais (1727-1775)
Portrait de petite fille en robe blanche, dite Alexandrine Lenormant d'Etiolles
Seconde moitié du XVIIIe siècle Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 24

Esther Ségal (née en 1973)
Fleur de l'ombre, de la série "L'Effroi du beau"
2024
Tirages numériques sur papier Rag White
Courtesy de l'artiste
Le triptyque Fleur de l'ombre met en lumière la dimension sacrificielle de l'idéal féminin.
Le motif floral évoque ici les contraintes et les meurtrissures que subit le corps. Vécu comme une prison semblable aux pendules-cages d'oiseaux chanteurs, celui-ci doit se plier aux injonctions de son époque. Pour autant, il est également le théâtre d'une lutte intime, figurée dans le panneau de droite par le mouvement des mains et par la broderie florale, enroulée autour du corps tel un fil barbelé.
PORTRAITS SENSIBLES
FÉLICITÉ FAMILIALE ET BONHEURS ENFANTINS
Dès les années 1770, les romans et textes philosophiques sont le théâtre de profonds changements. Ils célèbrent la félicité conjugale et accordent à l'enfant une psychologie et une personnalité propres, enfin dignes d'intérêt. Jean-Jacques Rousseau écrit le fameux Émile ou De l'éducation en 1762.
De nouvelles formes de portraits accompagnent ces transformations, peignant des jeunes filles et des femmes d'une beauté se revendiquant plus simple et authentique, et des enfants joueurs et espiègles. Aux bouleversements sociaux et à ce goût du naturel répond une vogue grandissante pour les cotonnades et mousselines blanches issues de la sphère de l'intime et des linges de corps. Les dessous prennent le dessus, dans les portraits féminins et enfantins.
Les peintures françaises - imprégnées de l'idéal du philosophe Rousseau et anglaises - tout en élégance raffinée et décontractée - dialoguent et s'influencent à l'aube du XIXe siècle.

William Artaud (1763-1823)
Les Enfants déguisés, dit Les Atours
Vers 1790
Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 67

Attribué à Sir Thomas Lawrence (1769-1830)
Portrait d'Emily et Laura-Anne Calmady
Après 1824 Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 76

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Nicolas-Bernard Lépicié (1735-1784) Émilie Vernet
1769
Huile sur toile
Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts

Jean-Baptiste Deshays (1729-1765)
Portrait présumé de Jeanne-Élisabeth-Victoire Deshays, épouse de l'artiste
1762-1763
Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 23
La toilette féminine, moment codifié de sociabilité au XVIIIe siècle, inspire ce portrait de l'épouse de Deshays, fille de son maître François Boucher.
Dans un style proche de ce dernier, l'artiste la représente lors de sa «seconde toilette», dite "de réception", cérémonie mondaine et théâtrale. Le regard rêveur, la main suspendue sur une boîte à mouches, la coiffure ornée de fleurs et le vêtement négligé, mais raffiné, traduisent une intimité étudiée. Subtil jeu de rubans bleus et de transparence, l'œuvre associe grâce érotisée et affirmation sociale.

Nicolas-Bernard Lépicié (1735-1784)
Portrait de Quatremère et de sa famille
1780
Huile sur toile
Paris, musée du Louvre
Les «tableaux de famille» deviennent un véritable sous-genre à la fin du XVIIIe siècle, dépeignant un bonheur domestique resserré autour des figures de la mère, du père et des petits, unis par la tendresse et l'affection. Dans ce Portrait de Quatremère et de sa famille, l'influence de Jean-Baptiste Greuze, auquel Lépicié est souvent comparé, est particulièrement manifeste. Le tableau est réalisé en 1780, sans doute pour célébrer l'anoblissement de la famille. Il n'en célèbre pas moins une vision bourgeoise, exaltant l'amour parental.

Daniel Gardner
(1750-1805)
Portrait d'Eleanor Eden, plus tard Lady Auckland, et de sa fille Eleanor Agnes, plus tard comtesse de Buckinghamshire
Vers 1775
Gouache retravaillée à la pointe et rehauts de pastels en aplats sur papier marouflé sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 118
FÉMINITÉS RÊVÉES ET JEUX DE L'AMOUR : FÊTES GALANTES ET PASTORALES
Au XVIIIe siècle, des genres inédits voient le jour en peinture : les fêtes galantes et les pastorales. Les deux présentent une féminité rêvée et fantasmée. Pour ce théâtre de l'imaginaire, les peintres jouent des costumes et des déguisements, créant une image poétique et idéalisée des femmes.
Au début du XVIIIe siècle, le peintre Antoine Watteau invente un nouveau genre: la fête galante. Elle célèbre l'amour raffiné, la grâce et les plaisirs élégants d'une société qui aime se mettre en scène. Aristocrates et bourgeoises se retrouvent à l'opéra, dans les bals ou lors de fêtes déguisées, incarnant bergères, danseuses ou pèlerines. Watteau mêle mythologie et figures contemporaines pour créer une vision poétique du monde de la séduction et de la rêverie. Ses successeurs - Nicolas Lancret, Michel-Barthélemy Ollivier ou Louis Joseph Watteau de Lille - prolongent cet art du bonheur et de la féminité mis en scène.
Inspiré par ce nouveau genre, François Boucher ouvre la voie aux pastorales, où des bergers et bergères, vêtus de soie et de velours, figurent dans une nature idéalisée. Ce goût pour la pastorale s'inscrit dans une longue tradition littéraire, héritière de la poésie bucolique de la Renaissance et de l'Antiquité. Il puise aussi dans la peinture nordique - attentive à la vie paysanne - et dans les arts du spectacle, qui fascinent tant le XVIII° siècle.

Nicolas Lancret (1690-1743)
Arrivée d'une dame dans une voiture tirée par des chiens
Première moitié du XVIIIe siècle Huile sur toile
Nantes, musée d'Arts
Une dame fait une arrivée remarquée dans un attelage tiré par des chiens. Elle est vêtue d'une élégante robe de chambre de soie, surnommée "robe volante" pour ses formes souples, très différente du corsage ajusté de la jeune femme à sa droite. L'homme qui l'aide à descendre de voiture porte un costume de Mezzetin de la commedia dell'arte.
Le ton burlesque et le mélange des vêtements du quotidien avec ceux du théâtre renforcent l'ambiguïté: s'agit-il d'une partie de campagne pour des aristocrates en habit de fantaisie ou d'une véritable scène de comédie?

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Attribué à François Boucher (1703-1770)
La Leçon de musique
XVIII siècle Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 12
Dans une atmosphère héritée des concerts galants d'Antoine Watteau, deux personnages élégamment vêtus évoluent au sein d'un jardin bucolique, où se mêlent instruments de musique et sculptures de style rocaille. La chanteuse, avec sa robe décolletée épanouie en corolle et sa collerette de dentelle, feuillette un recueil de mélodies sur ses genoux. Cette œuvre illustre plus largement un goût croissant des élites pour la mise en scène et pour la représentation de leurs loisirs, tels que la musique.

Jean-Baptiste Pater (1695-1736)
Assemblée dans un parc
Après 1715 Huile sur toile
Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts

Jean-Baptiste Pater (1695-1736)
Le Dénicheur de moineaux
Première moitié du XVIIIe siècle Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 91

François Louis Joseph Watteau, dit Watteau de Lille (1758-1823)
Assemblée dans un parc
Vers 1785
Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 108

Michel-Barthélemy Ollivier (1712-1784)
La Partie de dames
Vers 1765
Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 89

François Boucher (1703-1770)
La Jeune Fermière
XVIIIe siècle Plume, encre noire, lavis d'encre et aquarelle sur papier
Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts

Ange Laurent La Live de Jully (1725-1779)
Mademoiselle Favart en jardinière
1754
Eau-forte
Paris, musée Carnavalet
FÊTES GALANTES, PASTORALES ET PORTRAITS : UNE NOUVELLE CULTURE MONDAINE
La société du XVIIIe siècle, friande d'opéra et théâtre, adore mêler ses divertissements à une certaine «théâtralité sociale». Elle se met ainsi en scène dans la mode, les spectacles, salons et promenades.
Au-delà des œuvres de Watteau, Lancret ou encore Boucher, les fêtes galantes et les pastorales correspondent aussi à une véritable pratique sociale. Les travestissements et déguisements occupent en effet une place d'honneur dans cette nouvelle culture mondaine du XVIII° siècle. Tout comme les peintres, les nobles s'inspirent de la commedia dell'arte et des pastorales dans leurs bals et parties de campagne. Ces thématiques, tant déclinées dans les scènes de genre et arts décoratifs, influencent même les portraits.
La référence à une nature bucolique caractéristique des pastorales du XVIII siècle forme une source d'inspiration pour les créations d'aujourd'hui. Cet héritage se retrouve à la fois dans la réinterprétation des arts décoratifs rocaille par Cindy Sherman et dans la haute couture de la maison CHANEL.

François Boucher
(1703-1770)
Portrait présumé de Marie-Émilie Baudouin, fille du peintre
1758-1760
Huile sur toile
Paris, musée Cognacq-Jay, J 11
Dans ce portrait, François Boucher présente Marie-Émilie, sa fille cadette, dans un costume de bergère, inspiré de l'univers des pastorales qu'il a peintes et qui ont participé à sa renommée.
Le motif de l'oiseau et de la cage renvoie aussi à ce même univers, évoquant de manière plus ou moins explicite le désir de l'être aimé.
Le peintre la pare de multiples atours - fleurs dans la coiffure poudrée, bijoux discrets, tissus luxueux - témoignant de l'élégance et d'un goût raffiné du modèle, mais également de la nouvelle importance sociale et des ambitions de la famille de François Boucher.

Détail du tableau précédent

Attribué à Johann Anton de Peters (1725-1795)
Portrait d'une danseuse ou d'une actrice tenant un bouquet de fleurs
Après 1763 Huile sur toile
Nantes, musée d'Arts
Ce portrait représente vraisemblablement une danseuse ou une actrice, costumée en marchande de fleurs ou en bergère d'opéra. Si son vêtement emprunte aux habits populaires, il est réalisé avec des tissus précieux (mousseline, dentelle) et paré de riches ornements argentés (broderies, chenilles) qui semblent le destiner à la scène. Cette toile est inspirée du portrait de la marquise de Pompadour - en belle jardinière par le peintre Carle Van Loo, dont le modèle reprend la pose. Elle témoigne de la célébrité et de la diffusion de cette œuvre emblématique.

Jean-Frédéric Schall (1752-1825)
Danseuse en costume Louis XVI
1775-1790
Huile sur toile
Nantes, musée d'Arts

Esther Ségal (née en 1973)
Restraint Tape, de la série «L'Effroi du beau»
2025 Tirage photographique sur papier Rag White
Courtesy de l'artiste
Cette tête enrubannée piquée de nœuds au cou, à l'œil, au front et à l'oreille se trouve entièrement privée de ses sens. Le ruban, à la fois parure et entrave, symbolise la tension entre un féminin imposé et la disparition de l'identité. L'élégant motif d'une toile de Jouy vient recouvrir l'ensemble pour souligner la dimension perverse de cette condition. Esther Ségal dénonce à nouveau ici la poursuite d'un idéal esthétique féminin qui semble toujours se doubler de privation et de censure.

Steven Meisel (né en 1954)
Linda Evangelista, New York City
1991
Tirage pigmentaire
Paris, Palais Galliera, musée de la Mode
En 1991 pour Allure, Steven Meisel revisite une photo d'Henry Clarke de 1955 tout en évoquant le célèbre corset de Horst P. Horst pour Mainbocher. Linda Evangelista, en corset Cadolle, reprend la pose de Dorian Leigh, mais en révèle la contrainte plutôt qu'elle ne la dissimule. Entre hommage au glamour passé et réflexion critique, Meisel interroge le regard porté sur le corps féminin, oscillant entre beauté, pouvoir et ironie propre aux années 1990.

CHANEL, Karl Lagerfeld Robe bustier
Collection haute couture
Printemps-été 2019
Toile d'acétate et organza de soie, entièrement brodée d'un semis de perles de verre et de fleurs multicolores à effet porcelaine, peintes à la main et vernies, sur un fond de paillettes vert d'eau
Pour finir, un passage dans la collection permanente pour deux de mes deux tableaux préférés...

Marie-Louise-Elisabeth
VIGEE-LEBRUN (1755-1842)
Portrait de jeune femme
Huile sur toile

Jean-Baptiste Greuze
Petit garçon à la chemise ouverte
Huile sur toile
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